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 Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]

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Joanny Gouldes
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MessageSujet: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Ven 2 Mar - 20:03

Ca devait faire une ou deux heures qu'il était monté se caler sur le toit. Marre d'être enfermé, marre du dortoir puant, des murs gris. Marre d'avoir tant de gens autour de lui. Il ne savait pas pourquoi ils étaient là. Il savait juste qu'apparemment c'était ici qu'on envoyait les tarés, les tordus, les récidivistes. Inutile de dire qu'il ne s'y sentait pas vraiment à sa place.
Difficile de dire si ces temps-ci il avait vraiment une chance de se sentir à sa place où que ce soit, cela dit. Il avait presque l'impression d'avoir trahi ses parents. Pas assez réfléchi avant d'agir, pas assez pris de précautions. Il n'avait pas été capable de prendre des précautions. Ou alors c'était juste la malchance. Si ce mec n'avait pas débarqué, il aurait tout balancé dans les égouts et personne n'avait jamais rien su. Il avait fallu qu'il arrive...

Ca ne faisait que deux jours qu'il était arrivé à Anguish. A l'hôpital, il n'y avait pas plus d'activités mais au moins il y avait des gens qui se souciaient des autres. Ici, il n'avait adressé la parole à personne jusqu'ici, engoncé dans son mutisme et surtout dans sa musique. Pas envie de faire des connaissances pour l'instant. Pas envie de faire des connaissances quand tous les gens qui t'entourent sont des tarés. Pas envie de faire des connaissances quand tu as encore plus mal mentalement que physiquement. Pas envie de faire des connaissances quand tous les gens qui t'entourent sont des tarés et que tu as ta place parmi eux.

Alors à force, pour sortir un peu de ses marasmes, de cet endroit pourri, de ces pensées, de la peur que rien que le fait d'être enfermé lui faisait, il avait décidé d'aller prendre un peu l'air. Il aurait pu aller se balader dans l'île, elle avait l'air assez grande. Mais vraiment, envie de croiser personne. Et puis il ne connaissait pas encore l'endroit, pas sûr que ce soit une bonne idée de partir aussi loin. Il n'y avait visiblement pas de périmètre de sécurité autre que l'île, mais bon.

Et puis il y avait d'autres endroits intéressants ici. Le bâtiment était petit, crasseux, mal éclairé, évidemment, mais des escaliers, des escaliers, encore des escaliers, et enfin, du ciel bleu, de l'air et surtout, personne. Aucun de ces surveillants dont on l'avait mis en garde contre le sadisme, aucun des "pensionnaires" (puisqu'ici on les appelait pensionnaires, et non détenus - c'était charmant, comme si ç'avait juste été des lycéens qu'on avait collé dans un pensionnat... comme si ça avait une chance de flouer qui que ce soit...) bruyants, parfois agressifs, souvent stressants, rarement sympathiques.

Rien que deux jours et il se demandait déjà comment il allait tenir ici. Dans les conversations qu'il avait surprises il avait entendu parler de pas mal de choses, des surveillants sadiques, des tortures, et j'en passe et des meilleures. Qu'est-ce que c'était que cet endroit ? Quelle loi avait pu autoriser un truc pareil ? Et le respect de l'être humain, merde ? Quoi qu'ils aient fait ici ils étaient toujours des êtres humains, et on les traitait comme des bêtes. Même les bêtes devraient avoir droit à un meilleur traitement, en tout cas.

Donc au final pour s'échapper un peu, il était monté se caler sur le toit, tranquille, le dos appuyé contre la barrière, le regard au ciel, les écouteurs sur les oreilles, beaucoup trop fort comme d'habitude, mais ça n'allait déranger personne, en articulant silencieusement les paroles pour essayer de penser le moins possible. Il ne savait pas trop depuis combien de temps il était là, il avait perdu le compte, il ne regardait jamais l'heure de toute façon, pour quoi faire ? Ce n'était pas comme s'il risquait d'avoir une urgence quelconque. Il s'était peut-être endormi, il ne savait pas trop, ça ne risquait pas de lui faire de mal vu comme il arrivait à dormir la nuit. Il était en tout cas dans un état second, très très très loin de la prison.
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Cassandre Ioans
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Ven 2 Mar - 20:30

Cassandre avait passé une mauvaise nuit. Encore ces cauchemars, dont elle ne pouvait pas distinguer les vrais souvenirs des pures hallucinations. Quand elle avait finalement réussi à s'éveiller, elle était en nage, terrifiée, et elle avait cru mourir à devoir passer le reste de la nuit sans bouger dans le noir. Elle avait crispé ses mains sur les couvertures et veillé à ne faire aucun bruit. Et elle avait attendu.

Après une éternité, elle avait enfin réussi à se détendre un peu, et s'était rendormie en jouant de la musique tzigane dans sa tête, un des nombreux airs dont elle se souvenait, alors que le visage souriant de celui qui les avait joués devant elle s'était évanoui depuis longtemps dans un recoin sombre de sa mémoire. C'était triste, mais il restait la mélodie.

Elle dut dormir encore une ou deux heures, pas plus. Cela devait lui faire en tout quatre ou cinq heures de sommeil, pas énorme quand on est déjà fatigué, mais une fois réveillée et avec toujours en tête les cauchemars qu'elle risquait de faire si elle fermait les yeux, elle était incapable de s'endormir. Elle avait donc décidé d'aller prendre un vrai repas à la cantine pour se remettre un peu d'aplomb, puis avait pris une deuxième pomme et s'était mise en quête d'un endroit pour la manger tranquillement.

Elle ne connaissait pas encore tout le pensionnat, et elle erra un long moment dans les couloirs. Ils étaient sombres, sales, oppressants. Elle se serait volontiers dévouée pour faire le ménage, n'importe quoi plutôt que de continuer à vivre dans un bâtiment dans cet état, mais elle avait trop peur qu'un surveillant ne décide de la prendre au pied de la lettre et la prive de sommeil et/ou de nourriture jusqu'à ce que la totalité du pensionnat soit impeccable pour aller demander un seau et un balai.

Elle marchait au hasard, désespérant de trouver un endroit accueillant. Elle passa devant la bibliothèque mais elle doutait qu'on y regarderait d'un bon œil son dessert. Elle continua donc, manqua glisser plusieurs fois. Elle essayait de faire craquer les parquets un minimum et de ne pas trop faire claquer le talon de ses bottines par terre : il n'était pas haut, trois, peut-être quatre centimètres, mais il était assez dur et pouvait produire un son qui ne manquerait pas de la faire repérer par tous les dangereux prédateurs qui se promenaient dans les environs. Elle ne jeta pas un regard aux deux ou trois personnes qu'elle croisa, les laissant passer en se faisait la plus discrète possible, priant pour qu'ils ne lui prêtent aucune attention, ce qu'ils firent de bon cœur. Après chaque rencontre, elle recommençait à respirer.

Elle prit au hasard un escalier qui montait, un autre, encore un, et à sa grande surprise déboucha directement sur le toit du bâtiment. Il faudrait qu'elle note le chemin qu'elle avait pris. L'endroit entra immédiatement dans la liste de ses lieux favoris : en hauteur, parfait pour regarder le ciel ou la forêt en contrebas pendant des heures, probablement peu fréquenté et au moins par des gens qui appréciaient l'air pur et la vue, ce qui pouvait limiter légèrement les dégâts. Seul problème : si on la jetait par-dessus le bord, ce qu'on ferait facilement pour peu qu'on y soit décidé, elle ne survivrait pas à une chute.

Il y avait une seule personne, un jeune homme, avec de longs cheveux très blonds, assis contre la barrière qui empêchait les chutes involontaires et compliquait les suicides, mais ne suffisait pas à interdire tout risque d'assassinat. Cependant ce pensionnaire-là avait l'air plutôt calme, un peu dans les nuages, ce qui voulait dire qu'il n'était pas dangereux dans l'immédiat. Cassandre préféra tout de même ne pas le déranger, et s'assit près de l'escalier, de manière à pouvoir prendre la fuite si jamais le besoin s'en faisait sentir. Elle observa distraitement son compagnon : il écoutait de la musique en articulant les paroles. Elle sourit. Elle ne connaissait pas la chanson apparemment, mais elle aurait bien aimé pouvoir la chanter avec lui. … Chanter avec un pensionnaire ?! N'importe quoi ! Il fallait vite revenir à la réalité ou elle allait vraiment mal finir. Elle hésita à partir mais elle ne connaissait aucun autre endroit agréable dans l'internat pour manger sa pomme, et elle manquait trop de sommeil et pas assez de prudence pour s'aventurer dans l'île après la mauvaise nuit qu'elle venait de passer. Rien qu'à y repenser, elle frémit.
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Joanny Gouldes
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Ven 2 Mar - 20:46

A cause de la musique il ne l'avait pas entendue arriver, bien sûr. Elle avait des chaussures à talons, alors s'il avait fait attention, s'il avait eu la moindre chance d'entendre quoi que ce soit qui se passe autour de lui, il l'aurait remarquée. Il se rappela brusquement qu'il était au bord d'un toit dans un endroit qui n'abritait à peu près que des psychopathes, et que ne pas faire attention aux gens qui arrivaient, c'était pas forcément malin. Un bref reste d'instinct de survie : l'instant d'après, il se rappela que même s'il tombait, ça n'avait plus aucune importance, avec tout ce qui s'était passé, avec ce qui allait se passer maintenant.

Il avait mis plusieurs minutes à la remarquer. Elle s'était assise à côté de l'escalier et était en train de croquer dans une pomme. Vu l'avancement de la pomme, cela devait faire plusieurs minutes qu'elle était là. Et qu'elle le regardait, puisqu'elle était en train de le regarder. C'était peut-être ça, son regard sur lui, qui l'avait fait se rendre compte qu'elle était là. Il avait toujours été assez sensible à ce genre de choses, aux regards, à la présence des gens. Même sans l'entendre, puisqu'il ne pouvait pas l'entendre, et alors qu'elle était hors de son champ de vision, il avait fini par la remarquer.

Elle n'avait pas l'air d'appartenir à ce genre de gens qui pourraient te voir comater au bord du toit et venir silencieusement te pousser juste pour le plaisir de voir ton corps s'écraser en bas. Peut-être qu'il était un peu paranoïaque, qu'il se montait un peu la tête, et que la réputation de l'établissement lui faisait se faire des idées. Et normalement, dans une prison, les surveillants étaient censés empêcher les détenus de s'entretuer, non ? En même temps, ce n'était pas une prison normale. Il n'était même pas sûr que ce soit une prison. Et il paraissait même que c'était parfois les surveillants qui tuaient les prisonniers. En tout cas, on disait que c'était déjà arrivé.
Donc, il y avait une jeune fille en train de manger une pomme sur le toit. En fait, à la réflexion, elle avait l'air... totalement inoffensive. Très fine, visiblement un peu plus âgée que lui, avec un beau visage et un air vaguement mélancolique. Qu'est-ce qu'elle faisait ici elle ? Dès qu'il croisait quelqu'un il ne pouvait pas s'empêcher de se demander ce qu'ils avaient pu faire pour se retrouver ici. Il avait tendance à se haïr pour ça. Il n'avait pas à le savoir tout comme il ne voulait pas que les autres sachent ce qu'il faisait ici. Il ne savait pas ce qu'il répondrait si on le lui demandait. Il éluderait probablement la question le plus rapidement possible. Mais tout, rien que le fait d'être ici lui rappelait constamment tout ce qui s'était passé et c'était sûrement ça qui était le plus invivable. Avoir sans cesse à y repenser, se le remémorer, le revivre. Eveillé ou endormi. Sans cesse.

Il se rendit brusquement compte que ça devait faire plusieurs minutes qu'il la fixait sans vraiment y penser. Si elle était aussi flippée qu'il avait tendance à l'être, il allait lui faire peur. Il n'avait pas spécialement envie de faire peur à qui que ce soit. Elle n'avait pas l'air méchante, la pauvre fille. Quitte à survivre ici, autant essayer de s'y faire des alliés. Si jamais c'était possible. Espérons.

Il fit glisser son casque audio de ses oreilles sur son cou, la musique en sortant toujours. Il l'arrêtait le moins possible. Le silence était trop pesant sans ça. Trop pesant pour assourdir ses pensées. Faute d'une meilleure entrée en matière il lui lança :


"Bon appétit."
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Cassandre Ioans
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Ven 2 Mar - 21:11

Tout en grignotant tranquillement sa pomme, Cassandre détaillait l'inconnu pour déterminer si elle devait le classer parmi les gens dangereux. Il avait l'air complètement ailleurs, ce qui pouvait être très mauvais signe, même s'il n'avait à priori pas l'air méchant. Il était assez fin, ce qui ne voulait pas dire qu'il n'ait pas la force nécessaire pour la faire passer par-dessus la rambarde. Mais il était dans un endroit agréable, visiblement ne cherchait pas la compagnie, et écoutait de la musique, ce qui tendait plutôt à montrer qu'il n'était pas un psychopathe assoiffé de sang courant dans les couloir en quête de sa prochaine victime. Du moins, dans les moments de calme comme celui-là.

Autre fait étonnant, il ne l'avait pas remarquée quand elle était arrivée. Certes il écoutait de la musique bien trop fort et ne regardait pas dans sa direction, mais la plupart des pensionnaires d'Anguish avaient rapidement appris à développer leur sixième sens, et Cassandre, après une ou deux semaines, aurait été capable les yeux bandés et en se bouchant les oreilles de dire non seulement combien de personnes se trouvaient dans la pièce et où, mais aussi lesquelles étaient des hommes, information souvent plus qu'utile. Elle commençait également à distinguer les pas des pensionnaires des pas des surveillants.

Le jeune homme devait donc être relativement nouveau. Pas forcément plus qu'elle, après tout elle avait de l'expérience avant d'arriver ici, mais sans doute au moins autant. Donc, peut-être un peu au fait de ce qui se passait ici, mais pas assez pour avoir décidé qu'il pouvait se laisser aller à assassiner tout le monde, la civilisation du monde extérieur devait encore avoir un peu d'emprise sur lui.

C'est à ce moment-là qu'il tourna la tête vers elle et elle s'aperçut que cela faisait plusieurs minutes qu'elle le regardait fixement en croquant dans sa pomme. Elle détourna immédiatement les yeux au risque de se faire mal au cou, et se concentra sur son dessert. Maintenant qu'il l'avait remarquée et qu'il avait vu qu'elle lui prêtait une attention soutenue, ses théories allait pouvoir être vérifiées : soit il allait se ruer vers elle en hurlant, la balancer du toit, la frapper ou la violer, pas nécessairement dans cet ordre, soit il était trop ailleurs pour faire quoi que ce soit, soit il allait lui adresser la parole et faire connaissance, avec Dieu sait quelles arrières-pensées comme elle avait pu le constater avec M. Illan avant son arrivée sur l'île, mais on ne peut pas tout avoir.

De fait, il ne fit d'abord rien. Il se contenta de la regarder, ce qui la mit extrêmement mal à l'aise. Elle mit quelques minutes à se détendre un peu et à recommencer à manger. A y réfléchir, elle se comportait comme un animal craintif : elle se figeait au moindre signe de danger, puis si rien ne bougeait pendant un certain temps, recommençait à faire sa vie. Elle se demanda si il était possible de l'apprivoiser aussi facilement qu'un moineau, mais préféra laisser cette question de côté. L'inconnu continuait de la regarder, elle sentait ses yeux posés sur elle. Il mettait apparemment longtemps à se lasser, mais elle était mal placée pour parler. Elle l'entendit enlever son casque.

« Bon appétit. »

Elle s'attendait un peu à ce qu'il lui adresse la parole, mais sursauta quand même. De toute façon elle avait tendance à sursauter à chaque fois qu'un homme s'adressait à elle. Mauvaise habitude. Elle avait l'air encore plus vulnérable comme ça, il lui faudrait contrôler ce détail. Elle tourna à nouveau la tête vers lui, en évitant de le regarder dans les yeux tant qu'elle n'était pas sûre qu'il n'avait aucune intention hostile à son égard. Elle lui adressa néanmoins un petit sourire. Forcé, triste, terrorisé, certes, mais elle faisait des efforts.

« … Merci... »

Elle lui aurait volontiers proposé une pomme aussi si elle n'avait pas quasiment fini la sienne ou si elle en avait eu une autre. Embarrassée, elle ramena ses jambes un peu plus vers sa poitrine et regarda ses genoux.
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Sam 3 Mar - 0:49

Elle avait détourné le regard dès qu'il avait posé les yeux sur elle. Et elle avait fini par lui répondre, d'une toute petite voix, avec un pauvre petit sourire forcé. Elle avait l'air complètement traumatisée. Quoi qu'elle ait fait pour arriver ici, on devait l'avoir poussée à le faire. Elle avait l'air trop terrorisée pour être capable de torturer des gens par plaisir. A moins qu'elle cache très bien son jeu.
Oh, mais peu importe. Il n'allait pas sombrer dans la paranoïa. Il était assez peu probable que la moindre personne qu'on croise au recoin d'un couloir se jette sur vous pour vous égorger, quand même. Déjà, si c'était le cas, il y aurait beaucoup moins de pensionnaires.

Une chose était sûre : il lui faisait peur. Pauvre fille, va. Quels que soient ses antécédents, son casier judiciaire ou autre chose, il ne pouvait pas s'empêcher de la plaindre. Elle avait l'air fragile. Il lui semblait l'avoir déjà croisée, sans plus. Il n'avait pas fait très attention aux gens qu'il croisait. Pas fait attention à grand-chose : tout semblait gris et uniforme, tout enfermait ici, même les gens.
Il remarqua brusquement qu'elle était restée juste à côté de l'escalier. Vertige, histoire de rester à peu près au milieu du toit ? Non si elle avait eu le vertige, elle n'aurait eu aucune raison de venir ici, aucune raison de monter sur le toit, il doit y avoir des endroits tranquilles pas en hauteur dans le coin. Peut-être histoire de se réserver une issue de secours au cas où. Oui, vu son comportement, ça paraissait logique. Est-ce qu'ils étaient tous aussi paranoïaques ici ? Sûrement, on devait ne pas pouvoir s'en empêcher au bout d'un moment.

Mais si rien que sa présence lui faisait peur, comment faire ? Il avait l'impression d'être face à un animal qu'il faut approcher tout doucement pour ne pas l'effaroucher et qu'il s'enfuie. Il n'avait pas tellement l'habitude de faire peur aux gens, à la base. Ca l'embêtait plutôt, et ça le mettait un peu mal à l'aise aussi.


"Faut pas avoir peur de moi, je vais pas te manger."

Vaine tentative de la rassurer. C'était con, ça faisait exactement truc que le méchant va dire pour essayer de rassurer sa victime. Mais bon, fallait espérer que ça aie l'air sincère au moins.

"Comment tu t'appelles ?"
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Cassandre Ioans
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Sam 3 Mar - 2:09

Elle se demandait ce qu'il faisait ici. Il n'avait pas l'air méchant ou violent, à part si, encore une fois, il avait une double personnalité ou quelque chose comme ça. Elle avait fini par comprendre qu'elle était une des rares à avoir été internée pour autre chose que meurtres ou viols multiples, variés et inventifs. Elle se sentait presque plus proche de ceux qui étaient arrivés là par hasard que des pensionnaires, mais elle faisait partie du groupe de ces derniers, dormait dans leur dortoir, et était donc doublement en danger. Etrange qu'ici, être quelqu'un de pacifique et de bonne volonté soit un handicap, alors qu'à l'extérieur, c'était au contraire plutôt bien considéré. Enfin, de toute façon, elle ne pouvait rien faire d'autre que d'essayer de survivre. Par exemple, en se positionnant près des issues, juste au cas où.

Elle risqua un nouveau regard vers le jeune homme. Il n'avait définitivement pas l'air dangereux, et comme cela faisait quelques minutes depuis qu'il l'avait remarquée, elle en déduit qu'elle était à peu près en sécurité malgré sa présence. Il avait l'air de réfléchir, et semblait plus embarrassé qu'agacé de discuter avec elle. Tant mieux, elle n'avait l'intention d'offenser personne. Elle aurait bien aimé pouvoir le mettre à l'aise, mais elle ne l'était pas elle-même, et il était hors de question qu'elle tente de prendre des risques juste pour voir s'il appréciait. Sauf qu'elle se sentait coupable de se méfier autant de lui.

« Faut pas avoir peur de moi, je vais pas te manger »

C'était si évident que ça ? … Attend... Oui, sans aucun doute. Bien. Elle devait donc passer pour une petite chose traumatisée, ce qui était en fait la triste réalité. Elle avait peur de lui. Injustement. Déraisonnablement. Par principe. Mais un principe qui lui avait permis de survivre jusqu'ici et duquel elle ne démordait pas. Cependant, il faisait un effort pour se montrer gentil, et à Anguish c'était une chose précieuse. Elle lui adressa donc un deuxième petit sourire qu'elle essaya de rendre plus naturel. De fait, il l'était : elle avait regardé le jeune homme quand il lui avait adressé la parole et il lui semblait sincère. Elle était heureuse de pouvoir se détendre un peu au lieu de craindre qu'il ne profite de sa confiance pour l'attaquer. Mais sa prudence lui soufflait tout de même de ne pas trop se laisser aller à croire cet homme qu'elle venait de rencontrer. Elle ne connaissait même pas son nom. Alors qu'elle hésitait et choisissait d'éviter de lui demander, il posa lui-même la question.

« Cassandre... Et toi ?... »

Elle avait essayé de répondre d'une voix claire, mais elle n'arrivait pas à en augmenter le volume. L'autre, s'il était de bonne foi, devait vraiment avoir pitié d'elle. Elle posa sa pomme à côté d'elle, elle n'avait plus faim. Mais elle avait tellement sommeil... Elle se frotta le visage, hors de question de s'endormir ici et maintenant, et le regarda en attendant qu'il réponde.
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Sam 3 Mar - 2:23

Elle lui avait même retourné la question, dis donc. Il s'attendait à ce qu'elle lui réponde tout bas, d'une toute petite voix, juste pour être polie. Enfin c'était presque ce qu'elle avait fait de toute façon. C'était peut-être juste de la politesse de lui retourner la question. Ou une tentative de récompenser ses "efforts", après tout, il fallait qu'il arrête de voir le mal partout, c'était pas parce que cette pauvre fille avait l'air complètement terrorisée qu'elle ne faisait rien sincèrement. On aurait dit qu'il avait perdu l'habitude des gens. Il n'arrivait plus qu'à tout analyser, voir des doubles sens derrière la phrase la plus anodine, comme si rien ne pouvait plus être sincère. Peut-être qu'elle se demandait juste son nom, ou qu'elle avait juste envie, comme lui, de continuer la conversation. Il se demanda ce qu'elle pensait de lui. Est-ce qu'elle était en train de s'interroger sur ce qui avait pu l'amener ici ? De craindre qu'il change de comportement du tout au tout et devienne dangereux ? Comment la convaincre qu'il n'allait pas lui faire de mal ?
Peut-être juste en arrêtant de se poser des questions, en répondant comme ça lui venait, comme il avait envie, comme s'il était dans une interaction sociale normale avec quelqu'un de normal.

Oui mais ça, ça voulait dire partir du principe qu'ils n'étaient pas dans une espèce de pensionnat/prison/hôpital psychiatrique bourré de psychotiques, qu'ils n'avaient pas à se méfier de tout le monde, et que rien ne s'était jamais passé. Et ça, c'était trop pour lui. Il ne demandait rien de mieux que d'en faire abstraction, de l'oublier, tranquillement, mais tout le ramenait sans cesse vers le passé.


"Joanny."

Il avait envie de lui demander pourquoi elle était là. Curiosité malsaine. Il avait pas à demander ça. En partie parce que ça se faisait pas, enfin dans le sens où lui n'aurait pas aimé qu'on lui pose la question, en partie peut-être parce qu'il avait peur de la réponse. Il avait envie de penser que oui, il y avait des gens ici à qui on pouvait faire confiance. Il n'était pas sûr d'en faire partie, mais en tout cas, il l'espérait. Il espérait l'être et le rester autant qu'il le pourrait. Non, il faisait plus que l'espérer. Il savait qu'il était déjà dans un sale état psychologiquement, il ne voulait surtout pas que son état s'aggrave. C'était bien assez horrible comme ça.

Cassandre, puisque c'était ainsi qu'elle s'appelait, elle avait un joli nom d'ailleurs, avait l'air à bout de nerfs. Epuisée, à son expression. Peut-être pas sur le point de s'endormir, mais elle aurait pu. Elle avait posé sa pomme sans la terminer et n'avait pas l'air décidée à se laisser envahir par le sommeil. C'était compréhensible. Elle n'était pas en sécurité ici, surtout avec quelqu'un, enfin, quelqu'un à qui elle ne faisait pas confiance. Elle ne pouvait pas se permettre de s'endormir comme ça. Lui avait fait une erreur. Enfin, une erreur... si on avait pour objectif de survivre. Son instinct de survie le rattrapait, comme ça, par moments, jusqu'à ce qu'il se souvienne qu'il n'avait plus rien à attendre, plus rien à espérer, aucune raison de s'accrocher à la vie. C'était plus fort que lui.
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Sam 3 Mar - 2:43

Cassandre sourit de nouveau en l'entendant répondre, imperceptiblement et uniquement pour elle-même. Elle hocha légèrement la tête pour montrer qu'elle avait entendu. Elle regarda une dernière fois son dessert avant de décider définitivement de l'abandonner.

Elle reporta son attention sur son nouveau compagnon. Il avait l'air gentil, un peu mal à l'aise mais elle ne pouvait pas le blâmer d'avoir des problèmes à communiquer avec qui que ce soit dans ce pensionnat, surtout elle. Elle avait conscience que son attitude méfiante était plutôt décourageante pour quelqu'un qui viendrait la voir plein de bonne foi et de sincérité, mais elle lui permettait aussi d'éviter un minimum certains fou furieux.

Elle hésita à lui demander pourquoi il était là. C'était une question classique et souvent la première qu'on posait dans une conversation, parce que c'était d'une part, une indication précieuse sur le niveau de malveillance potentiel de l'interlocuteur, et que d'autre part, on était sûr que l'autre avait quelque chose à répondre et ce sujet pouvait mener à parler de la vie d'avant, ce qui malgré les regrets restait plus joyeux que de discuter de la vie sur l'île. Mais les nouveaux arrivants refusaient souvent d'en dire beaucoup sur leur passé. Cassandre elle-même avait préféré éluder la question quand on lui avait posé. Elle n'avait aucune intention de le mettre encore plus mal à l'aise qu'il ne l'était déjà ou de lui faire repenser à un épisode de sa vie qui pouvait être difficile, ce qui pouvait l'amener soit à se mettre en colère, soit à se refermer dans sa tristesse. Elle décida de le laisser tranquille avec ça. Sa curiosité passait après certaines choses.

Elle se demanda s'ils allaient continuer longtemps de discuter d'un bout à l'autre du toit. S'il avait fait mine de s'approcher, elle serait partie en courant, mais il semblait d'humeur égale et elle prit le risque de se lever lentement, de s'approcher et de venir s'asseoir en tailleur à côté de lui. Pas trop près, un ou deux mètres, et entre lui et la sortie. Tout de même, il y a un minimum.

Après avoir regardé ses mains quelques instants en se triturant l'esprit pour chercher une manière de continuer la conversation qui ne présente pas trop de risque ni pour elle ni pour lui, elle se décida à relever la tête et à le regarder pour lui poser la question :

«... D'où est-ce que tu viens ? »

Il répondrait ce qu'il voudrait, le lieu, les gens, pourquoi il y était, autant et pas plus qu'il ne le souhaiterait. Cassandre ne voulait pas vraiment se montrer curieuse et était tout à fait prête à supporter une part de mystère.
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Sam 3 Mar - 2:55

Il n'avait pas osé s'approcher d'elle pour discuter plus tranquillement. Il en avait eu envie, mais il avait eu peur de la faire fuir, comme on fait avec un chat un peu trop farouche en s'approchant un peu trop vite. Elle était venue d'elle-même. C'était déjà un bon signe. Elle devait avoir moins peur. C'était assez fatigant de devoir réfléchir à tout ce qu'on faisait et ce qu'on disait pour ne pas faire peur à la personne en face. Ca ne lui était pas naturel du tout. Mais plus rien ne lui était naturel ici, plus rien ne lui était naturel depuis quelques mois, tout avait changé, jusqu'à sa manière d'être et sa manière de penser, et il n'y avait peut-être rien de pire que ça, sentir que d'un coup ta vie a basculé, d'un coup tu n'es plus la même personne, parce qu'il n'avait jamais eu aucun problème avec la personne qu'il était avant. Maintenant c'était beaucoup, beaucoup moins évident. Il avait des problèmes avec beaucoup de choses, maintenant. Il n'arrivait pas à penser à autre chose que ce qui s'était passé, ce qu'il était avant, ce qu'il était devenu. C'était sûrement ne rien faire que ressasser et se lamenter sur son sort et ça n'amènerait évidemment rien de bon. Mais qu'est-ce qui pourrait amener du bon ici ? Arrêter d'y penser le ferait sûrement se sentir moins mal. Mais arrêter d'y penser, c'était arrêter de penser.

Allez, arrêtons un peu, arrêtons un moment de tourner en boucle là-dessus, sur ce qui se passe maintenant, sur cet endroit, sur ce qu'il est devenu. Il fallait qu'il se concentre, là, sur la personne en face de lui, qui était en train de lui parler, qui ne savait pas ce qui lui était arrivé, qui n'y était pour rien, qui ne voulait peut-être pas le savoir et qui ne le saurait en tout cas pas. Il fallait qu'il arrête un peu, qu'il sorte de sa tête, de la prison matelassée et insonorisée qu'était devenue sa tête. Il y aurait peut-être du bon à l'extérieur. Peut-être. C'était mal parti, mais peut-être.

D'où est-ce qu'il venait ? Ca pouvait vouloir dire beaucoup de choses, ça. Ca pouvait vouloir dire un peu tout. En fait, à la réflexion, c'était pas une phrase pleine de doubles sens, c'était plutôt une tournure délicate, après tout. Elle aussi devait avoir des choses dont elle ne voulait pas parler. Il lui était reconnaissant d'avoir posé la question comme ça, de ne le forcer à rien dire.


"De Bordeaux. En France. T'es française aussi non ?"

Vu son prénom. Il y avait des chances. Enfin il s'en foutait un peu mais c'était une manière comme une autre de continuer la conversation. D'ailleurs, s'ils devaient entretenir une conversation, et vu qu'elle avait même osé s'approcher... Il mit la main dans sa poche, et arrêta la musique que son mp3 continuait à diffuser. C'était la moindre des choses.
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Cassandre Ioans
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Sam 3 Mar - 3:20

Il avait l'air soucieux. Cassandre s'en inquiéta, d'abord juste pour lui, puis pour les conséquences éventuelles que ses soucis pouvaient avoir sur elle. Mais elle ne bougea pas d'un pouce. Elle s'était approchée maintenant, et ne bougerait qu'à un signe clair de danger, et un froncement de sourcils ou un air un peu rêveur ne suffisaient pas. Ou alors elle n'avait plus qu'à aller se barricader quelque part ou fuir éternellement quiconque ferait mine d'approcher d'elle.

Elle attendit donc patiemment qu'il réponde. Ca ne la dérangeait pas d'attendre, de toute façon, elle avait tout son temps. Malgré les difficultés de la vie ici, elle s'ennuyait quand même assez régulièrement. Elle allait de temps en temps à la bibliothèque ou partait dans de grandes balades, ou simplement regardait le ciel même même après quatre heures passées à lire ou à rêver, il en restait vingt à remplir, et elle ne pouvait décemment pas dormir tout le temps. Elle frissonna en repensant à sa dernière nuit. Les minutes avaient été longues.

Il ne fit pas de difficultés pour lui répondre, ce qui la soulagea. Elle avait peur d'avoir posé une question qui serait jugée ou inintéressante, ou trop personnelle. Mais il avait l'air d'avoir envie de discuter : tant mieux, ça passerait le temps pour tous les deux, et une avoir une communication normale avec quelqu'un pendant ne serait-ce qu'une ou deux minutes pouvait s'avérer étonnamment reposant dans un pensionnat rempli de psychopathes sanguinaires comme l'était Anguish. Elle avait visiblement eu la chance de tomber sur un des rares pensionnaires agréables, et elle en était heureuse. Elle supportait bien la solitude, mais c'était tout de même bien de simplement échanger avec ses semblables, de temps en temps, ne serait-ce que pour faire la conversation et se donner des informations superficielles et incomplètes sur qui on était. De toute manière ici en particulier, personne n'avait vraiment envie de connaître à fond quelqu'un. Tout le monde savait trop bien que ceux qui habitaient ici avaient une part de noirceur relativement plus importante que la moyenne des gens.

Elle apprit donc qu'il habitait à Bordeaux. Elle voyait vaguement où ça se situait, et n'avait pas la moindre idée de savoir si elle y avait mis les pieds ou pas un jour, au cours d'un de ses voyages. Elle aurait bien aimé pouvoir y aller et profiter de la ville et de la mer. Elle adorait la mer. C'était un des seuls avantages de cette île : la mer, tout autour, à quelques dizaines de minutes à pied.

Elle fut soulagée qu'il ne lui demande pas de quelle ville elle venait. Elle n'en avait pas la moindre idée. Mais le pays, tout de même... Quoiqu'au fond... Elle n'en savait rien. Elle aurait très bien pu habiter chez une famille française dans un pays étranger, et n'en rien savoir. Elle se doutait bien que les De Méliany n'étaient pas du genre à quitter leurs terres et leur patrie, mais après tout, qu'est-ce qu'elle en savait exactement ?

«  De France aussi... Je pense... »

Elle releva la tête pour répondre et le vit éteindre la musique qui s'échappait de son casque. Elle sourit. Leur conversation n'était peut-être pas très intéressante, mais si cela lui changeait suffisamment les idées pour qu'il se concentre dessus, peut-être que tous les deux n'avaient pas perdu leur journée.
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Sam 3 Mar - 3:43

Je pense ? Elle n'en était pas sûre ? Comment est-ce qu'elle pouvait ne pas savoir d'où elle venait ? Ca paraissait tout de même assez bizarre. Elle vivait isolée du reste du monde à ce point avant d'arriver ici ? D'où est-ce qu'elle sortait ? Il ne pouvait pas s'empêcher de se demander ce qui avait bien pu lui arriver, pour qu'elle ne soit même pas sûre de quel pays elle venait, pour qu'elle se soit retrouvée ici. Il n'arrêtait pas de se dire qu'il n'avait pas à se poser la question, que de toute façon il ne la poserait pas, qu'il ne le saurait pas. Il fallait quand même bien reconnaître que s'interroger sur elle, ça lui changeait les idées.
Peut-être qu'à elle aussi parce qu'il avait cru la voir avoir un petit sourire. Pas un de ces maigres sourires timides et forcés qu'elle avait eus au début pour avoir l'air poli, un vrai sourire. Tout n'était pas perdu alors. Il lui rendit son sourire. La situation étrange et gênante du début de la conversation s'était estompée. Il aurait pu être en train de parler à n'importe qui, n'importe où, sur le toit de son bahut. Machinalement, il rajusta son keffieh, comme il le faisait une bonne centaine de fois par jour. Non, il n'aurait pas pu être n'importe où, cette douleur sourde dans son bras le lançait toujours. Il l'oubliait presque, mais pas totalement. Comme un fond sonore, un truc qu'on n'écoute pas vraiment mais qu'on entend quand même.
Pris d'un doute il jeta un regard discret vers ses poignets. C'était bien ce dont il avait peur : un peu de sang séché à l'intérieur de la manche gauche, comme d'habitude. Il rangea sa main dans sa poche. Qu'elle ne le remarque pas, qu'elle ne pense pas qu'il s'agissait du sang de quelqu'un d'autre. Il n'avait pas la moindre intention de faire du mal à cette fille, du tout, ni à qui que ce soit. Enfin, évidemment, s'il avait à se défendre, il n'hésiterait pas, mais ça s'arrêtait là.

Bon, pourvu qu'elle n'ait pas remarqué. Comment continuer la conversation ? Impossible de rebondir sur ce qu'elle avait dit, évidemment. Si elle n'était pas sûre, il valait sûrement mieux pas demander pourquoi. C'était assez gênant de discuter avec quelqu'un quand on n'osait pas poser la moitié des questions personnelles par peur d'en apprendre trop, d'énerver, de rappeler des mauvais souvenirs. Il allait bien falloir contourner tout ça.


"Ca fait longtemps que tu es ici ?"

Il avait failli dire enfermée. Il espérait que son hésitation ne s'était pas remarquée. Evidemment, ils étaient enfermés. Mais s'ils étaient ici c'était aussi pour essayer de l'oublier un peu. Enfin, c'était son cas à lui. Il y avait des chances pour qu'elle ait raisonné de la même manière.
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Sam 3 Mar - 16:37

Elle était contente qu'il ait arrêté sa musique. Elle aimait bien en écouter et n'avait rien contre les gens qui faisaient de même, même quand elle leur parlait, après tout il était tout à fait possible de parler à quelqu'un en faisant autre chose à côté et elle n'allait pas réclamer l'attention exclusive de son interlocuteur par pur caprice. Mais tout de même, c'était agréable de voir qu'on se contentait de discuter avec elle pour passer le temps et s'amuser autant que possible dans ce pensionnat.

Elle avait jeté un coup d'oeil au mp3 en passant : elle n'en avait utilisé que rarement mais elle aurait sûrement su se servir de celui-là. Elle aurait bien aimé en avoir un. Mais à présent, c'était trop tard, le seul moyen ici d'obtenir un objet supplémentaire était de le voler, ce qui était évidemment hors de question, ou éventuellement de demander aux surveillants, méthode qui n'était pas sans présenter des risques majeurs, encore plus que le vol. Peine perdue, donc. Dommage. Mais il lui restait les airs qu'elle avait appris par cœur quand elle était plus jeune et qu'elle ne dansait que pour s'amuser, les adultes la regardant en riant.

Cela faisait des années mais elle ne s'y faisait vraiment pas. Toutes ses pensées la ramenaient invariablement à sa famille. L'époque où elle pouvait danser sans que tous les hommes de la pièce ne tournent vers elle un regard avide, où elle n'avait pas à se cacher, où l'on acceptait ses petites manies, où l'on répondait à toutes ses question, où elle n'avait pas besoin d'être solitaire parce qu'elle était parmi des gens qu'elle appréciait, où elle était heureuse.

Elle revint rapidement à la réalité. Il ne fallait pas qu'elle se laisse aller à ressasser ses souvenirs. Sauf qu'à présent, elle n'avait aucun moyen d'aller de l'avant. Sa course se terminait ici, elle le savait, et ce n'était pas uniquement par résignation qu'elle l'affirmait.

Décidée à ne plus se laisser prendre à penser, après tout c'était aussi le but de cette conversation, elle releva les yeux pile au moment où Joanny jetait un coup d'oeil à son poignet. Elle ne l'aurait pas remarqué si elle avait rêvé une seconde de plus ou si elle l'avait regardé avec moins d'attention. De nouvelles questions apparurent dans son esprit mais elle se força à les repousser : s'il le faisait discrètement c'était certainement qu'il n'avait pas envie d'en parler. Mais la tentation était grande de lui demander. Il la prit de vitesse :

« Ca fait longtemps que tu es ici ? »

Etrange question. Ca importait peu, au bout de quelques semaines on avait fait le tour de l'île et découvert toutes les règles, implicites ou non, qui régissaient ce petit monde. Les plus anciens avaient simplement l'avantage de connaître tous les noms, tous les visages, et d'avoir pu en tyranniser quelques uns dès leur arrivée, avantage certes non négligeable puisqu'ils avaient moins à craindre des autres.

Depuis combien de temps était-elle là ? Elle leva la tête vers le ciel, comme si un nuage allait former un nombre pour lui répondre. Elle avait compté la première semaine. Après, elle s'était embrouillée. De toute façon elle n'aurait pas tenu très longtemps. Ceci dit, elle se rappelait, et se rappellerait sans doute toujours, de la date de son arrivée. Mais, au fond, elle n'avait pas vraiment envie de savoir. Sans qu'elle sache vraiment pourquoi, cette perspective lui faisait plutôt peur. Elle décida de répondre du mieux qu'elle pouvait :

« Ca fait deux ou trois semaines. Et toi ? Tu es arrivé récemment non ? »

Elle regarda de nouveau la main qu'il avait rangée dans sa poche. Qu'est-ce qu'il pouvait bien avoir de si grave à cacher ? Qu'est-ce qu'il avait bien pu faire pour arriver ici, lui ?
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Sam 3 Mar - 22:32

"Deux jours."

Deux ou trois semaines. Il ne se rendait pas vraiment compte si ça faisait beaucoup ici. Enfin, ça devait faire beaucoup de toute façon. Au sens où ça devait vraiment passer lentement. Ces deux jours lui avaient déjà semblé durer une éternité... La moindre minute lui semblait une éternité ces temps-ci, à part quand il arrivait vraiment à se perdre dans rien, dans la musique, comme il avait un peu pu le faire tout à l'heure. Discuter avec quelqu'un ça pouvait être pas mal aussi pour passer le temps. Mais ça avait l'air plus rare ici... et il avait du mal.

En fait à la réflexion il lui semblait ne pas avoir essayé de tenir une vraie conversation avec qui que ce soit depuis l'accident. Enfin, peut-être un peu ses parents. Mais il n'avait rencontré personne, il ne voyait personne. Pas forcément étonnant qu'il ait l'impression d'avoir du mal avec les relations sociales. Il avait dû en perdre l'habitude. Quand on reste enfermé seul avec soi-même toute la journée ce n'était pas étonnant. Mais vu le contexte ça allait être difficile de s'améliorer sur ce plan-là.

Il surprit le regard de Cassandre vers sa poche. Merde. Elle avait remarqué. Il avait pas été assez discret sur ce coup. Maintenant elle devait être en train de se poser des questions. Voire d'extrapoler. Enfin, bon, tant pis. Il n'avait pas envie de lui raconter juste parce qu'il avait l'impression qu'elle avait remarqué qu'il avait une légère tache de sang séché sur la manche. C'était salissant, le blanc, un gros défaut. Mais ça n'allait pas l'empêcher d'en porter, tant pis.

En tout cas, si elle voulait savoir... Qu'elle lui pose des questions. Il verrait bien ce qu'il lui répondrait. Il ne mentirait pas, en tout cas. Aucune raison de mentir, et il n'aimait pas ça. Il éluderait les questions au maximum. Il n'avait pas trop réfléchi à ce qu'il acceptait de raconter, et ce qu'il refusait de dire. En tout cas, ce n'était pas parce qu'il avait peur d'y repenser qu'il ne voulait pas en parler. Enfin, il avait peur d'y repenser, évidemment. Mais il y repensait de toute façon, qu'il le raconte ou pas, alors ça, ça n'allait rien changer. Même s'il n'avait pas envie de trop en dire. Il accepterait sûrement de moins en moins d'en parler au fur et à mesure que le temps passerait. Il aurait aimé tout faire pour ne pas y repenser. Il ne trouvait pas quoi. Il n'y avait rien d'autre à faire ici que de ressasser le passé. Une vraie torture. Ca devait être ça le pire ici.
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Dim 4 Mar - 0:01

« Deux jours. »

« Ha... »

Il était donc fraîchement débarqué. Cassandre n'avait pas encore bien compris quand le bateau qui desservait fréquemment l'île passait, mais elle avait en effet le vague souvenir de l'avoir aperçu deux jours plus tôt, alors qu'elle se promenait sur la plage. Elle était immédiatement repartie vers un endroit moins fréquenté, préférant ne pas trop s'approcher des potentiels nouveaux pensionnaires, au cas où il s'en serait trouvé un parmi eux qui aurait déjà décidé que n'ayant rien à perdre, il allait faire un maximum de victimes tant qu'il serait sur l'île. Visiblement, ce n'était pas le cas du dernier arrivé. Il avait toujours l'air assez calme, perdu dans ses pensées. Il avait du mal à communiquer, cela se sentait, et ça ne pouvait pas dater de sa très récente arrivée sur l'île, à part s'il avait vraiment été très mal accueilli. Peut-être que ce qu'il cherchait à lui cacher sur son bras était justement une marque de l'accueil qu'on lui avait réservé.

Elle le sentit se crisper quand il remarqua qu'elle posait un regard insistant sur sa main. Zut, avec un peu de chance maintenant elle lui avait fait peur, il croyait qu'elle allait poser des questions indiscrètes sur un événement dont il n'avait sûrement pas envie de parler. Elle rougit et baissa la tête. Elle aurait bien aimé savoir, les restes de curiosité qu'elle possédait étaient piqués à vif, mais elle était bien trop soucieuse de ne pas embêter une des rares personnes abordables ici pour risquer de le mettre de mauvaise humeur. Elle se força à faire taire ses interrogations et à ne plus regarder son poignet.

A la place, elle leva de nouveau les yeux pour regarder le ciel. Il faisait plutôt beau aujourd'hui, et ils pouvaient profiter du soleil qui illuminait le toit, parfois soudainement caché par l'ombre d'un nuage. Quand c'était le cas, Cassandre frissonnait. Son gilet n'était tout de même pas très épais et si l'exercice lui permettait de se réchauffer pendant ses promenades, rester immobile dehors à l'ombre n'était pas très recommandé. Inutile de se retrouver à l'infirmerie avec 40 de fièvre sur une île où elle était pour mourir de la manière la plus atroce possible. Etrangement, cette idée ne l'effrayait pas plus que ça. La résignation avait au moins cet avantage.

Elle tourna à nouveau les yeux vers Joanny, qui était reparti dans ses pensées. Il semblait le faire très facilement. Elle réfléchit à une question qui pourrait l'en tirer suffisamment longtemps pour qu'il arrête quelques minutes de ruminer son passé ou ses rancoeurs. Une question pas trop personnelle, de préférence... Mais elle ne trouvait rien. Elle décida de se rapprocher un peu. Faire la conversation à deux mètres de distance commençait à être ridicule et elle doutait à présent qu'il se jette sur elle pour la découper en morceaux.

« … Hum... Tu savais ce que c'était que cette île, toi, quand tu es arrivé ? »
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Dim 4 Mar - 0:21

Non... Finalement non. Elle n'avait pas posé de questions. Il l'avait sentie hésiter, se renfermer un peu. Il avait beau faire tous les efforts du monde pour en avoir l'impression, ce n'était pas une interaction sociale normale. On ne pouvait sûrement pas avoir une interaction sociale normale avec qui que ce soit dans cet endroit. Parce que les gens qui y étaient avaient tous vu, vécu ou fait des choses horribles. Et les gens qui avaient atterri là de leur propre volonté, pour fouiller ou ceux qui s'étaient fait kidnapper (il avait entendu beaucoup de choses, l'air de rien, pendant ces deux jours) n'y faisaient pas exception, tout bonnement parce qu'ils étaient ici. Ils en avaient tous des marques, nécessairement, des choses dont il valait mieux ne pas parler, pour des raisons très différentes.
La seule possibilité d'en sortir serait d'avoir confiance, d'être franc, de raconter. Lui n'était pas prêt à le faire. Cassandre n'en avait pas l'air non plus, rien qu'à voir ses réactions au départ. Trop de marques, de cicatrices. Pourquoi, il ne le savait pas. Ce n'était pas par curiosité qu'il se le demandait. Il n'avait jamais été tellement curieux. Il avait juste l'impression qu'une relation autant basée sur les non-dits, sur la peur de faire mal, d'en demander trop, sur l'impossibilité de réellement connaître l'autre en fait, ne mènerait à rien. Il aurait presque préféré qu'elle demande, en fait.

Mais non. Elle avait essayé de détourner un peu la conversation. Parler de cet endroit, ce n'était peut-être pas la meilleure chose à faire. Mais si on ne voulait parler ni de cet endroit, ni du passé, ça ne laissait pas énormément de choix, en fait. Il allait falloir se décider soit à la laisser dormir ici (ou la pousser à dormir ailleurs, peut-être, parce que n'importe qui pouvait débarquer ici), soit à entrer dans le vif du sujet après tout. Il n'avait juste vraiment pas envie de parler, pas de lui en tout cas. Il ne savait pas vraiment si ça valait le coup de se forcer. Peut-être, après tout. Il déciderait bien. Un peu plus tard.

En réponse à sa question, il haussa les épaules, les deux mains toujours enfouies dans ses poches.


"Pas vraiment. Je savais que c'était un genre de mix entre une prison et un hôpital psy. Je pense pas qu'il y ait beaucoup de gens qui arrivent ici en sachant où ils mettent les pieds."

Le personnel, peut-être. Et encore. Il fallait être un sacré psychopathe pour accepter consciemment de bosser ici, à son avis. Ou avoir vraiment, vraiment beaucoup besoin d'argent. Mais ils ne faisaient sûrement pas appel à n'importe qui. Une trop bonne âme risquerait sûrement d'en dire trop, de les dénoncer, de parler de ce qui se passerait réellement ici. Peut-être que certains détenus mieux renseignés que les autres étaient au courant avant d'arriver. Eux n'avaient pas le choix, de toute manière. Quant aux autres... S'ils l'avaient su, ils ne seraient pas là.
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Dim 4 Mar - 20:04

"Pas vraiment. Je savais que c'était un genre de mix entre une prison et un hôpital psy. Je pense pas qu'il y ait beaucoup de gens qui arrivent ici en sachant où ils mettent les pieds."

Elle approuva d'un signe de tête. Mais avoir une vague idée, c'était déjà ça. La réponse de Joanny confirmait ce dont Cassandre se doutait : les pensionnaires arrivaient ici pour des raisons souvent beaucoup plus troubles et violentes que les circonstances qui avaient décidé de son propre transfert. Entre prison et hôpital psy... Donc comme beaucoup il avait dû commettre un meurtre ou quelque chose d'approchant, et dans le doute, plutôt que de décider s'il était fou ou juste agressif, on l'avait envoyé ici, ce qui avait certainement l'avantage de régler la question de manière définitive.

Elle fut surprise malgré tout de deviner à ses mots qu'il avait failli atterrir en prison ou en service psychiatrique. Il n'avait pas l'air dangereux. Il devait sûrement fonctionner par crises. Elle avait entendu parler d'un pensionnaire maniaco-dépressif parmi les garçons mais n'avait pas eu l'occasion de le croiser, ou en tous cas de lui adresser la parole. De toute façon elle ne connaissait même pas son nom, et puis, s'il était peut-être le seul à être arrivé sur l'île à cause d'une maladie mentale, après quelques mois passés ici les autres devaient sûrement en développer plus d'une...

Malgré le soleil qui réchauffait les toits depuis le matin elle frissonna en se demandant combien de temps elle tiendrait. Elle refusa d'y penser. Elle s'était un peu penchée en arrière et s'appuyait sur ses bras tendus derrière elle. Le contact du sol brûlant sur la paume de ses mains lui faisait mal, mais pas assez pour qu'elle veuille bien changer de position et arrêter d'offrir son visage à la lumière. Elle se sentait mieux. Elle avait mangé, discutait avec quelqu'un d'à peu près normal, et si le temps restait au beau fixe sa peau allait rapidement reprendre une teinte moins maladive.

Elle resta comme ça quelques secondes, juste à profiter du soleil, avant qu'un nuage ne passe devant, les plongeant dans l'ombre. Alors elle se résolut à retirer ses mains du sol, y jetant un coup d'oeil au passage pour vérifier qu'elle ne s'était pas vraiment brûlée. La peau était rouge, mais ce n'était même pas la peine de mettre de l'eau froide dessus, dans cinq minutes il n'y paraîtrait plus. La chaleur n'était même pas suffisante pour la brûler à travers le tissu de sa jupe. Il faut dire que si le vêtement n'était pas très approprié ni en très bon état, il était solide et épais.

Elle observa à nouveau le jeune homme. Il avait la peau assez pâle, il fallait espérer qu'il n'attrape pas un coup de soleil... Ici, il y avait peu de moyens de soulager la douleur qui en résultait, et elle doutait qu'aller à l'infirmerie pour un si petit bobo soit recommandé. Mais à mieux y regarder, les cheveux de Joanny devaient être sombres à la base, et très décolorés. Avec un peu de chance, sa peau était plus résistante qu'elle n'y paraissait.

Elle aurait bien aimé continuer la conversation. Mais elle hésitait encore à lui parler du passé et discuter de la vie sur l'île n'était pas beaucoup plus réjouissant. Restait une option :

« Tu écoutais de la musique non ? »

Peut-être que ça l'intéresserait d'en discuter. Peut-être même qu'il lui en ferait écouter, vu qu'il était nouveau, il était possible qu'il n'ait pas encore cette répugnance à prêter ce qui lui appartenait qui caractérisait les pensionnaires les plus avertis.
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Dim 4 Mar - 20:28

Il en avait peut-être un peu trop dit. Enfin, trop dit n'était pas forcément le mot. Trop pour qu'elle ne se pose pas de questions. Il avait l'impression, à la manière dont elle le regardait, qu'elle devait s'en poser, des questions. Certainement faire des suppositions. Cette relation dans le non-dit l'agaçait de plus en plus. Pourtant il n'osait pas lui demander ce qu'elle faisait ici, elle. Elle n'avait certainement pas plus envie d'en parler que lui. Mais lui n'avait pas envie de s'aventurer dans les confidences non plus. Il lui répondrait si elle lui demandait. Sûrement. Il ne savait pas encore à quel point, mais il lui répondrait. Mais il n'avait pas la moindre envie de se "confier", de plein gré, sans même y être invité, à une totale inconnue. Elle ne voulait pas forcément le savoir d'ailleurs, peut-être qu'il reportait simplement ses propres interrogations sur elle. Mais il avait tendance à deviner assez bien les intentions des gens, donc il ne se trompait sûrement pas en se disant qu'elle devait s'interroger. On le ferait à moins, de toute manière. Il fallait vraiment n'éprouver aucune curiosité pour ne même pas se poser la question. Surtout avec ce qu'il avait dit. Ou décider que vraiment, vraiment, il valait mieux ne pas savoir pourquoi les autres étaient là.

Le soleil caché, il la vit rapidement observer les paumes de ses mains, qui étaient légèrement rouge. C'est vrai que le soleil tapait dur, et chauffait le béton du toit. En plus, au vu de la saison, au soleil et sans vent, il faisait assez chaud. Pourtant il n'avait pas spécialement chaud, même avec sa veste et son keffieh. Il avait l'impression de ne plus trop éprouver ni chaud ni froid, il s'y était habitué. Il n'avait plus l'impression d'éprouver grand-chose d'autre que de l'ennui et de la peur. Principalement de l'ennui. Par habitude, il rajusta légèrement son keffieh de la main droite, la gauche restant dans sa poche. La cicatrice ne partait pas si haut que ça, il y avait assez peu de chance de la voir si le keffieh ne bougeait pas trop, mais - il y avait toujours cette espèce de crainte que quelqu'un remarque. La même que celle qui lui faisait garder la plupart du temps sa main gauche dans sa poche, et quand elle n'y était pas, tirer sur sa manche en permanence. Pour ne pas qu'on lui pose de questions. Il en viendrait sûrement à l'oublier, cette cicatrice, même s'il garderait sûrement le tic. Mais pour l'instant il ne risquait pas de l'oublier, puisqu'elle l'élançait en permanence. Même s'il avait toujours été résistant à la douleur physique, et le devenait sûrement de plus en plus, la morphine lui avait fait perdre l'habitude. Même s'il ne passait plus un instant sans éprouver cette douleur sourde dans son bras.

Cassandre, son attention détournée de ses mains, s'était mise à le détailler, sans insistance, mais pas spécialement discrètement non plus. Il lui rendit son regard. Selon les critères habituels elle était très jolie, même si cet air mélancolique qu'elle arborait en permanence était un peu dommage. Elle avait de beaux cheveux, aussi, inhabituels. Il ne s'y attarda pas trop.


« Tu écoutais de la musique non ? »

Elle avait dû en parvenir aux mêmes conclusions que lui : ne parler ni du passé, ni de l'endroit. Il n'avait pas spécialement trouvé d'autre sujet de conversation, mais visiblement elle si, et il lui en était presque reconnaissant. Enfin quelque chose dont ils pouvaient parler sans se poser trop de questions. Il se hasarda à s'approcher un peu plus d'elle.

"Oui. J'en écoute quasiment tout le temps. J'avais peur qu'ils ne me laissent pas garder ça."

Ne sachant pas trop si elle était réellement intéressée par ce qu'il écoutait, il décida de la laisser se faire une idée par elle-même. Il sortit le lecteur mp3 de sa poche, retira - de la main droite uniquement - son casque d'autour de son cou et posa l'appareil entre eux deux. Elle était assise sur sa gauche, le fait qu'il n'utilise que sa main droite pouvait lui donner une attitude un peu bizarre, mais il ne se posa même pas la question. Il avait perdu l'habitude d'utiliser cette main, il avait même encore du mal à la fermer, l'utilisation de sa main non directrice (la droite, donc) avait fini par s'imposer.
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Cassandre Ioans
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Dim 4 Mar - 22:19

Il fit un mouvement vers elle. Immédiatement, et sans avoir la politesse de demander la permission à son cerveau, tous ses muscles se tendirent à rompre, prêts à la fuite. Cette réaction lui avait permis de s'en tirer de justesse quelques fois, et elle y était habituée. Après tout, ça ne faisait qu'une sécurité de plus, et elle en était bien contente. Elle ne s'était jamais demandé s'il était normal pour une jeune fille de dix-huit ans de manquer la crise cardiaque à chaque fois qu'elle décelait un mouvement imprévu dans sa direction. De toute façon, s'il suffisait d'un feu vert pour qu'elle parte en courant à toute vitesse, elle parvenait aussi très bien à se contrôler quand elle décidait qu'il n'y avait pas de réel danger, ou qu'elle était prête à prendre le risque, ce qui était le cas en ce moment. Elle se força donc à rester immobile, bien que visiblement terrorisée, et s'appliqua à se détendre dès que Joanny eut fini son geste, par ailleurs bien anodin. Sauf qu'à Anguish, rien n'était anodin. S'il ne l'avait pas encore noté, Cassandre lui en offrait une parfaite illustration. Elle espérait juste ne pas trop le désespérer. Elle s'en voulait elle-même d'avoir ces manières d'animal encore sauvage, mais elle n'avait pas eu trop le choix et à présent, ces réflexes étaient incrustés dans son comportement trop profondément pour qu'elle ait le courage, sinon la possibilité de les effacer.

Elle fit de son mieux pour faire repartir son cœur et ses poumons et offrit un petit sourire d'excuse à son compagnon, pour peu qu'il ait remarqué quelque chose. Comme elle avait de toute manière l'air d'être en permanence effrayée et sur le point de prendre la fuite, il avait très bien pu ne pas remarquer. De toute façon, il avait cessé de l'observer quand elle lui avait demandé quelle musique il écoutait, et était à présent occupé à répondre à sa question.

"Oui. J'en écoute quasiment tout le temps. J'avais peur qu'ils ne me laissent pas garder ça."

Oui, étrange qu'on ne lui ait pas confisqué à l'arrivée. Mais après tout, les surveillants étaient imprévisibles, et l'objet ne menaçant pas leur sécurité, avaient très bien pu décider de le laisser à son propriétaire. Possiblement pour le calmer, d'ailleurs. Il avait évoqué ses chances de finit dans un hôpital psychiatrique, et la musique pouvait être un moyen de l'occuper pour qu'il se tienne à carreau. Ca, ou alors on lui avait laissé l'appareil parce qu'on n'aimait pas les chansons qui étaient enregistrées dessus. Etrangement Cassandre pencha pour la première hypothèse, mais se refusa une nouvelle fois à le questionner dessus. Il avait l'air soulagé qu'ils parlent de musique, ce n'était pas le moment de tout gâcher. Tentons d'avoir une conversation normale, elle leur ferait du bien à tous les deux.

« … Tant mieux s'ils te l'ont laissé... »

Il enleva son casque et posa le mp3 entre eux. Il avait visiblement compris qu'au moindre geste un peu trop proche d'elle, elle allait détaler comme un lapin. Elle lui était reconnaissante de prendre ces précautions et lui sourit à nouveau. Elle n'avait pas autant sourit depuis son arrivée.

Elle s'aperçut au passage qu'il se servait uniquement de sa main droite, qui était pourtant du mauvais côté. Elle était de plus en plus intriguée par cette main gauche qu'il gardait cachée. Pourtant quand elle se rendit compte qu'elle lui jetait un regard curieux elle se le reprocha et se concentra plutôt sur le mp3 qu'il venait de lui faire passer. Elle le prit délicatement et l'examina, curieuse de voir comment des objets qui ont exactement le même usage pouvaient être à la fois reconnaissables, et même utilisable instinctivement par tout le monde, et pourtant très différents. Ce modèle était visiblement beaucoup plus récent que ceux auxquels elle avait eu affaire. Elle parvint néanmoins sans problème à le rallumer et à faire défiler sous ses yeux la liste des chansons qui s'y trouvaient. Elle put donc constater qu'elle n'en connaissait pas une seule. Décidément, cela faisait très longtemps qu'elle n'avait pas écouté de musique... Elle ne devait pas être très à jour... Et de toute façon, elle ne connaissait que des morceaux peu célèbres, et un peu de musique classique que le marquis lui avait fait écouter pour l'amuser et l'instruire un peu.

Ne pas penser au marquis. Surtout à l'époque où elle ne savait pas si elle devait le haïr parce qu'il était son maître et la contraignait à obéir à ses moindres désirs ou si elle l'aimait parce qu'il s'occupait bien d'elle. Elle releva la tête vers Joanny.

« Je n'y connais pas grand chose en musique... Je n'ai jamais entendu parler de tout ce que tu écoutes... »

Elle n'aurait pas refusé une petite leçon de musique, si son compagnon était d'humeur.
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Mar 6 Mar - 19:31

Il avait été obligé de remarquer son mouvement de recul quand il s'était approché d'elle. Enfin, ce n'était pas vraiment un mouvement de recul. Une impulsion de mouvement de recul, plutôt. Elle avait semblé une fois de plus sur le point de fuir alors qu'il s'était juste un peu décalé vers elle. Elle n'était pas en confiance, hein. Est-ce qu'elle avait entendu quelque chose sur lui ? Probablement pas. Il n'y avait aucune raison. Elle ne savait même pas qui elle était. Et si elle avait entendu quelque chose sur lui et qu'elle avait vraiment si peur de lui, elle ne serait pas là, comme si de rien n'était.

D'autant que petit à petit, elle s'était calmée à nouveau, lui avait souri. Un petit sourire d'excuse. Comme si elle n'avait pas voulu réagir comme ça. Comme si son corps, de lui-même, avait décidé qu'il y aurait peut-être besoin de fuir et qu'il fallait y être prêt. Ses réactions donnaient vraiment l'impression de quelque chose comme ça : toujours sur le qui-vive, toujours aux aguets, toujours prête à s'enfuir.

Est-ce que c'était Anguish qui l'avait transformée comme ça ? Elle n'y était que depuis deux ou trois semaines, disait-elle. Il y avait peu de chances que si peu de temps passé ici l'ait réellement menée à se tenir autant sur ses gardes. On ne s'habituait pas à ce point en si peu de temps. Elle devait déjà être ainsi avant. Qu'est-ce qu'on avait pu faire à cette pauvre fille ?
Oui, plus il la voyait, plus il se disait qu'elle, elle n'avait rien fait. Ou en tout cas, même si elle avait fait quelque chose, cela devait être plutôt de l'ordre de la survie, de la légitime défense. On ne pouvait pas commettre de sang-froid des crimes en ayant peur de chaque instant, en ayant peur de son ombre. Si elle avait agressé ou tué quelqu'un, ça devait être une soupape de sécurité. Mais il était aussi tout à fait possible qu'on l'ait juste envoyé ici pour s'en débarrasser, parce qu'on ne savait plus quoi en faire.

En tout cas, heureusement qu'il n'avait pas essayé de lui donner directement son lecteur mp3 et qu'il l'avait précautionneusement posé entre eux deux. Qui sait ce qu'elle aurait cru ou ce qu'elle aurait fait s'il avait trop tenté de s'approcher. Elle aurait pu le mordre. Par exemple. Sa lassitude transparaissait un peu sur son visage. Il ne voyait pas comment faire pour la mettre en confiance, l'amener à se comporter à peu près normalement, sans être sur le qui-vive à chaque instant. Tenter de la rassurer en paroles ne servirait à rien. Quand on a aussi peur, on n'est plus prêt à croire personne.

"Tant mieux s'ils te l'ont laissé..."

Il s'aperçut alors qu'elle continuait à regarder sa main, dans sa poche. Elle était restée là par habitude, et s'il ne s'en était pas aperçu, le mouvement qu'il avait fait en n'utilisant que sa main droite devait paraître un peu bizarre. Lui, c'était juste parce que cette main ne lui servait plus vraiment, en tout cas plus autant qu'avant, même s'il l'utilisait toujours, c'était avec difficultés et sa main valide était beaucoup plus pratique. Mais cela lui avait sûrement donné l'impression, surtout après tout à l'heure, qu'il la cachait.
Il valait sûrement mieux qu'il arrête de faire ça, pour la mettre en confiance. Ce n'était pas volontaire, mais ça, elle ne pouvait pas le savoir. Il fit donc un effort pour arrêter de cacher cette main, pour la sortir de cette place confortable dans sa poche, et posa la main gauche à plat sur son genou. En faisant attention, on pouvait remarquer que sa main tremblait légèrement, comme elle le faisait en permanence. Dès qu'il était stressé ou essayait de faire un effort avec cette main, elle était agitée de soubresauts incontrôlables. C'était en partie pour ça qu'elle était tout le temps dans sa poche, comme ça ça ne se voyait pas, elle pouvait trembler tout ce qu'elle voulait, elle ne le trahirait pas, personne ne s'en apercevrait.

Elle saisit l'appareil et l'observa quelques instants. Il n'avait rien de spécialement technologique, spécialement avancé, c'était un simple lecteur mp3 avec pas mal de mémoire pour pouvoir stocker un maximum dessus. Il avait utilisé un vieux mp3 clé USB pendant pas mal de temps, parce que s'il aimait bien écouter de la musique ce n'était pas spécialement hors de chez lui, quand il sortait c'était généralement avec des gens. Ses parents lui avaient acheté celui-là pendant son hospitalisation, pour qu'il puisse s'occuper. Malgré la simplicité de l'appareil, elle l'examina quelques instants, comme si elle n'avait pas l'habitude de voir ce genre d'objets. Tous les jeunes en avaient en ce moment pourtant.
En tout cas, elle avait l'air de savoir comment ça marchait, puisqu'elle l'alluma sans problèmes avant de passer rapidement les morceaux qu'il y avait dedans. Il y avait pas mal de choses, mais un gros point commun : c'était destiné à faire du bruit, à couvrir ses pensées. Alors il y avait à peu près uniquement de la musique qui bougeait, électro, rock, ce genre de choses. Pas toujours avec des paroles, mais quand il y en avait, c'était dans des langues qu'il comprenait pour pouvoir les suivre, français ou anglais. Et il ne s'intéressait pas beaucoup à la musique, ni aux textes, alors il y avait surtout des trucs entraînants, mainstream, pas difficiles à trouver. En tout cas, il y avait des chances pour qu'elle en connaisse la majorité.

Et pourtant elle releva la tête :

« Je n'y connais pas grand chose en musique... Je n'ai jamais entendu parler de tout ce que tu écoutes... »

Elle devait vraiment vivre complètement coupée du monde. Dès qu'on écoutait la radio ou qu'on regardait la télé un minimum, on était obligé d'en avoir déjà entendu un peu à l'occasion. Ca ne devait vraiment pas être son cas. Est-ce qu'elle avait été enfermée dans une cave pendant des années ou quelque chose comme ça ? Il avait entendu parler de ce genre de choses. Il y a quelques mois on avait beaucoup entendu parler d'un type qui avait enfermé sa fille dans une cave pendant des années. C'était peut-être une histoire comme ça. On avait retrouvé Cassandre dans une cave, elle était tellement traumatisée qu'on ne savait pas quoi faire d'elle, et au lieu de perdre du temps et de l'argent à essayer de la rééduquer, de la réhabiliter, on l'avait envoyée ici... Ca serait assez horrible, une histoire comme ça. Mais il avait cette impression persistante que Cassandre avait effectivement dû vivre des choses horribles. Enfin, il fallait bien lui répondre, plutôt que de faire des suppositions stupides.


"Ah ouais ? Pourtant j'écoute à peu près que des trucs connus."

Il eut un vague geste dans sa direction, de la main droite toujours, son mouvement était être censé être moins vague à la base puis il s'était dit qu'elle penserait peut-être qu'il allait la toucher, alors ça s'était perdu en un très léger mouvement désignant le mp3 qu'elle avait à la main.

"Tu peux écouter si tu veux."
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Cassandre Ioans
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Dim 11 Mar - 15:29

Il avait sorti sa main gauche de sa poche. Elle tremblait comme une feuille, c'était assez étrange et Cassandre se posait de plus en plus de questions sur Joanny : qu'est-ce qui avait bien pu lui arriver ? Est-ce qu'il avait atterri ici un peu par hasard, comme elle ou les naufragés ? Est-ce que quelqu'un avait voulu se débarrasser de lui parce qu'il en avait trop vu ? Est-ce que c'était ces souvenirs qui donnaient l'impression qu'il était presque constamment dans la lune, qu'il essayait d'oublier peut-être en écoutant de la musique et en discutant ?

En tous cas, il n'avait pas vraiment l'air en meilleur état qu'elle. Il n'était sans doute pas beaucoup plus dangereux et de toute façon, ses réflexes prendraient le relais au moindre signe un peu trop pressant de danger. Et puis, il lui avait confié son mp3, qui était quand même relativement fragile. Il allait falloir un jour qu'elle arrête de ne lui montrer que de la méfiance en retour, mais c'était difficile de se souvenir comment être à l'aise avec quelqu'un et comment le lui signifier. Peut-être qu'arrêter de se casser la tête sur la question serait déjà un progrès. Décidément, elle était désespérante et si même elle en avait conscience...

Elle fit repasser devant ses yeux la liste des chansons, sans rien reconnaître de plus. Elle secoua légèrement la tête. Elles étaient peut-être connues, mais la culture de Cassandre était constituée de bouts hétéroclites récoltés auprès de ses différents maîtres et il semblait qu'ils n'aient pas eu les mêmes goûts musicaux que Joanny.

« Tu peux écouter si tu veux. »

Elle sourit et le remercia, jetant de nouveau un regard sur sa main gauche qui l'intriguait, se reprochant de nouveau d'être une petite indiscrète qui ferait mieux de s'occuper de ses affaires.
Elle n'avait pas la moindre idée de quoi écouter. Tous les titres se ressemblaient à ses yeux et elle ne savait pas du tout à quoi s'attendre, elle ne connaissait même pas ses propres préférences en la matière. Elle lui tendit l'appareil.

« Est-ce que tu peux me conseiller ? Je ne sais pas quoi écouter... »

Peut-être qu'il serait temps de lui en dire un peu plus, il devait se poser autant de questions qu'elle et son propre manque de confiance en lui l'énervait. Et puis, elle n'était pas obligée de tout lui raconter, ni de rien lui demander en retour, rien de trop personnel, il n'avait même pas à lui répondre s'il ne voulait pas. Ici la plupart des questions restaient sans réponse parce qu'il était trop, bien trop facile de s'aventurer sur un sujet qui rappelait de mauvais souvenirs ou qui risquait d'attirer des ennuis si on fouillait trop avant.

« L'homme chez qui j'étais n'écoutait que de la musique classique. J'imagine que ce n'est plus tout à fait au goût du jour. En fait, lui-même ne l'était pas vraiment.»

Petit sourire, encore timide, presque un sourire d'excuse. Elle aurait bien voulu avoir une vie normale, pas forcément parce qu'elle aurait moins souffert, mais parce qu'elle aurait pu partager plus de choses avec les rares personnes qui mettaient un peu de bonne volonté à lui parler.
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Dim 11 Mar - 15:50

Elle continua à fouiller, un moment, dans le lecteur mp3, mais ne trouvait visiblement rien qu'elle connaissait pour écouter. Elle finit par le lui tendre à nouveau, avec ce petit sourire d'excuse apeuré qu'elle ne perdait presque pas, en lui demandant de la conseiller. Elle regardait encore, de temps en temps, sa main gauche posée sur son genou, qui restait là tremblante, inutile. Il aurait bien fait un effort pour calmer ce tremblement mais il savait que s'il le faisait, il n'en tremblerait que plus, c'était totalement contre-productif. Il avait l'habitude, ça ne le dérangeait généralement pas, mais là il le voyait, le sentait contre sa jambe, et c'était très désagréable. Il avait envie de s'asseoir sur sa main pour qu'elle ne tremble plus.

De l'autre main il reprit le mp3, posa le casque, chercha dans la liste des chansons. Quelque chose à lui conseiller... Qu'est-ce qu'elle pourrait aimer cette fille ? Est-ce qu'elle écoutait autre chose, d'habitude ? Elle répondit à sa question non formulée.

« L'homme chez qui j'étais n'écoutait que de la musique classique. J'imagine que ce n'est plus tout à fait au goût du jour. En fait, lui-même ne l'était pas vraiment.»

L'homme chez qui elle était. Cela faisait assez bizarre. Ce n'était probablement pas quelqu'un de sa famille. Est-ce qu'elle avait été kidnappée et enfermée ? Mais quand on kidnappe quelqu'un, généralement, on ne lui fait pas spécialement écouter de musique, si ? Peut-être qu'elle vivait avec lui. Elle était jeune, ça aurait été bizarre que ce soit son petit ami, et il avait eu l'impression qu'elle avait vécu recluse. Mais qu'est-ce qui avait bien pu lui arriver alors ? Qui pouvait être cet homme ? Mais il ne posa pas la question. C'était peut-être ça qui lui avait donné cette peur de tout, ce comportement craintif. Et puis elle avait déjà fait beaucoup rien qu'en lui disant ça alors qu'il n'avait rien demandé. Il hocha légèrement la tête, pour lui montrer qu'il avait entendu, et pour la remercier de le lui avoir dit.

Cela dit, cela ne lui donnait pas beaucoup plus de pistes pour savoir quoi lui faire écouter. Il chercha un moment, puis tomba sur un truc qui lui semblait pas trop mal pour elle. Il sélectionna la chanson, et tendit le casque à Cassandre.


"Tiens, écoute, t'as juste à appuyer sur play."

[La chanson : Muse - New born]
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Dim 11 Mar - 18:06

Il hocha la tête pour lui montrer qu'il avait entendu. Elle imaginait toutes les questions qu'il devait se poser. Heureusement il n'en formula aucune. Elle ne savait pas si elle était prête à y répondre. Ses souvenirs étaient encore assez frais, juste assez pour qu'elle se soit fait au changement de situation, qu'elle ait pris l'habitude de penser différemment à ses anciennes connaissances. Elle avait à peu près fait le ménage dans ses souvenirs et ses sentiments mais ses réflexes étaient encore profondément ancrés dans son comportement et elle préférait éviter de remuer trop sa mémoire.

Cependant, elle s'était surprise elle-même en critiquant le marquis. Elle sentait suffisamment l'éloignement, avait la certitude suffisamment forte de ne plus jamais le revoir qu'elle se permettait de ne plus le considérer comme inattaquable. Elle n'avait jamais connu cela, la possibilité d'avoir son opinion propre et de la confier à quelqu'un en sachant qu'il ne risquait pas de la frapper à cause de ça. Avec ses maîtres il lui fallait toujours faire attention à ce qu'elle pensait de tous ceux qu'elle connaissait, et qu'eux-mêmes connaissait par conséquent également.

Elle lança un sourire reconnaissant à Joanny qui lui tendait le mp3 après lui avoir sélectionné une chanson. Elle était contente d'avoir fait sa connaissance, décidément. Elle était suffisamment en confiance pour prendre le risque de se pencher et de prendre directement l'appareil, lui laissant la possibilité s'il l'avait voulu de l'attraper par le poignet et de la précipiter dans le vide. Mais elle n'en menait pas large pour autant et se dépêcha de rétracter son bras hors de portée. Elle déchiffra ensuite le titre de la chanson et du groupe sur l'écran. Elle ne l'avait jamais écoutée mais ça n'était très surprenant. Elle jeta un dernier regard à Joanny avant de fermer les yeux, fit glisser le casque sur ses oreilles et appuya sur play.



A part un très léger sourire qui s'était lentement épanoui sur son visage et sa respiration un peu trop rapide, on aurait pu croire qu'elle s'était endormie. Elle rouvrit les yeux, enleva le casque et le fit glisser avec le mp3 vers Joanny avec un de ses petits sourires à la fois sincères et forcés.

« Merci beaucoup. »

Elle avait l'impression d'avoir légèrement le tournis, ou le vertige, quelque chose d'approchant. Cela faisait bien trop longtemps qu'elle n'avait pas écouté de musique. Chaque accord de guitare lui rappelait ses oncles, chaque note de piano ses leçons avec le marquis. Elle aurait adoré passer le reste de la semaine à écouter la totalité des morceaux enregistrés sur le mp3, mais elle avait le sentiment qu'elle se serait évanouie au bout de deux ou trois. Petite nature...
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Dim 11 Mar - 19:49

Dès qu'elle avait lancé la chanson, elle avait fermé les yeux et s'était mise à sourire. Il la regardait du coin de l'oeil pendant qu'elle écoutait la musique, immobile, sa respiration calme. Il se demanda un instant si elle ne s'était pas endormie. Mais aussi vite, ça aurait été bizarre. Il la regarda quand même. Elle avait l'air paisible pour une fois.

La chanson terminée, elle retira le casque de ses oreilles et lui rendit en le remerciant. Elle eut un sourire, un peu timide, un peu forcé, mais elle avait l'air sincère. Elle se tenait bizarrement, comme si elle avait eu un vertige. En tout cas c'est l'impression qu'il avait eue. Il se trompait peut-être.


"De rien. Ca t'a plu ?"

C'était la musique qui lui faisait cet effet, qui lui donnait le tournis ? Enfin, il avait pu se tromper, ça n'était rien de précis, un léger mouvement, un flou dans le regard. Mais il ne pouvait s'empêcher de la surveiller pour s'assurer qu'elle n'allait pas tomber, perdre connaissance. Ca serait une mauvaise idée, d'autant qu'il ne serait pas capable de la trimballer jusqu'à l'infirmerie. Maigre comme elle était, elle ne devait pas être bien lourde, mais il n'avait grosso modo qu'un bras utilisable.

Il rangea finalement son mp3 dans sa poche, à nouveau (dans la poche droite, de la main droite) et remit le casque autour de son cou. Il écoutait toujours la musique fort, et ce genre de casque avait l'intention à rendre très audible aux gens autour ce qu'il diffusait, alors il avait entendu la musique en même temps qu'elle. Ca lui faisait bizarre d'entendre ce que quelqu'un d'autre écoutait.

Il s'appuya à la barrière, le regard toujours dirigé vers Cassandre dont le malaise n'avait pas l'air trop important. Cela lui avait fait plaisir qu'elle lui parle, qu'elle le laisse un peu entrer dans son monde. Il l'avait fait un peu, avec sa musique, mais ça n'était pas suffisant. Elle avait toujours un peu l'air fatigué, il devrait peut-être la laisser dormir. Mais il n'en avait pas spécialement envie, il avait plutôt envie de parler. Il ne savait pas si elle le voulait, alors il voulait lui laisser le choix. Il hésita un peu, cela dit.


"Tu dois te demander pourquoi je suis là. Tu veux le savoir ?"

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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Dim 11 Mar - 23:19

« De rien. Ca t'a plu ? »

« Oui, oui. »

Il avait bien choisi. Elle se demandait si toutes les chansons qu'il avait enregistrées dans son mp3 ressemblaient à celle-là. Sans doute pas, évidemment. Peut-être qu'elle aurait l'occasion de les écouter.

Elle laissa son regard vagabonder pendant qu'il rangeait l'appareil dans sa poche. Son visage avait repris l'expression de tristesse qu'il arborait le plus souvent, comme il le faisait la plupart du temps quand elle était plongée dans ses pensées. La musique se jouait encore et encore dans son esprit. Elle l'avait écoutée une seule fois mais la connaissait déjà presque par cœur, comme si son cerveau avait été une éponge asséchée qui aspirait le peu de musique qu'elle trouvait sur son chemin jusqu'à la dernière goutte. Elle aurait bien aimé apprendre les paroles pour pouvoir la chanter. Comme elle ne se débrouillait pas parfaitement en anglais, beaucoup lui avaient échappé. C'était exactement le genre de chanson sur laquelle elle aurait aimé pouvoir danser et chanter en même temps. Mais vu l'état de son corps après ces quelques semaines sur l'île, même si elle n'avait rien à voir avec une danseuse professionnelle et n'avait pas vraiment besoin d'entretenir ses capacités, elle était probablement incapable de faire bonne figure. Elle tomberait au bout de quelques dizaines de secondes. Elle se ferait mal. Il valait mieux se contenter du chant, pour l'instant en tous cas. Dommage...

Joanny la regardait, plus ou moins distraitement. Elle tourna la tête vers lui quand il se jeta à l'eau et prit la parole :

« Tu dois te demander pourquoi je suis là. Tu veux le savoir ? »

Elle resta incrédule un moment. A part les naufragés qui étaient fiers de ne pas faire partie de la bande de fous qui habitaient le pensionnat, et quelques pensionnaires parmi les plus dangereux qui au contraire adoraient narrer leurs exploits, la plupart des habitants de l'île devaient se faire prier avant de raconter leur histoire, ce que Cassandre répugnait à faire. Elle surmonta néanmoins sa surprise.

« D'accord... Mais tu n'es pas obligé tu sais ? »
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MessageSujet: Re: Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]   Lun 12 Mar - 0:26

"D'accord" ? Pourquoi disait-elle d'accord ? Il ne lui demandait pas si elle était d'accord pour qu'elle lui dise, ça donnait l'impression qu'il voulait s'épancher et qu'elle était d'accord pour l'écouter. Ce n'était pas ça du tout, il n'avait pas envie de le dire. Il lui demandait juste si elle voulait le savoir. Sinon il aurait évité avec plaisir, il n'y tenait pas. Bon, après tout, c'était lui qui lui avait proposé, autant assumer... Mais le "Tu n'es pas obligé, tu sais" qu'elle ajouta le fit encore plus hésiter, et regretter d'avoir dit cela.
Il n'avait pas du tout envie d'en parler, en fait. En fait il ne savait pas pourquoi il avait dit cela. Envie de donner une marque de confiance, sûrement. Mais pourquoi ça en particulier ? C'était stupide. En même temps, quoi d'autre ? Ca faisait partie de ce qu'il y avait de plus personnel chez lui, même si ça l'était toujours moins que... le reste, ce à quoi il n'avait même pas envie de repenser. Il y avait trop de choses auxquelles il ne voulait pas repenser. Rien que de reparler de ça, c'était un peu trop proche. Mais il n'allait pas se dégonfler maintenant. Son visage s'était assombri, mais il hocha la tête en réponse.


"Je sais."

Comment le formuler maintenant ? Comment le tourner pour dire ce qu'il fallait, sans trop en dire, mais quand même en en disant assez pour ne pas donner prise à de nouvelles questions auxquelles il ne voudrait pas répondre ? A la réflexion, ce n'était peut-être pas une mauvaise idée. Au moins elle saurait ça et elle ne poserait pas de questions ensuite. Mais elle n'avait pas l'air partie pour poser des questions, de toute façon. Mais elle aurait sûrement fini par le faire... Comme ça, il avait pris les devants, et il pourrait ne dire que ce qu'il voulait.
Sans s'en rendre compte, machinalement, comme souvent, pendant sa réflexion, il avait approché sa main droite de la gauche, glissé la main dans sa manche et commencé à triturer sa cicatrice. La douleur était un peu plus forte que d'habitude, mais l'esprit ailleurs, il ne le remarquait pas. Il hésita un peu, le temps de chercher ses mots.


"J'ai tué un type... de façon assez sale." Pas trop de précisions, mais suffisamment pour expliquer qu'on l'ait envoyé ici. "Mais j'avais une bonne raison... Il avait fait tuer... quelqu'un à qui je tenais."

Ne pas en dire trop, ne pas en dire trop. Il avait l'impression d'en avoir dit assez, mais en tout cas, c'était trop tard, son esprit était reparti ailleurs, et sa main droite tirait doucement sur les points de suture qui étaient à moitié partis et que l'infirmier allait sûrement souvent devoir refaire s'il continuait comme ça. La douleur le ramena à la réalité. Cette habitude n'était pas si mauvaise après tout. Comme s'il s'était brûlé sa main droite s'écarta de la gauche. Il se fustigea mentalement, c'était pas discret du tout. Elle allait se poser encore plus de questions comme ça. Il ne voulait pas qu'elle sache. Pas ça. Pas comment ça s'était passé. Il ne voulait pas y penser. Mais en pensant ça il y pensait. C'était un cercle vicieux. Il aurait aimé lui demander ce qu'elle elle faisait là pour penser à autre chose. Mais il ne voulait pas lui demander. Elle ne voulait sûrement pas en parler. Il fallait qu'il pense à autre chose. D'ordinaire il sortait la musique dans ces moments, à fond, pour se vider la tête. Mais là il ne pouvait pas. Pas devant Cassandre. Il regarda autour de lui, un fond de détresse dans le regard, pour chercher une échappatoire. Quelque chose de quoi parler ou à quoi penser. Mais il n'y avait rien ici à part Cassandre. Il se mit donc à observer les mains de Cassandre. Pourquoi ça, il n'en savait rien, mais son regard était tombé dessus alors pourquoi pas.
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Du ciel, un peu de ciel. [Cassandre]
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