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 ♦ Je ne me laisserais pas envahir sans rien faire. ♦

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Deborah Feretti
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Prison of anguish
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MessageSujet: ♦ Je ne me laisserais pas envahir sans rien faire. ♦   Mer 26 Sep - 16:27

Je ne me laisserais pas envahir sans rien faire.
Aaron L. Spencer


Anguish...

Un endroit de rêve où tous ces habitants sont comme moi, des fanas du sang, de la mort, des os.
Du morbide en générale, des choses qui effrayent et dégoutent les gens dis « normaux ».
Le paradis sur terre pour nous, adorateurs de la Mort Violente et de ce qui se déroule avant.

J'ai toujours rêvé d'être à ma place, entourée d'amis, de gens qui me comprennent et pensent comme moi. Mais à vrai dire je n'en ai jamais vraiment eu, je n'ai jamais vraiment recherché leur compagnie et eux n'ont jamais cherché la mienne. J'étais trop différente, je leur faisais peur. J'étais toujours habillée en noir, je parlais peu, n'étais pas très féminine, portant des habits plutôt larges qui cachaient mes formes de jeune femme. D'adolescente. Et lorsque je mettais des shorts, des jupes ou des robes qui les dévoilaient – car je mets certaines robes, sans froufrous, sans trucs de ce genre, des trucs gothiques et sombres avec des chaines et des clous – je me sentais gênée par le regard des autres, je ne savais plus quoi faire pour qu'ils m'oublient, soudain j'étais intéressante... Maman et papa me disaient que j'étais belle, je ne les avais jamais cru. Je ne pensais pas que je pouvais être autre chose que « l'enfant ratée aux pensées horribles et étranges ». Alors pensez-vous, dès que j'ai découvert l'existence de ce lieu, Anguish, j'ai sauté sur l'occasion de partir, de cesser de faire du mal à mes parents, et à moi-même, d'aller dans un lieu où je serais à ma place.

Dieu sait que je me suis trompée.
Moi qui n'était pas croyante, qui ne tenait pas de journal, qui n'était pas sensible je n'ai pas tenu trois jours dans mes illusions !

Anguish est la mal incarné. Ses pensionnaires sont fous. Je croyais découvrir un culte du macabre, je découvre ceux qui en sont les auteurs ! Je croyais me faire des amis, je me suis fais des tortionnaires, je croyais qu'ils me comprendrais et c'est moi qui ne les comprends pas ! Je ne sais plus qui je suis, je ne sais pas où je suis et comment m'enfuir. Je erre dans l'île, évitant tout le monde, pleurant ma détresse, ma rage, ma déception et ma haine. Je me défoule contre les arbres, contre ceux qui veulent me tuer mais qui ne sont pas assez forts. J'ai toujours aimé les arts martiaux. Je suis ceinture noire dans plusieurs catégories et mettre K-O des hommes fous ne me posent aucun soucis. Le soucis c'est de réaliser que c'est réel, que je ne rêve pas les yeux ouverts. Pour le moment je n'ai jamais étais assez en danger pour dégainer que ce soit mon épée ou mon poignard – et oui je suis une adoratrice de la faucheuse alors j'ai des instruments qui peuvent l'y aider !

Mes parents ne m'ont jamais comprise mais ils ne m'ont jamais empêchée de faire ce qui me plaisait, dans la vie sportive comme dans la mienne. En un certain sens même s'ils étaient horrifiés devant moi ils m'aimaient et savaient que je le leur rendais bien.

Ma vie a été des plus mouvementée, mais je n'aurais jamais cru finir dans une prison, surtout celle là.
Surtout en y étant entrée de plein gré la fleur aux lèvres.

Rapide et vive je me ramasse et bondis. En hauteur. J'attrape des deux mains une branche et dans un mouvement de balancier je me retrouve les deux pieds sur la branche, mes mains posées à plats sur celle-ci. Je me redresse, en équilibre, comme une funambule je vais au tronc de l'arbre millénaire et le gravis. Vingt mètres plus haut je suis arrivée à destination. Personne ne pensera à me chercher ici si jamais quelqu'un me cherche. J'accroche mon sabre au dessus de mon hamac que j'ai pendu entre deux branches et je m'installe confortablement dans celui-ci. Ici c'est chez moi, je parcours du regard ma « maison » heureuse de constater que rien n'a changé et que le « toit » est intact. Il est fait d'une bâche épaisse et résistante en plastique transparent recouvert d'un filet de camouflage militaire. J'ai tendu le tout à l'extrême entre les branches et ils recouvrent la plus grande partie de l'arbre mais ce qui est génial c'est que j'ai réussi l'exploit qu'il n'y ai aucun creux ainsi l'eau de pluie ne risquent pas de s'accumuler et de déchirer mon toit. Autant l'avouer tout de suite je suis très fière de moi. Déjà voler tout ce qu'il me fallait pour construire tout ça au nez et à la barbe des surveillants, m'enfuir avec, tout cacher quelque part puis tout construire en hauteur en un temps records. Faire une table avec des planches, la clouer à l'arbre, trouver des lampes, des cahiers, des carnets de croquis etc, il m'en a fallut du temps pour tout réunir, mais ça fait maintenant trois mois que je vis dedans et que j'y suis chez moi dans la forêt.

J'y ai toujours été à mon aise dedans. Enfant mes parents et moi on allait balader dans la forêt et j'étais toujours devant, sur les côtés, dans les sous-bois, jamais sur le chemin de randonnée. Je préférais être là où il faut se baisser, sauter, grimper. Et ce qui les a toujours stupéfait c'était que je ne faisais jamais de bruit. Je n'ai jamais fais bruisser une feuille sur mon passage...

« ... »


Mince. Il y a quelqu'un. Qui est-ce ? La peur me reprend, ainsi que la colère. Je ne vais pas laisser quelqu'un trouver ma cachette ou seulement l'approcher. Je me dresse à côté du tronc, sombre et calme. Je lâche la branche et saute dans le vide, me rattrape à la dernière minute à une autre branche et je descend comme ça, un peu en chute libre. Silencieuse, mortelle dans ma précision. Arrivée en bas je vois un jeune homme, de ma taille a peu près, je ne le vois pas très bien. Tout ce que je sais c'est qu'il a des cheveux bruns et bouclés. Mais que, surtout, il est chez moi, sur mon territoire. J'atterris souplement derrière un buisson et faisant du bruit pour attirer son attention je me fais pataude et pars en courant en priant pour qu'il me suive, pour qu'il ne pleuve pas, pour qu'il n'ai pas d'arme à feu.
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Aaron L. Spencer
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MessageSujet: Re: ♦ Je ne me laisserais pas envahir sans rien faire. ♦   Jeu 27 Sep - 22:22

Trou noir. Aaron ouvrit laborieusement les yeux, l'endroit lui était inconnu. Totalement inconnu. Ce n'était pas sa chambre. Ce n'était pas le château. Il était dehors, dans un endroit inconnu. Comment était-il arrivé là ? Il était là, allongé par terre, impuissant, ignorant. Combien de temps qu'il était là ? Combien de temps qu'il avait perdu conscience des choses, des êtres, de l'environnement, d'être lui-même ? Sale et frigorifié. La peur lui prit la gorge. Perdu. Il était complètement perdu. Il sentait la terre humide sous sa tête, sous son ventre. Il sentait l'humidité lui mordre la peau, les os, les muscles. Le froid qui lui rongeait le corps, qui s'infiltrait en lui sournoisement, insidieusement et qui l'attrapait tout entier, l'enlaçant de ses deux bras de glace. Aaron ouvrit la bouche pour happer un peu plus d'air. Étouffer. Il allait s'étouffer. Cela devait faire un bout de temps qu'il gisait là, inerte. Sans doute avait-il couru un moment, effréné, effrayé, avant de perdre le fil, de perdre haleine, de perdre pied et de s'écrouler, là, abruti, abêti, vidé. Il venait de revenir dans son corps comme un réfugié revient au pays. Réapparition impromptue. Imprévue. Importune. Imbécile. Il voulait reprendre possession d'un corps qui l'avait oublié, renié. Il faisait des pieds et des mains pour rasseoir son règne sur une entité qui avançait mieux sans lui. Il sentait, tout au fond de son ventre, de violents spasmes de rejet, comme s'il voulait vomir le revenant, l'expatrier, l'expulser. A jamais. On ne voulait pas de lui ici. On n'en voulait plus. Lui, le fardeau, le boulet. Il était la bride contraignante du cheval sauvage, il était une limite, un interdit. Il représentait l'interdit et la contrainte, le refus et l'abstention. Aaron était pétri de règle et de morale. Il était la camisole, les entraves. On ne voulait plus de ces entraves. Un flot inarrêtable de colère et de vengeance. Ce qui s'apparentait le plus à la liberté pure. Pourquoi fallait-il qu'il revienne ? Lloyd avait imposé sa victoire et trônait là, fièrement depuis... Combien de temps déjà ?

Face contre terre, Aaron voulut relever la tête, prendre appui au sol et s'asseoir, se redresser, se mettre debout. Impossible. Il s'en trouvait tout incapable, comme s'il n'arrivait pas à utiliser ses muscles ou qu'ils se dérobaient à son autorité. Malgré ses efforts, rien ne bougeait. Il avait l'impression d'être prisonnier d'un bloc de pierre. Statufié. Pourquoi ? Une litanie de pourquoi lui vrilla le crâne. Les questions s'hurlaient, se heurtaient à des murs d'incompréhension et de néant et rebondissaient violemment dans sa tête. Il voulait pleurer. Peut-être que Lloyd avait raison, tout allait mieux sans lui. Comment repartir ? Il n'était pas là par choix. Certainement pas. Comment pouvait-on en arriver à se battre pour son corps ? C'était absurde, surréaliste. Aaron se sentait faible, épuisé. Il ressentait la douleur que son corps refusait d'accepter, le sommeil qu'il ne parvenait à trouver, l'agitation incessante dont il était victime. Tous les maux lui tombaient sur les épaules, et il était cloué au sol. Lloyd, décontenancé, avait battu en retraite, comme si, lui aussi, venait de revenir à la réalité. Il grognait et aboyait un peu, mais il était tout autant indécis. Où était-il ? Lui-même ne se souvenait plus d'être venu ici. Automatisme. Pour quelques heures, quelques jours, quelques semaines peut-être était-il devenu un androïde, machine incontrôlée et incapable de penser ? Peut-être. L'automate avait dû se croire poursuivi, persécuté par dieu seul sait quel démon du fond de son crâne et il avait couru avant de se trouver là, ramené à la raison à cause du choc.

Après de nombreux efforts, il réussit à s'asseoir et à poser son dos contre un tronc d'arbre. Il était gelé et harassé. La soirée commençait à poindre, l'air fraîchissait un peu. Et lui était dans la forêt. Il devait rentrer, il fallait qu'il rentre. S'ils venaient le chercher, s'ils venaient le chercher, ils lui feraient du mal. Il avait encore le temps, mais il était absolument perdu. Il n'était jamais venu dans la forêt, et il ne savait pas comment en sortir. Une fois debout, il commença à errer au gré de chemins hasardeux et de suppositions malhabiles. "Toujours aller à droite" disaient certains. Pourtant, dans sa fatigue et son irrationalisme, il ne trouvait rien de mieux à faire que d'alterner. Bientôt il n'y eut même plus de chemin. Ses vêtements détrempés lui collaient au corps, il avait maladroitement essuyé la boue de son visage mais il en restait des traces. Il semblait pâle, maigre et totalement déboussolé. Comme un chien qui perdrait subitement la vue sans personne pour le guider. Comme on jette un enfant dans un monde qu'il ne connait pas avec un "bon courage" et un signe de la main. Comme s'il venait de mettre les pieds ici. Comme s'il venait de naître, et qu'on lui demandait de courir. Pourtant cela faisait un certain temps déjà qu'il arpentait les couloirs du château en long et en large. Mais voilà, il évitait religieusement la forêt, effrayé par des perspectives terribles comme celle de se faire dévorer par un animal ou torturer par on ne sait quel tortionnaire planqué sous un buisson. Et voilà qu'il se trouvait en plein coeur de ses frayeurs.

Mouvement. Alors qu'il déambulait, un bruit derrière lui le fit sursauter. Il fit volte-face d'un bond, juste à temps pour voir une silhouette, qui ne ressemblait pas à l'idée qu'il s'était faite d'un tortionnaire, lui filer entre les doigts. Et aussitôt, avant de penser à une quelconque menace, il se dit que cette personne pouvait l'aider. Il était d'un optimisme à toute épreuve, voyez-vous, et malgré toutes les tortures subies, il parvenait encore à croire en une volonté naturelle d'aider son prochain. Pourquoi cette silhouette atterrissait derrière lui avant de s'enfuir alors qu'elle aurait tranquillement pu rester en haut ? Il ne se le demandait pas. Il ne pouvait pas se le demander. Alors il a appelé:

- S'il te plaît ! Attends, attends une minute !

Soit elle ne l'avait pas entendu, soit elle avait décidé de l'ignorer, toujours est-il qu'elle continua sa fuite qui semblait plutôt maladroite. Déterminé à lui demander son aide, il commença à la suivre. Plus loin, il éleva la voix et demanda:

- S'il te plaît! Arrête-toi ! Je veux juste savoir comment sortir de là !

S'il y avait bien une chose qu'il n'avait pas apprise, c'était à avoir de la retenue et de la méfiance envers les autres. Pour lui, tous étaient de parfaits samaritains aux histoires et aux passés difficiles qui faisaient ça par défense plus que par méchanceté. Trottinant derrière la silhouette, il tentait de la rattraper. Mais comme il était aussi très peu sûr de lui, il abandonna vite et fit demi-tour. Ne pas tourner le dos à un potentiel ennemi ne faisait pas non plus partie de ses nouveaux réflexes. Pauvre idiot ! Et si ton gentil guide touristique décidait de te poignarder dans le dos, tu ferais quoi ?! Il ne ferait rien, il se contenterait sûrement d'en mourir, et ce serait déjà pas mal et beaucoup lui demander.

- Merci quand même ! lança-t-il un peu tristement.

Lassé, il se posa contre un arbre et se laissa glisser jusqu'au pied de ce dernier, fermant les yeux pour ne pas craquer. Il n'était pas fort. Il n'était qu'un pantin, un enfant, un bout de chiffon usagé pour torcher la merde du monde. A cet instant, il ne se sentait même pas un être vivant capable de ressentir. Il se sentait moins qu'un arbre, qu'une goutte de pluie. Posant l'arrière de sa tête contre l'écorce, il en oubliait totalement la silhouette fugitive qu'il avait vainement et vaguement poursuivie dans l'espoir d'un peu d'aide. Finalement, il aurait bien voulu continuer dans cet état de non-être, de néant, de chaos.
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Deborah Feretti
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MessageSujet: Re: ♦ Je ne me laisserais pas envahir sans rien faire. ♦   Sam 29 Sep - 20:41

 Mais qu'est-ce que tu fais Deborah nom d'un chien ?
Tu déconnes grave là ! 
Aaron L. Spencer


Du bruit, il y avait un intrus chez moi.
Dans ma forêt. Dans mon territoire. Dans mon abris.
Je n'allais pas me laisser faire. Je n'allais pas laisser passer ça.
Je n'allais pas laisser quelqu'un briser ma paix relative et si difficilement construite.

De la fureur plein les prunelles je descends en une chute libre plus ou moins contrôlée. Un instant figée dans les branches je regarde celui qui s'est imprudemment aventuré dans ma vie, dans mon antre. Je suis une louve, une louve qui n'aime pas être acculée dans son terrier. Mais je ne peux pas attaquer. Je ne sais rien de lui, je ne sais pas à quel point il peut être dangereux ou non. Je ne veux pas prendre le risque. Je ne veux pas mourir ou être bêtement obligée de le tuer. Je préfère atterrir souplement sur le sol, derrière lui, dans un buisson et faire du bruit. Il fit volte-face d'un bond, rapide l'asticot ! Et faisant de même je bondis, pataude, maladroite pour lui faire croire que je ne suis pas une menace, je n'ai gardé que mon poignard. Une épée se verrait trop et je veux qu'il me croit inoffensive juste au cas où il serait plus rapide que moi et qu'il essayerait de me descendre.

« S'il te plaît ! Attends, attends une minute ! »


Pardon ? Un tueur poli, je manque de m'arrêter puis mon esprit tortueux me fait remarquer que c'est surement un piège. Je ne m'arrête pas, ne réfléchit pas même si je trouve vraiment, mais vraiment très très bizarre qu'un dangereux tueur soit poli et même si j'ai quelque doutes quant à la dangerosité du gars qui me poursuit je continus. On ne sait jamais et ces jours passés à Anguish m'ont appris de ne jamais faire confiance. De toujours aller de l'avant en me laissant jamais de prise, d'ouverture. Ne jamais se montrer vulnérable ou on est foutu. Ou ils me tomberaient tous dessus pour me tuer, de préférence dans d'horribles souffrances. Il faut ne jamais se laisser faire et répliquer par la violence, ils ne connaissent que ça, ne respectent que ça. La Loi du plus Fort.

Angoissée je regarde au delà des frondaisons les nuages noirs qui s'amoncellent. Il va pleuvoir à verse cette nuit. J'espère que mon abris tiendra, sinon il faudra que j'aille dans la grotte...se qui est beaucoup moins dans mes gouts. Je ne l'ai pas encore aménagée à ma convenance. Mais enfin bon, c'est ma vie maintenant,vivre au jour le jour, ne pas penser au futur, se contenter de vivre. Ou plutôt de survivre dans un univers qui chercher à nous détruire. A me détruire. Je n'arrive pas à croire que j'ai pus autant me tromper à propos d'Anguish...

Je me re-concentre sur l'instant présent, à près tout j'ai peut-être un assoiffé de sang sur les talons car il me suit, oh oui il me suit. Difficilement, je l'entends haleter. Déjà ? Je suis surprise, il n'a pas beaucoup d'endurance l'asticot... Il élève alors la voix une seconde fois pour m'implorer d'une voix qui me fait frémir...

« S'il te plaît! Arrête-toi ! Je veux juste savoir comment sortir de là ! »


Sortir de la forêt ou de l'île ? Plutôt de la forêt je dirais mais je ne m'arrête pas pour autant. Me contentant de bifurquer en espérant qu'il continu à me suivre car c'est déjà ce que je suis en train de faire. L'emmener hors de la forêt. Je ralentis. Si je continus de courir à ce rythme je le perdrais. Car si ce rythme ne me fatigue pas lui oui. Car si ce n'est qu'un rythme de croisière pour moi pas pour lui. Je dirais même que c'est tout le contraire. Il n'a aucune endurance.

Il me suivit encore une ou deux minutes et il abandonna.
Immobile il reprit lentement son souffle.
Mais il ne reprit pas sa course.
Crotte.

Je m'arrête de courir, me dissimule et le vois, maladroit et hésitant regarder dans la direction où j'ai disparu. Soit cinq mètres à ma gauche. Je bouge avec facilité dans la forêt mais aussi avec silence. Je ne fais pas craquer les branches mortes ou bruisser les feuilles sauf lorsque je le veux. C'est un don. C'est mon don. Il lève la tête et je détaille ses traits fins, ses grands yeux et ses cheveux bouclés. Il est mignon. Mais ce qui me frappe c'est la candeur que dégage son regard. D'ailleurs il lance tristement au vide :

« Merci quand même ! »


Merci de quoi ? Tu es toujours dans la forêt, tu es terrorisé et en plus trempé. Je ne t'ai pas aidé. Je n'ai fait que te fatiguer et te faire courir. Il fit demi-tour, et se posa contre un arbre. Se laissant glisser jusqu'au pied de ce dernier fermant les yeux. Je me sentis coupable. Je me sentis mal. Je me glissais jusqu'à lui et sans bruit me dressa devant lui. Je vis qu'il avait plusieurs coupures à différents endroits. Si on ne faisait rien ça allait s'infecter. Je partis sans avoir fait craquer une seul branche dans les sous-bois pour trouver des plantes. Je trouvais des feuilles assez large à l'aspect duveteux pour nettoyer sommairement ses plaies. Je trouvais également du millepertuis qui une fois infusé pendant environ trois minutes serait versé sur les plaies pour les désinfecter. Satisfaite je retournais auprès du jeune homme toujours à la même place.

Je me penchais vers lui et remis avec douceur une de ses mèches derrière son oreille. Il ouvrit brusquement les yeux et j'eus un choc. Dans ses yeux il y avait différentes nuances de verts. Sur les contours du vert sombre, puis du vert émeraude, du vert printanier, comme les jeunes pousses et enfin, au centre un vert glacé. Glacial. Je vois dans son regard à la fois une grande candeur mais aussi un grande folie. Et plus je le regarde et plus quelque chose s'impose à moi. Il est bipolaire. Il a deux personnalité. Avec douceur je lui dis :

« Restez calme, tous les deux. Je ne vous ferez pas de mal. Mais la nuit va tomber et les autres vont sortir. Suivez moi. »


J'eus envi de lui tendre la main pour l'aider à se redresser mais je n'en fis rien. Je me méfiais et à juste titre. Je partis droit devant moi sans vérifier s'il me suivait ou pas. Je ne savais pas si je devais l'emmener ou pas chez moi mais j'optais finalement pour le perdre un peu et lui bander les yeux avant d'arriver chez moi. Je lui dis :

« Je ne vous fais pas confiance mais je peux pas vous laissez comme ça. Je dois donc vous bander les yeux pour vous menez chez moi sans que vous puissiez voir où nous allons. Okey ? »

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Aaron L. Spencer
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MessageSujet: Re: ♦ Je ne me laisserais pas envahir sans rien faire. ♦   Jeu 18 Oct - 13:46

Courir. Il courait vaguement et vainement derrière une aide qui ne faisait que le repousser, le pousser plus loin encore dans la forêt, usant ses forces et ses espoirs. Voilà ce qu'il se disait, Lloyd, alors que sa salive n'était plus qu'une longue traînée d'acide qui dégringolait douloureusement au fond de son ventre. Il faut s'arrêter, s'arrêter, et si elle revient, lui faire payer, payer! Voilà ce qu'il se dit, Lloyd, alors qu'il sent son coeur battre violemment juste derrière ses yeux. Combien de temps qu'ils avaient abandonné ce corps ? Longtemps, trop longtemps. Et s'il lui était arrivé de se débrouiller plus ou moins en endurance, ces quelques semaines de présumé jeûne et de sommeil manqué avaient achevé de le transformer en fantôme cadavérique déjà chancelant à l'arrêt. Il sentait ses poumons siffler bruyamment. La colère montait en même temps que les espoirs d'Aaron s'évaporaient dans le lointain. Et Lloyd de revenir à la charge, comme un chien enragé vient mordre la main qui l'a battu, vociférant ses méchancetés à qui voudrait bien les entendre, sifflant son venin aux oreilles d'Aaron qui, déboussolé, épuisé, désespéré, poursuivait maladroitement une course qu'il ne pouvait pas gagner, une course qui achevait de l'affaiblir, qui l’entraînait dans les tréfonds de la forêt, parce qu'il n'était pas assez naïf pour croire que la fuyarde le conduisait gentiment vers le pensionnat.

Après l'avoir implorée une seconde fois en vain, l'idée d'abandon grandit rapidement dans son esprit. La sueur froide qui lui dégoulinait dans le dos finissait de le détremper, sa respiration sifflante lui irritait les poumons chaque fois qu'il tentait de la reprendre, ses jambes tremblaient si fort qu'il n'était pas sûr d'en avoir encore le contrôle. Une fois de plus, on l'abandonnait à son sort. Lui qui était constamment au bord du gouffre, voilà qu'on l'aidait à faire un grand pas en avant.

Son bourreau piteusement remercié, voilà qu'il s'écroulait vaguement au pied d'un arbre, ne sachant pas s'il aurait la force de se relever un jour. La force mentale. Autant l'espoir lui gonflait toujours le coeur, autant aujourd'hui il l'avait senti s'effilocher, comme un tissu de soie, et s'évaporer dans le vent. Pourquoi se relever ? Il ne trouverait jamais la sortie. Pourquoi trouver la sortie ? Ca n'amènerait que de nouveaux jours d'errance. Et Lloyd hurlait à la mort du traître, hurlait à sa souveraineté, crachait ses insultes au nez d'Aaron dont le visage se crispait un peu plus sous la douleur. Je vous condamne à être pendu par le cou jusqu'à ce que mort s'en suive ! Et il éclatait de son rire perçant et gras. Puis Aaron rêvait d'une douche chaude, rêvait de sa douce mère restée chez elle, libérée du fardeau, du fléau qui s'était abattu sur elle des années plus tôt. Mais ce fléau lui avait déjà arraché son étoile, son soleil, et elle ne pourrait jamais retrouver pleinement le sourire, pas vrai ? Tant mieux. Lloyd avait sans doute raison, pour une fois. Aaron se sentait l'envie qu'elle le berce, qu'elle panse ses plaies, qu'elle le réchauffe et qu'elle lui dise que tout allait bien. Voilà qui rendait Lloyd fou, au fond de son terrier. Il l'entendait frémir, rugir, grogner. Parfois, il se disait que Lloyd était un animal sauvage qu'il n'arrivait pas à dominer, plus qu'un être humain doué de raison et mentalement plus puissant. Il passait une grande partie de son temps à ronger les os douloureux du passé, à aboyer après les inconnus, à mordre quiconque empiéterait sur son territoire, à se terrer dès qu'il avait peur. Il gesticulait dans le vide, essayant de faire pencher la balance de son côté, et comme Aaron était trop faible, cela fonctionnait à chaque fois. Il avait presque réussi à le laisser mourir, mais il l'aimait malgré tout. Alors plutôt que de le laisser disparaître, détruit par les tortures, il l'avait exilé le plus loin possible. Mais il était de retour, et il perdait espoir.

Contact. Des doigts qui glissent dans ses cheveux et en remettent une mèche. Il ouvrit les yeux dans un sursaut et se cogna légèrement la tête contre l'arbre où il était appuyé. Voilà qu'une jeune fille se tenait devant lui, et il devinait sans peine que c'était celle qui venait de l'égarer. Lloyd se jeta contre le mur le plus proche, lui hurlant de toutes ses forces de l'attaquer, de ne pas laisser son venin lui atteindre le cerveau, de ne pas se laisser berner par cette traîtresse qui voulait l'attirer dans un piège, mais il suffisait d'une minuscule braise pour que la flamme de l'espoir renaisse de ses cendres, et voilà qu'Aaron, bien qu'absolument immobile, sentait son coeur s'emballer sous l'effet de la joie et de l'énergie retrouvées. Ses grands yeux verts fixés sur le visage de la jeune fille qui lui faisait face. Comment était-elle arrivée là sans qu'il la remarque, il ne se le demandait même pas, alors que son double lui hurlait que ce n'était pas normal.

Tous les deux ? La panique manqua de le gagner lorsqu'il imagina une grande silhouette menaçante planquée derrière un arbre, juste prête à lui sauter à la gorge, mais à l'évidence elle ne regardait que lui. Léger froncement de sourcils, mais il laissa rapidement l'idée de côté. Le loup s'affolait dans sa cage, il ne voulait pas qu'Aaron retrouve des forces, il ne voulait pas risquer que ce soit effectivement un piège. Ils avaient besoin de temps pour reconstruire ce que Lloyd avait mis toute son énergie à détruire. Je ne vous ferais pas de mal, la nuit, les autres. La suivre ? Il ne voulait pas la suivre, il voulait rentrer chez lui, sur sa paillasse, se recroqueviller dans un coin pour ne plus jamais en bouger. Malgré tout, il fit l'effort de se relever, restant précautionneusement appuyé contre son arbre, le temps de recouvrer un équilibre et de s'assurer une certaine stabilité. La jeune fille partit devant, sans se soucier de sa présence ou non. Les gens du coin avaient une facheuse tendance à lui faire sentir que s'il suivait, tant mieux, s'il ne suivait pas, tant pis. Qu'on le retrouverait très certainement plus tard, à demi-écrasé sur le bas-côté, mais pas mort encore, l'oeil suppliant, le corps décharné, dépouillé. Et on pourrait le regarder avec ce petit sourire narquois et lui susurrer un "Je te l'avais bien dit" avant de le jeter dans la fosse d'un coup de pied dans les côtes.

Cette idée sembla lui procurer une motivation suffisante puisqu'il se mit aussitôt à la suite de la jeune fille, qu'Aaron avait classé d'office du côté des gentils (il classait tout le monde de ce côté, de toute manière), tandis que Lloyd était campé sur ses positions et tentait de résister de toutes ses forces, en vain. Alors il se laissa faire, réticent, méfiant, haineux. Le visage d'Aaron, dans sa décomposition, était tiraillé entre une furieuse envie d'y croire et une colère sourde, qui lui grondait au fond du ventre, comme un tambour monté des profondeurs, qui menaçait de l'envahir et de le noyer sous la rage.

La deuxième phrase de sa guide le fit s'arrêter. Il était peut-être naïf, il n'était pas stupide pour autant. L'emmener chez elle ? Lui bander les yeux ? Tout ça semblait bien mystérieux et bien trop dangereux. Il avait, au cours de son errance, quand même écopé d'un minimum de bon sens qui lui disait de ne pas se jeter dans un piège lorsqu'il était si grossièrement posé. Le laisser comme ça ? Mais il ne demandait rien! Elle voulait l'achever, c'était certain ! Il fit quelques pas en arrière, mais il se rendait aussi à l'évidence, il était totalement perdu, et si elle ne le tuait pas, la forêt et ses bruits inquiétants finirait par le faire. Peut-être n'était-elle pas si mauvaise ? Peut-être sa seule intention était-elle de l'aider, vraiment ? Mais le doute grandissait dans son esprit, et il se trouvait perdu entre deux horizons incertains, quoi que tous les deux plutôt chargés de nuages: Soit il s'enfuyait et tentait de retrouver seul son chemin, ce qui allait le conduire vers une mort certaine et douloureuse, soit il la laissait l'emmener dans son piège, ce qui allait le conduire vers une mort certaine mais peut-être rapide. Il protesta tout de même faiblement, la voix légèrement étranglée:

- Ecoute, je veux pas... Je voudrais juste rentrer au château et... S'il te plait, je voudrais juste rentrer au château...

Il baissa la tête, tâchant de ne pas laisser les jappements effrayés de Lloyd lui parasiter le crâne. Il ferma les yeux quelques instants, soupira, passa ses mains boueuses sur son visage, inspira profondément et reprit, apparemment un peu plus confiant, un peu plus vindicatif, un peu plus énervé peut-être aussi:

- Bon, d'accord. Mais si tu veux me trancher, t'attends au moins que je puisse me défendre, c'est pas loyal sinon.

La pointe d'ironie était si légère qu'il n'était pas certain lui-même de plaisanter, comme son poing crispé le long de son corps, les éclairs de panique dans ses yeux et le léger tremblement de ses jambes pouvaient le confirmer. Il était malgré tout prêt à consentir à ce sacrifice aux vues des calculs qui lui accordaient plus de chances de survie s'il suivait aveuglément cette jeune fille dont il ne connaissait pas les intentions. Sombre idiot !
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Deborah Feretti
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Prison of anguish
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MessageSujet: Re: ♦ Je ne me laisserais pas envahir sans rien faire. ♦   Mer 14 Nov - 17:15

 J'ignore encore si mes choix sont les bons,
Mais ce sont les miens et je n'en changerais pas. 
Aaron L. Spencer


J'ignore depuis combien de temps je le fais courir, je sais juste que je dois l'éloigner de chez moi, protéger mon abri des indésirables. Il est pataud, il ne sait pas économiser son souffle, il inspire par la bouche et expire par le nez. C'est le contraire qu'il faudrait faire ! Alala ces jeunes d'aujourd'hui ne savent plus rien de ce qu'est le sport, le vrai sport ou tout simplement courir, faire un footing. Et l'endurance, qui aujourd'hui la privilégie ? Personne. Dans tous les cas lui ne l'est pas. J'entends sa respiration se faire sourde, un sifflement remonte le long de sa gorge. Un sentiment de pitié m’étreint mais je le refoule au fond de moi. Aussi bien si je ralentis je découvrirais que ce n'était qu'on piège et il en profitera pour essayer de me tuer, ou pire. Vous diriez que je suis paranoïaque et pessimiste, moi je dirais réaliste et prudente. Vous ne savez pas dans quel enfer je me suis fourrée. Anguis est un lieu de folie, de mort et de terreur. Et moi je sombre dans cet univers, je m'enfonce dans des pensées perverses, plus noires que jamais et qui me ressemblent si peu. Avant je n'aurais jamais envisagé la possibilité de tuer mon poursuivant, hors aujourd'hui je n'ai aucun mal à le faire. Je peux même imaginer comment. Ce serait si facile...il me suffirait de tourner brusquement à gauche, il y a une branche basse assez épaisse et l'arbre et assez touffu. Il me dissimulerait aisément. Il me suffirait d'arrêter de faire semblant, de reprendre mon pas souple et silencieux qui ne fait bruisser aucune feuille, il suffirait d'attendre qu'il passe, dégainer mon poignard, lui trancher la gorge et reculer d'une pirouette arrière hors de sa portée. Si facile...ou pas. Car je n'ai aucune certitude que celui qui me poursuit ne soit pas un serial killer. Je n'en sais rien, il pourrait être l’héritier de l’Éventreur. Et il pourrait m'éliminer. Mais je tiens à la vie, à ma vie. Je veux sortir d'ici, vivante, pas dans un cercueil si encore on nous renvois au dehors, ce qui n'est pas sûr, on peut très certainement nous enterrer là, seul comme au premier jour, sans personne pour nous pleurer si tant est que quelqu'un ait envie de nous pleurer ce qui pour la plupart des résidents de l'île n'est pas le cas.

Monstres. Ce mot éclot sur mes lèvres, vivant reflet du dégoût, du sentiment d'horreur qui étreint mon cœur à la pensée des abominations perpétrées ici bas. En Enfer. Pourtant je suis vivante non ? Alors pourquoi je me sens vide ? Pourquoi je n'ai plus envie de courir ? D'abandonner ? De me livrer à ces êtres qui ne méritent plus le nom d'hommes ? Qui ne sont que des bêtes dominées par leurs plus sombres et bas instinct. Ici c'est la lois du plus fort qui gagne, les plus faibles sont mangés. Parfois littéralement. Humains débridés, fantôme d'une humanité ici morte et enterrée, oubliée, envolée, comme les beaux jours.

Une énième imploration, une énième supplique. Je ferme les yeux, claquemurant ma pitié loin, très loin au fond de moi, avec une tonne de béton par dessus. Si je la laisse m'envahir je suis foutue. Il me faut être aussi impitoyable qu'eux. Sinon jamais je ne survivrais dans ce monde de fous, de dingues, de malades mentaux. Il faut jeter aux oubliettes tous tes sentiments positifs, être insensible et dure. Ne pas montrer ta souffrance, ton désespoir, ta terreur. Car dans ce cas là tu es mort. C'est pourquoi j'ai du mal à croire que celui qui me suit est à ce point idiot de se montrer :
1 – perdu,
2 – effrayé,
3 – naïf.
Ça me sidère, tout simplement, j'ai du mal à croire qu'il soit encore en vie. Et c'est pourquoi je me méfie fortement de lui. Il ne doit pas être si innocent, si peureux que ça.

Il s'arrête, sut. Me remercie, what ? Il est sérieux ? J'aurais très bien pu l'emmener au plus profond de la forêt pour le laisser crever là bas. Je n'en reviens pas, il est vraiment pas comme les autres. Qui est il ? Est-ce que c'est un piège ? Je n'en sais rien mais je l'entend se laisser tomber lourdement sur le sol spongieux. Je me dissimule d'un bond sur le côté du chemin, accroupie je me rapproche de l'endroit où il s'est arrêté et le voit adossé à un arbre. Il me fait de la peine, je n'y arrive pas, dès que je le vois, si perdu, ce sentiment me prend à la gorge et j'ai de plus en plus de mal à le refouler. Je n'y peux rien en fait. Il me fait penser à un enfant. A un enfant blessé. Et je ne peux pas abandonner un mioche. C'est au-dessus de mes forces. Il frissonne, a-t-il froid ? Sûrement. A-t-il peur ? Peut-être. A moins qu'il soit au point où on est au delà de la peur. Au point où on l'a dépassée, où on ne ressent plus rien qu'une grande lassitude. Ce point où l'on est si fatigués. Blessé, à moitié endormi. Je ne le quitte pas des yeux en m'avançant vers lui.

Je ne fais pas de bruit, a vrai dire je n'en fais jamais. La forêt est mon amie, elle est ma maison, mon habitat. C'est sûrement pourquoi, le pauvre, au contact de mes doigts remettant en place une mèche rebelle sursauta et se cogna légèrement la tête contre le vieux chêne. Je figeais mon mouvement, ne bougeant plus, fascinée par le vert bicolore de son regard et la double nature que j'y lisais. Il m'avait reconnue. Je vis un instant batailler dans ces iris la colère et l'espoir, finalement c'est ce dernier qui l'emporta, ouf. Tant mieux pour moi. Ou pour lui. Je lui adressais la parole et compris lorsqu'il manqua de se retourner pour vérifier s'il était bien seul qu'il ignorait que s'il n'était jamais seul...c'était dans sa tête. Il fronça légèrement des sourcils puis laissa couler mes mots. Je le laissais se redresser tout seul et puis quand il eut trouvé son équilibre je partis devant. Lui laissant le choix, me suivre, ou non.

Je le conduisais jusqu'à un certain point puis je m'arrêtais. Lui aussi mais pour sa part c'était à cause de ma phrase qui pouvait paraître pour le moins...étrange et dangereuse. Je vis dans ses yeux la peur, la méfiance mais toujours cette lueur d'espoir qui endiguait sa folie. Il fit quelques pas en arrière et je lus une terreur grandissante dans le vert profond de ses iris. Il me contra tout de même, d'une voix hésitante :

« Écoute, je veux pas... Je voudrais juste rentrer au château et... S'il te plaît, je voudrais juste rentrer au château... »

Je lui souris, espérant le rassurer, je ne lui voulais aucun mal. Sinon je ne me serais pas arrêter, je serais rentrée chez moi le laissant seul à la merci des fous qui sortent le soir venu. Il baissa la tête, pauvre petit garçon perdu, il ferma les yeux et se salit encore plus le visage si c'est possible en passant ses mains de pianiste pleine dessus. Il inspira profondément et parut plus confiant, plus vindicatif, un peu plus énervé.

« Bon, d'accord. Mais si tu veux me trancher, t'attends au moins que je puisse me défendre, c'est pas loyal sinon. »
« Je comprends que tu ne me fasses pas confiance, et tu as raison. Ici la méfiance est un des meilleurs moyens de survivre. Seulement rentrer au château alors que l'orage se prépare à exploser c'est une très mauvaise idée. Surtout que la nuit tombée les Autres sortent de leurs cachettes. »


Je hochais la tête approuver ses dires. Je comprenais parfaitement ce qui le poussait à me menacer de cette façon. C'est pourquoi, pour prouver que je ne lui voulais aucun mal je dégainais mon poignard, longue lame effilée et tranchante comme un rasoir. Seulement la pointe était tournée vers moi, la poignée vers lui.

« Prends. Comme ça on sera à armes égales. »

Je relevais mes manches, découvrant un bras fin, nu, tandis que l'autre tout aussi musclé que le premier était orné d'un étui d'un noir mat d'où un second poignard, identique au premier sortait. Je le comprenais parfaitement, je voyais bien son poing crispé contre on corps, je voyais bien à quel point il était près de la rupture, à quel point il risquait de craquer, de devenir fou et d'essayer de me tuer. Il tremblait, légèrement mais il tremblait. Je ne pouvais pas m'empêcher de le remarquer, à force de vivre ici j'avais appris à faire attention au plus infime détail. J'attendis patiemment sa réaction curieuse de savoir ce qu'il allait faire...
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