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 La Nymphe et son futur Fraternel

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Sasha Campfire
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MessageSujet: La Nymphe et son futur Fraternel    Jeu 30 Aoû - 22:47

Sasha soupira pour la dixième fois en écrasant continuellement l'abominable pomme de terre dans son assiette. Ça n'avait rien d’appétissant mais elle n'avait pas d'autre choix que de partager un repas, seule, au milieu des autres pensionnaires dans le réfectoire. Si elle était revenue à l'annexe, Dimitri, son frère aîné, n'aurait pas apprécié. Il fallait le comprendre... depuis qu'il avait vu le corps mort de leur frère, tué des propres mains de sa jeune, douce et adorable petite sœur... sa présence ne lui était plus aussi agréable. Du coup, elle restait en permanence dans ce bâtiment froid et dangereux en priant pour ne pas tomber sur des psychopathe. Heureusement, la plupart étaient au courant qu'elle fréquentait deux des plus gros bras d'Anguish en la personne de Keiji et Shean. Bon... il y avait peu de chance que le nippon prenne sa défense malheureusement mais peu importe. En revanche, Shean n'apprécierait pas du tout. Heureusement qu'il ignorait encore ce qu'Ezequiel lui avait infligée quelque temps auparavant !
Donc, elle se retrouvait au beau milieu de criminels et de bourreaux en tous genre, en train d'écraser une patate avec une petite moue délicieuse. Finalement, même affamée, elle préféra aller jeter le tout et quitter la salle. Le seul moyen d'avoir de la bonne nourriture était d'aller dans les cuisines. Sauf qu'elle risquait sa peau si les surveillants la surprenait. Si elle trouvait Shean, le problème serait réglé. Mais elle n'avait pas envie de le déranger pour ça. Elle mangerait plus tard.
La jolie blonde lissa sa jolie robe blanche et réajusta le joli ruban bleu roi qui cintrait sa fine taille avant de se diriger vers la grande porte du hall d'entrée. Dehors, il faisait un temps horrible. Le ciel était presque noir et le soleil étouffait derrière une masse monstrueuse de nuages sombres et épais. La demoiselle frissonna un peu, se frictionna les bras, puis s’avança sur un sentier au milieu des hautes herbes. C'était un temps plutôt glauque... un temps parfait pour visiter le cimetière pour la première fois.

Sasha agrippa les barreaux rouillés à la peinture effritée du portail qui menait à l'intérieur de la nécropole. Pour parfaire l'image mortuaire de l'instant, un vieux corbeau vint se poser non loin, au sommet du muret presque effondré et se mit à croasser en l'observant de ses petits yeux sombres. Comme toute réponse, la demoiselle lui tira la langue et, comme outré, le volatile s'éloigna à tire d'ailes. Prenant son courage à deux mains, la jeune blonde pénétra finalement dans le cimetière et marcha lentement au milieu des caveaux. La plupart des pierres ne comprenaient pas de noms, d'autres étaient quasiment effacées. Mais certaines semblaient fraîchement creusées et la jolie russe grimaça, prise soudainement d'un frisson d'horreur. Mieux valait ne pas imaginer dans quelles circonstances ils ou elles avaient trouvés la mort.

Sasha finit par s'installer sur une souche d'arbre et se mit à chantonner. Une chansonnette plutôt joyeuse pour un endroit pareil mais au moins, ça donnait un côté moins morbide. Alors qu'elle se croyait totalement seule, elle entendit des pas qui s'approchaient. Se levant, elle distingua également une silhouette. Trop grande pour être Keiji, trop mince pour être celle de Shean. Alors qui ? Sasha décida de rester sur ses gardes, ne quittant pas des yeux le personne qui s'avançait de plus en plus.
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Aaron L. Spencer
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MessageSujet: Re: La Nymphe et son futur Fraternel    Ven 31 Aoû - 0:16

    Le dos contre la pierre froide de son dortoir, il faisait lentement tourner sa lame entre ses doigts, les yeux rivés sur le mur d'en face. Quelques gouttes rougeâtres finissaient leur course, allant s'écraser contre le sol en une mélodie assourdissante de silence. Malgré le bruit environnant, il n'entendait que le vague cliquetis de son sang sur le béton, et il sentait le démon sourire au fond de son trou. Il le sentait se délecter de sa souffrance, se repaître de son malheur et de sa peur. La douleur était habituelle, mais pas moins vive pour autant. Le tyran s'amusait, les yeux grand ouverts sur le martyr de son protégé, puis s'en allait, le laissant seul, vidé de sang et d'espoir, avec des yeux trop secs pour pleurer et une ignoble sensation de malaise. S'il n'avait pas encore fini d'embrasser la folie, Anguish avait accéléré les choses, le précipitant dans ses retranchements, dans un désespoir mêlé d'excitation, et puis le plus fort l'avait emporté, laissant son double complètement abasourdi.

    Une fois que la douleur fut acceptable -ce qui ne tarda pas-, il entreprit de se lever dans un élan de colère misérable. Lloyd ricanait au fond de son ventre. Il le sentait se rouler de plaisir alors qu'Aaron peinait à se retenir de s'enrouler sur lui-même dans un coin sombre pour disparaître à tout jamais. S'effacer aux yeux de tous et surtout de lui-même. L'environnement criminel, psychotique, sanglant de son nouvel habitat avait achevé de pervertir Lloyd qui ne se tenait tranquille que pour mieux l'attaquer. Le jeune homme se livrait constamment une guerre qu'il avait déjà perdue, sacrifiant ses derniers soldats dans des massacres ignominieux. Il se scarifiait l'âme et le corps pour mieux s'en aller mourir au fond de sa tête, à peine secoué par quelques réminiscences. Ca finirait comme ça, c'était certain. Il finirait très certainement abîme de malveillance et de vice s'il continuait d'évoluer parmi l'ombre et la mort. Y'a rien qui va changer pour ta belle gueule, chéri. La voix sifflait de nouveau, et Aaron poussa un soupir de lassitude.

    Sans prendre la peine de changer sa vieille chemise anciennement blanche, il enleva le plus gros des traces sur son visage, et se précipita vers la sortie. Il avait besoin de sortir. Respirer l'air du dehors, aussi putride et morbide soit-il. Son besoin d'air parvenait presque à effacer toute trace de douleur. De toute manière, il avait le sentiment qu'il allait avoir besoin de s'habituer rapidement à ce genre de sévices. Arrivé dehors, il fut tenté de faire demi-tour aussitôt. En effet, le ciel était sombre, bas, pesant. Même en pleine journée, il faisait nuit noire. Il avait presque l'impression que le ciel était tangible, comme un plafond juste au dessus de sa tête, renforçant un peu l'impression d'étouffement qui le prenait à la gorge. Ce ciel ne présageait rien de bon, mais il se mit en marche. Pour aller où ? Qu'importait ? Où pouvait-il bien aller, de toute manière ? Il finirait par retomber sur le château, sur ses cauchemars. L'idée de fuite ne lui effleura même pas l'esprit. Peut-être parce qu'il n'avait pas l'énergie, pas l'envie, surtout pas le tempérament, et qu'il ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il le méritait sûrement. Bien sûr que tu le mérites !

    Il vagabonda quelques temps, sans direction ni but. Son esprit avait depuis longtemps traversé la mer de gros nuages noirs pour aller se perdre quelque part entre sa maison et son lycée, entre feu son frère et sa mère. La colère se réveilla en même temps qu'une vague tristesse, mais les deux s'éteignirent lorsqu'il aperçut ce qui s'apparentait à un cimetière. Pourquoi avaient-ils un cimetière ? Etait-ce si courant de mourir, par ici ? Après toi, ma belle ! Il avait toujours aimé les cimetières. Était-ce la compagnie des morts ? La sensation d'être un peu plus à sa place, un peu mieux compris ? Ou la terreur sur le visage des gens quand ils voyaient sa gueule décharnée et pleine de sang déambuler comme un zombie au beau milieu de la nuit ? Peut-être un amalgame des trois. Le silence des morts lui offrait un respect et une importance qu'il n'avait nulle part ailleurs, et voir les gens s'enfuir en courant, pas sûr de ce qu'ils ont vu mais pas prêts à s'arrêter pour le vérifier, était simplement divin. Assez drôle, aussi. Ils étaient persuadés qu'ils allaient mourir alors qu'il n'était qu'un pauvre gamin sans passe-temps qui préférait les morts aux vivants. Enfin, Aaron, de lui-même, n'aurait sans doute jamais mis les pieds dans un cimetière, persuadé de violer l'intimité des morts ou de ne jamais pouvoir ressortir, mais Lloyd aimait beaucoup cette ambiance et ils y avaient tous les deux trouvé leur compte.

    Il était à présent à l'intérieur du cimetière, se demandant si toutes les tombes anonymes pouvaient être des gens gentiment morts de vieillesse, et, si non, quelle était la cause de leur présence ici. Il se demandait où ils installeraient la sienne, s'ils y apposeraient un nom, si on l'enterrerait là, si on retrouverait son corps. Accélérant le pas à mesure que les idées prenaient corps dans sa tête et le terrifiait, il fut soulagé et effrayé de constater la présence d'une autre personne ici bas. Soulagé de ne plus être seul mais effrayé à l'idée que cette personne soit de la même trempe que ceux qu'il avait rencontrés jusqu'à présent. Cependant, la silhouette avait quelque chose de rassurant. Ou alors était-ce la chansonnette qu'il entendait distraitement. Régénéré, déjà, par cette perspective, il se sentit de nouveau plein d'espoir, plein d'une naïveté impressionnante. Peut-être allait elle être gentille avec lui ? Il en fallait peu pour rallumer les feux éteints, chez lui, et c'est d'un pas plus enjoué et avec une ébauche de sourire qu'il se dirigea vers elle. Ce qu'il allait lui dire ou quel prétexte pour la déranger ne l'inquiétait pas le moins du monde.

    Arrivé à la hauteur de la jeune fille, il se rendit compte de son état lamentable mais demanda dans un sourire:

    - Je... peux m'asseoir ?

    Sans vraiment attendre la réponse, il s'assit -ou se laissa lourdement tomber- à côté de la demoiselle, un sourire idiot aux lèvres. Comme frappé de bonnes manières ou de conscience, il s'exclama, se tournant vers elle:

    - Excuse-moi, je te dérange pas au moins ?! Moi c'est Aaron, et toi ?

    Tous les réflexes de défense qu'on est censé enregistrer rapidement dans un environnement hostile semblaient lui passer au dessus de la tête et son interlocutrice aurait pu l'abattre froidement d'une balle entre les deux yeux tant il était bienveillant et confiant. Il se dégageait de la jeune fille quelque chose de positif, de bon. Autant il ne savait pas reconnaître un loup même quand il n'était pas déguisé, autant il sentait les gens qui penchaient du bon côté de la balance, ou du moins qui en avaient l'air. Non, en fait, il ne se méfiait jamais de personne au premier abord. Idiot, stupide, abruti ! Mais il ne comprenait pas pourquoi. Il allait encore parler mais se ravisa, décidant de la laisser l'accueillir ou le chasser selon ce qu'elle souhaitait.
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Sasha Campfire
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MessageSujet: Re: La Nymphe et son futur Fraternel    Ven 31 Aoû - 0:57

Celui qui approchait - car il s'agissait forcément d'un homme étant donné la stature - pouvait être n'importe qui. Un naufragé, un surveillant, un pensionnaire ou bien un simple employé d'Anguish ? Impossible de savoir bien entendu mais l'imagination de la délicieuse petite blonde se mit à vagabonder. Cette apparition n'avait rien d'engageant et il ne manquait qu'une vague de brouillard pour parfaire le tout. On aurait dit... une sorte de chevalier noir ou bien un démon venu sur terre sous une forme humaine pour mieux endormir la méfiance de ses proies. Ou encore un sorcier doté de pouvoirs incroyables et dangereux, peut-être aussi l'esprit d'un homme blessé venu pleurer amèrement la mort de sa femme et de son enfant disparus... Ou pourquoi pas... un Dieu ? Oui... le Dieu des mort Hadès ou quelque chose de plus sympathique comme Arès le Dieu de la guerre ou Hermès le messager des Dieux. Non là son esprit vagabondait beaucoup trop loin ! Il ne s'agissait que d'un humain comme les autres, le tout était de savoir s'il était une menace ou non.
Sasha reprit donc un peu ses esprits et plissa des yeux, comme pour mieux distinguer les traits de l'individu qui continuait à s'avancer d'un bon pas. Nul doute qu'il l'avait déjà aperçue et sa présence ne semblait en aucun cas l'effrayer. Peut-être cherchait-il de la compagnie ? Ou bien une distraction sanglante... brrr ! Mieux valait ne pas y penser !

L'homme paraissait jeune. Trop pour qu'il s'agisse d'un surveillant en tous cas. Et il n'avait pas non plus la tête et la tenue de quelqu'un qui travaille à Anguish. Quoique... elle n'avait jamais croisé personne en uniforme alors...
La jeune russe retint sa respiration jusqu'à pouvoir déterminer tout à fait le visage de l'intrus. Pas bien reluisant. C'est vrai que personne dans ce bâtiment n'avait une mine radieuse mais lui tout de même... il devait avoir vécu quelque chose de très désagréable vu son état. Sasha ne put s'empêcher de s'en inquiéter. Piège ou non, la jeune femme était trop touchée par le piètre aspect du pensionnaire pour se méfier davantage. Elle resta donc sagement assise, sa petite tête levée vers le visage pourtant souriant de l'inconnu. Il lui demanda d'un ton tout à fait naturel s'il pouvait s'assoir. Plus détendue, la blondinette esquissa également un sourire et hocha vivement la tête pour lui répondre. Elle qui était d’ordinaire bavarde semblait vouloir se taire, comme si l'ambiance glauque du cimetière ne se prêtait pas aux bavardages trop vifs dont elle l'auteur.

Elle observait le jeune homme avec le sourire aux lèvres, bien heureuse de ne pas être totalement seule dans cet endroit morbide. L'individu lui demanda s'il la dérangeait et se présenta sous le nom de Aaron. Surprise d'entendre ce nom, la jolie russe perdit un instant son sourire mais le retrouva bien vite.


* Pure coïncidence... * marmonna t-elle dans son esprit.

- Enchantée, Aaron. Moi c'est Sasha et tu ne me dérange pas du tout. En fait c'est plutôt rassurant d'être accompagnée dans un endroit pareil. J'ai une nouvelle fois été victime de ma curiosité mais je dois avouer que ce cimetière n'a rien de très emballant... Qu'est-ce que tu venais faire ici toi ? Tu... tu connais quelqu'un ici ?

Elle voulait parler d'un des morts bien entendu. C'était possible qu'il ait eu un ami dans le pensionnat qui soit tombé sur un tordu et ait fini six pieds sous terre. Elle espérait que ce ne soit pas le cas.
Le sourire de la demoiselle éclairait son visage et contrastait incroyablement avec le décors qui l'entourait. Tout comme le sourire d'Aaron qui ne se mariait pas vraiment avec son état global d'ailleurs.
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Aaron L. Spencer
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MessageSujet: Re: La Nymphe et son futur Fraternel    Ven 31 Aoû - 1:48

    Oubli. En et pour l'espace d'un instant, il avait complètement oublié tout ce qui les environnait et ce qui se passait ici. Il n'était plus un prisonnier dans un cimetière mais un jeune homme assis contre un arbre. Il n'avait pas mal partout, mais presque un peu mal aux zygomatiques. C'était si facile, si rapide. Édulcorer le contexte, n'en garder que ce qui nous arrange, et voilà un cadre sympathique pour discuter avec quelqu'un. Avec une jeune fille, en l’occurrence. Finalement, elle n'avait pas refusé sa présence à ses côtés, mais elle n'avait pas encore ouvert la bouche. Cela donnait un charme certain à la scène. Assis dans un sombre après-midi, côte à côte, dans le silence, un cimetière à leurs pieds. Comme deux enfants en deuil, comme s'ils s'épaulaient pour surmonter les épreuves.

    Et puis il se présentait, soucieux de son silence. Peut-être qu'il la dérangeait ? Peut-être qu'elle n'avait pas franchement envie de sa compagnie, il l'aurait comprise. Peut-être qu'elle avait peur qu'il soit un détraqué -ce qu'il était tout à fait-, peut-être qu'elle avait perdu quelqu'un. Peut-être qu'elle aussi préférait le silence des morts aux babillages des vivants. Peut-être, peut-être... Que ta face lui revient pas, ça serait pas étonnant. Peut-être, oui, peut-être. Mais elle souriait, elle souriait, elle n'allait pas le renvoyer, si ? Pourtant elle avait tiqué, quand il s'était présenté. Qu'est-ce qu'il avait dit ? "Dérange pas" "Et toi ?" Peut-être qu'elle voulait qu'il la vouvoie ?

    Soulagement. La jeune femme, qui se prénommait donc Sasha, était même contente qu'il soit arrivé, finalement. Il se détendit aussitôt. Elle ne le renvoyait pas à son errance, à son lui-même. Elle ne lui fermait pas la porte au nez. Mieux ! Elle était même rassurée par sa présence. Etait-ce seulement possible ? Il n'en savait rien, mais ça lui faisait très chaud au coeur, et il se sentait bien plus heureux que depuis plusieurs jours. Son sourire s'élargit encore un peu, ses yeux brillants d'émotion. De plus, elle n'était pas là pour pleurer quelqu'un ou parler aux morts, elle était là par curiosité. Qui semblait débordante, à l'en croire. Voilà bien quelque chose qu'Aaron n'avait pas: de la curiosité. Ou plutôt: le courage de l'assouvir. Tout était terriblement dangereux et effrayant. Comme s'il était resté minuscule et que le monde n'avait cessé de grandir. Il était toujours cet enfant, émerveillé d'un rien et effrayé par tout.

    Mais comme à chaque fois qu'on lui posait une question sur lui et sur son but, il s'affola. Parler de lui. Comment expliquer ? Qu'expliquer ? Qu'il avait besoin de sortir parce que son jumeau maléfique à l'intérieur de son ventre rendait ses travaux d'arts plastiques très pratiques et vivants, et qu'il s'était retrouvé là parce qu'il aimait bien jouer aux zombies ? Définitivement non. Alors quoi ? Il n'allait pas lui mentir, il n'en voyait pas l'intérêt. Et puis il refusait obstinément le mensonge, c'était malhonnête. Il avait toujours peur qu'on lui mente. Si elle s'appelait Monique ? Non, non et non. Se reprendre. Il devait se reprendre. Sauver la face.

    - Non, non, j'ai personne en dessous, du moins pas ce dessous-là.

    La situation aurait pu paraître normale. Un jeune homme nostalgique d'une époque révolue où ce mort marchait encore sur terre. Mais non. Un rire lui échappa. Échappa à Lloyd, qui s'amusait beaucoup à dire n'importe quoi à sa place, surtout ce qu'il ne voulait pas dire. Il se mordit la lèvre inférieure. Elle le prendrait pour un dégénéré, et elle allait partir. Il venait de rire de la mort de quelqu'un. C'était certain, elle partirait. C'était normal qu'elle parte. Elle le laisserait tout seul et le brouillard viendrait l'engloutir, et puis il irait rejoindre ceux qui s'étendaient à leurs pieds, ceux dont il s'était moqué.

    - Euh, oublie ça. Je me suis un peu perdu en fait, je connais pas très bien les lieux et puis c'est toujours un endroit assez calme, par définition...

    Nouvel éclat de rire, intérieur cette fois. Il s'emmêlait, il s'emmêlait. Vite, changer de sujet. Divertir. Passer outre. Passer à autre chose. Détourner l'attention. Sur quelqu'un d'autre. Pas sur lui. Elle, la questionner elle !

    - Enfin, tu vois le genre d'ambiance quoi. Mais c'est un peu moins glauque d'ordinaire. Ca fait longtemps que tu es... ici ?

    Et où étaient-ils exactement ? Il n'en savait fichtrement rien. Il savait juste que tomber plus mal aurait été difficile. Et il n'était même pas là depuis deux semaines, loin de là! Pourtant, Sasha avait bien meilleure mine que lui, elle avait même l'air rayonnante. Un sourire en engendrant un autre, Aaron ne pouvait pas perdre le sien, et il se sentait un peu coupable d'éprouver de la joie au milieu des morts, mais après tout, la vie continuait. Il n'allait pas lui demander pourquoi, parce qu'il estimait que si elle avait un gros cadavre, comme lui, dans son placard, elle n'aurait pas forcément envie d'ouvrir la porte, puisque lui-même aurait refusé catégoriquement. Oh pourquoi, tu as honte ?
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Sasha Campfire
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MessageSujet: Re: La Nymphe et son futur Fraternel    Ven 31 Aoû - 18:18

Sasha avait beau observer le jeune homme et le sonder du regard, elle ne savait toujours pas si elle avait à faire à quelqu'un inoffensif ou de particulièrement dangereux. Peut-être un peu des deux, après tout personne n'était tout blanc ici. Il n'avait pas l'air dans son assiette non plus, comme si quelque chose le perturbait et qu'il y réfléchissait sans cesse tout en lui faisant la conversation. Il pensait peut-être à sa vie d'avant ou à une personne en particulier. Impossible de savoir. Et puis elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle-même pensait souvent à ses parents, ses frères, Keiji ou bien Shean. La seule personne qu'elle s'évertuait à gommer de son esprit définitivement était Ezequiel. Et dire qu'au départ elle lui faisait confiance ! Entièrement confiance ! Comment avait-elle pu être aussi idiote ? Bon de toute manière... le mal était fait.
Sasha préféra se concentrer sur sa conversation avec Aaron et écouter ce qu'il avait à dire. Étrangement, le fait qu'elle lui pose une question le rendait particulièrement mal à l'aise. Ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Est-ce qu'il avait quelque chose à se reprocher ? Peut-être qu'il l'avait suivie ici pour la tuer ! Non... non. Pourquoi commencer à psychoter ainsi alors qu'il n'y avait pas matière à s'inquiéter ? La blondinette inspira un peu d'air pour faire baisser la tension. Finalement, le jeune homme répondit à sa question avec une voix plutôt nerveuse, ricanant même en lançant qu'il ne connaissait personne dans "ce dessous-là". Le jolie russe arqua un sourcil. Qu'est-ce qu'il voulait dire par-là ? Qu'y avait-il de risible en plus ? Ce garçon était décidément bien mystérieux mais elle ne s'affola pas pour si peu. De plus, il avait l'air gêné et semblait regretter ses mots. Sasha esquissa un petit sourire, comme pour le rassurer et l'encourager à se détendre. Pourquoi se montrait-il si tendu et si stressé ?

Aaron reprit la parole et préféra reformuler sa réponse. Il s'était perdu, ne connaissant pas bien encore le coin. Ah ! Alors il était nouveau ici ? Cela expliquait sans doute son comportement bizarre. Nul doute qu'il ne se trouvait pas dans son assiette en découvrant cet univers. Histoire de relancer la machine, il lui posa à son tour une question, se demandant alors depuis quand elle était ici. La blondinette prit le temps de caler une mèche derrière con oreille et haussa les épaules. Combien de temps... voilà une bonne question !


- Un an je dirais. Un peu moins peut-être... j'ai complétement perdu la notion du temps.

Elle baissa les yeux et aperçut un pissenlit qu'elle cueilli, renifla doucement, puis tendit au jeune homme avec un large sourire. Il n'avait pas l'air méchant. Elle s'était finalement décidée à le mettre dans la case des gentils. Pas besoin de rester sur ses gardes. Elle s'était plutôt mit dans la tête de le détendre un peu et d'apaiser son esprit qui semblait bouillir. Elle aurait presque put en entendre les rouages.

- Tu sais il ne faut pas avoir peur. Il n'y a pas que des ennemis, ici. Cependant... mieux vaut ne compter que sur toi-même si tu veux mon avis. Bon... moi... je ne suis pas le meilleur exemple.

Elle dérida l'ambiance avec un rire joyeux et sincère. C'est vrai qu'elle comptait beaucoup sur les autres. Bonne ou mauvaise idée ? Difficile à dire en fait. En tous les cas, elle était bien heureuse de pouvoir compter sur Shean et son frère aîné Dimitri, même s'ils étaient en froid tous les deux. Mais... ce jeune homme, là ? Est-ce qu'il avait seulement quelqu'un sur qui se reposer ? Quelqu'un à qui parler de ses inquiétudes ? Sasha en doutait, surtout s'il était nouveau.

- Alors comme ça... tu viens d'arriver ? Par quel moyen as-tu rejoint l'île ? Un bateau, un hélicoptère... ? Tu sais moi je ne suis pas une pensionnaire d'Anguish. J'ai fait naufrage avec quelques dizaine de personnes. Pas de chance quoi.

Elle esquissa un sourire crispé mais haussa les épaules, comme si cela n'avait plus d'importance. De toute façon elle n'était pas prête de quitter ce foutu endroit. Ses parent devaient mourir d'inquiétude... mais quoi qu'ils entreprennent, il y avait peu de chance pour qu'ils les retrouvent. Dommage. Vraiment dommage.
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Aaron L. Spencer
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MessageSujet: Re: La Nymphe et son futur Fraternel    Dim 2 Sep - 0:51

    Finalement elle n'avait pas fui. Pas encore... Pour une fois, il avait le droit d'être quelqu'un, qu'on parle avec lui en le regardant dans les yeux, en le regardant tout court. En le voyant. Pas comme quelqu'un de qui se moquer, ni comme quelqu'un à éviter, mais comme quelqu'un avec qui parler, à questionner, à apprécier peut-être. Et ça, c'était inestimable. C'était nouveau, c'était bizarre, c'était grisant, électrisant. On faisait attention à ce qu'on lui disait, à ce qu'il disait. On le regardait en souriant, presque tendrement. C'était magique. Le jeune homme sentait au fond de lui se rallumer une flamme trop longtemps éteinte. Simplement, de quelques mots. Quelques mots et deux regards, et il se sentait mieux, pas encore bien. Il avait peur du mauvais mot, peur de ce qu'il pouvait dire, peur de la pousser à s'en aller sans le vouloir, peur de perdre le contrôle.

    La jeune fille qui lui faisait face haussa les épaules avant de répondre. Une année. Plus ou moins. Etait-ce seulement possible ? Il lui semblait impossible de se projeter aussi loin dans le futur, comment avait-elle fait ? Comment faisait-elle pour avoir l'air aussi heureuse ? Peut-être n'était-ce qu'un air ? Ou peut-être cet endroit n'était pas aussi noir qu'on avait bien voulu le lui faire croire ? Peut-être... Qu'est-ce que ça changeait ? Il y avait mille possibilités, après tout. Sasha lui tendait à présent un pissenlit, qu'est-ce que ça voulait dire ? Son fonctionnement social était totalement détraqué, et il ne savait pas vraiment comment se comporter avec quelqu'un. Dans ce genre de situation, que devait-il faire ? En voyant le sourire qu'elle lui offrait, il comprit que ce devait être une gentille attention, un cadeau, alors il se saisit doucement de la fleur, la regardant distraitement. Tout ce qui venait de la nature le fascinait, il adorait fleurs arbres et plantes vertes en tout genre.

    Son interlocutrice reprit la parole, elle semblait vouloir le détendre. L'inviter à se poser, à se calmer. Il était vrai que la peur, l'inquiétude et la tension semblaient avoir décidé d'emménager dans le coin ces derniers jours. Il sourit en réponse à son rire. Ainsi, elle comptait sur les autres alors qu'elle ne le conseillait pas aux autres ? Pourtant, ça avait plutôt l'air de payer, sa méthode. Il la considéra longuement, observant son visage souriant et chaleureux.

    - Ah oui ?

    Ca n'attendait pas de réponse, ça ne posait pas de question. Il voulait juste dire quelque chose, signifier qu'il était toujours dans la conversation. Ca ne voulait rien dire. Il ne lui demandait ni de confirmer son conseil, ni d'approfondir son histoire d'exemple, il ne s'était même pas vraiment entendu parler, trop occupé à fixer la demoiselle. Est-ce qu'on pouvait être réellement heureux ici ? Pouvait-il lui faire confiance ? La considérer, de près ou de loin, comme une amie ? Pas encore, pas encore. Mais sa présence lui était vraiment agréable, elle semblait joviale et insouciante, et ça faisait tellement de bien.

    Une nouvelle fois, la voix de Sasha brisa le silence. Des questions. Encore des questions. La jeune fille l'informait qu'elle s'était échouée ici par malheur. Par un horrible coup du sort qui avait décidé de s'acharner sur eux plutôt que sur n'importe qui d'autre. Aaron avait entrouvert la bouche sous le coup de la surprise. Elle n'avait rien fait pour être là, et elle était coincée ici avec tous ces fous, ces dérangés, ces gens comme lui ? C'était inacceptable ! La voix étranglée par la surprise, il demanda:

    - Et vous êtes coincés ici ?! On... Personne vous a aidés à repartir ? Vous... votre bateau et... ?

    Le visage tendu qui lui faisait face le dissuada de continuer. S'ils avaient pu partir, ils l'auraient fait. Et aussitôt. Personne ne voulait rester coincé là, aussi bienheureux qu'on puisse être. Il resta quelques instants les yeux perdus dans le vide, s'imaginant cette pauvre dizaine de personnes, abandonnée à son sort au milieu d'un Enfer dont personne ne pouvait supposer l'existence et l'horreur. Des gens avec des familles, avec des amis, des gens en vacances, des gens absolument gentils et irréprochables, comment pouvait-on être aussi malchanceux ? Aussi mal tomber ? Il secoua doucement la tête et se souvint des questions qui lui avaient été posées.

    - Ouais, je suis arrivé y'a quelques jours. Euh c'était un bateau, on m'a amené ici en bateau.

    Il s'arrêta quelques instants puis, ne pouvant pas s'en empêcher, il ajouta:

    - Mais personne n'est venu vous chercher ? Je veux dire... On a bien dû s'inquiéter pour vous, c'est pas possible que cet endroit soit si abominable et abandonné que ça, on va vous trouver, hein ?

    Comme à son habitude, compatissant, inquiet, altruiste. Il les aurait aidés à construire un radeau si on le lui avait demandé, et les aurait regardés s'éloigner joyeusement, heureux d'avoir sauvé des vies. Il se sentait mal pour elle, il aurait pu en pleurer. Ah ça va, arrête tes simagrées ! L'autre n'aimait pas beaucoup aider les gens. N'aimait pas beaucoup les gens. A part en lamelles. Aaron reprit ses esprits: Elle était là depuis un an. Si les secours avaient dû venir, ils seraient venus, non ? Pas forcément ! Il ne pouvait pas se résoudre à croire qu'on pouvait abandonner une dizaine de citoyens à leur sort. Le pauvre n'était pas au bout de ses surprises.

    - Et vous vivez à l'intérieur du... pensionnat ? Parmi les... euh... pensionnaires ?

    Toute tension envolée, son attention était accaparée par l'histoire de la jeune femme et il essayait d'élaborer des plans d'évasion minables qui recevaient les rires et les moqueries de tout le beau monde qu'il hébergeait dans sa tête. Pensivement, il faisait tourner la fleur entre ses doigts, incapable de penser à quoi que ce soit d'autre. Enfin, il sembla revenir sur Terre et s'excusa rapidement:

    - Euh pardon, je suppose que tu n'as pas envie d'entendre parler de ça !

    Mais ça le tourmentait pas mal, en fait. En plus, il aucun autre sujet de conversation ne daigna lui effleurer l'esprit à ce moment précis, alors il se contenta de se taire, regardant le pissenlit qui avait un peu souffert de ses excès de nerfs, et qui ne ressemblait plus à grand-chose. Sortiraient-ils vivants de cet enfer ? Les naufragés, pas lui. Lui n'avait pas d'importance, il avait acheté sa place ici. Mais elle, et eux ?
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