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 Joanny Gouldes

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Joanny Gouldes
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Nombre de messages : 37
Age : 22
Avatar : : Andrej Pejic
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Prison of anguish
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MessageSujet: Joanny Gouldes   Ven 2 Mar - 12:11

(c) Eden Memories
Joanny Gouldes
FEAT. Andrej Pejic
.
AGE : 16 ans
DATE ET LIEU DE NAISSANCE : 10 octobre 1996, Bordeaux, France
SITUATION AMOUREUSE : Néant
GROUPE : Classé d'office parmi les « turbulents »


    ■ ■ ■ ONCE UPON A TIME
Je m'appelle Joanny Daniel Loïc Gouldes, et je suis né le 10 octobre 1992. Dans un hôpital, comme la majorité des enfants. J'ai un frère, de six ans mon aîné, qui s'appelle Benoît. Sinon, au niveau de la famille : mon père est ingénieur son, ma mère a commencé des études de philo, qu'elle a lâchées, et elle a ouvert avec une copine rencontrée dans les années 70 un magasin de bijoux artisanaux, des trucs en bois, en plume, en coquillage, tout ça, qui marche pas trop mal. Je connais un peu mes grands-parents paternels, mais mon père ne s'entend pas trop bien avec, donc je les vois pas souvent. Je ne suis pas baptisé, donc ni parrain ni marraine. Mes parents ne voient jamais leurs frères et soeurs. Tout ça n'a aucune importance, mais je me contente de situer le contexte.
En essayant d'être objectif, mes parents sont vraiment des gens bien. J'ai été élevé dans la tolérance, le respect des êtres vivants (humains et autres) et l'athéisme le plus complet. Ils ont toujours été derrière moi, y compris quand la majorité des parents s'y seraient refusés. Au niveau de mon frère... Personnellement, j'ai rien contre lui ; quand on était petits on s'entendait plutôt pas mal, même si on passait notre temps à se bagarrer, comme beaucoup de frères. Mais il faut reconnaître que je le connais assez peu, en fait. Sinon sur mes parents, il faut préciser qu'ils ont toujours voulu – enfin, d'aussi loin que je me souvienne – qu'on les appelle par leur prénom, parce que comme ça, on avait conscience que c'était des gens normaux, et qu'on se sentirait pas obligés de les aimer juste parce que c'était nos parents.

Donc. Rien de transcendant dans mon enfance : des parents pas mal présents, des bastons avec mon frère mais aussi des jeux – quand on est petits, souvent, les seuls amis qu'on a sont ceux de la famille : je traînais pas mal avec les copains de mon frère. J'ai pas été à la maternelle, mes parents trouvaient que ça ne servait à rien. Une amie de ma mère venait me garder quand il n'y avait personne à la maison.
Quand je suis entré à l'école – et mon frère au collège, un an avant – on a commencé à s'éloigner un peu, parce que j'étais toujours un gamin et que lui pensait devenir un « grand ». Je voyais plus ses copains, et on discutait plus tellement. Faut dire que ses préoccupations de l'époque, elles me passaient loin au-dessus de la tête. Mais relations toujours cordiales, ça va. Moi je commençais à me faire des amis, et je mettais en place la technique que j'ai suivie tout le reste de ma scolarité : je foutais rien, mais comme je suis relativement doué, je m'en tirais avec des notes pas exceptionnelles mais correctes quand même. Mes parents n'ont jamais râlé contre ça. Je m'en tirais pas mal et j'apprenais, c'était le principal, même si je ramenais pas des 18, ça n'avait pas d'importance.

Rien à dire sur le collège non plus. Le collège, quoi. Encore moi, ça allait, je me fondais pas mal dans la masse donc je m'en tirais bien. Mais ça m'a fait chier. Comme beaucoup de gens, sûrement. C'est terrible de voir les horreurs que des gosses peuvent dire à d'autres gosses qui ont le seul tort de ne pas être tout à fait comme eux. Mais encore une fois, je m'en suis bien sorti. Notes moyennes, quelques potes. Pas le genre à qui tu fais une confiance absolue, mais le genre avec qui t'aimes bien passer du temps et délirer. Enfin toujours rien à signaler, quoi.
Quand j'avais douze piges mon frère s'est barré. Il avait eu son bac L et il est parti faire des études, il a changé de ville et il s'est pris son appart'. Il rentrait de temps en temps, pas très souvent. Il était content de partir je crois.

A quatorze ans je me suis fait faire mon tatouage. Mes parents étaient au courant, bien sûr. Je leur ai demandé l'autorisation, ils m'ont dit de réfléchir, pour être sûr que c'était pas juste une envie qui passerait, et que je le regretterais pas plus tard. J'ai réfléchi, je leur ai dit que j'avais vraiment envie de le faire, ils ont dit d'accord. Donc voilà : mon tatouage. Un serpent, sur l'omoplate et la clavicule droite.
Je me suis aussi fait percer l'oreille. Un petit anneau en argent, auquel je touche jamais, au lobe de l'oreille droite. Je savais pas que l'oreille avait une signification, du coup je me suis pas mal fait traiter de pédé. Au début je comprenais pas, puis quand j'ai compris, j'ai décidé que j'en avais rien à foutre. C'est marrant, quand on y repense : tout le monde (enfin, tous les gars) sait qu'une boucle d'oreille au lobe de l'oreille droite ça veut dire pédé. Moi je savais pas.

L'année suivante je suis entré au lycée. Je savais toujours pas trop ce que je voulais faire, alors je suis parti en ISI, parce que ça avait l'air pas mal. Ça m'a pas mal plu. En novembre j'ai rencontré Antoine. Tout à fait par hasard : j'étais chez un ami, lui était un ami de ses parents ; ils étaient pas là à ce moment-là, alors il a commencé à discuter avec nous.
Il m'a plu tout de suite. Pas physiquement, mais c'était le genre de type qui se balade avec « mec bien » marqué en travers de la gueule. La trentaine, blond, cheveux très clairs coupés au carré, grand, sportif, mâchoire carrée, peau claire et des yeux d'un bleu assez foncé. Il portait une veste et un jean blancs, et un T-shirt noir. Je l'ai trouvé plutôt classe. Et très très sympa. On avait l'air d'avoir les mêmes idées. J'avais bien envie de le revoir.

Puis je suis rentré chez moi, lui était pas encore parti. Quelques jours plus tard quand j'ai revu mon pote, Ben, il m'a filé le numéro d'Antoine : « Le type de l'autre jour m'a demandé de te passer son numéro. » J'ai fait « Ah bon ? Je me demande ce qu'il me veut. » Je jubilais. Je l'ai rappelé le soir même.
On s'est revus. En tout bien tout honneur, comme on dit. Il me pensait un peu plus âgé que ce que je n'étais. On a parlé. C'était vraiment un mec bien, et adorable en plus. Le genre de type qu'on a tendance à appeler « le gendre idéal ». Le seul problème, c'est que j'étais un mec, et qu'il avait deux fois mon âge.

Bon, petite mise au point : Antoine Maheult, né le 30 avril 1980. Il était journaliste, ce qu'il appelait journaliste d'investigation. Selon lui, ça consistait à « dénoncer ce dont les officiels n'ont pas envie de parler ». Parce qu'il y avait un paquet de trucs que personne ne savait, et qui le révoltaient, et il avait envie que ça se sache. Il bossait en freelance, pour des journaux plus ou moins gros selon les moments. Il était célibataire, parce qu'il avait des revenus assez aléatoires et qu'il était toujours pas mal en train de bouger. Il ne pensait pas prendre spécialement de risques en faisant ce boulot – de toute façon, il s'en foutait, si ça lui permettait de faire le jour sur des salauds, il pouvait aussi bien crever. « Mourir pour des idées ».
J'en suis très vite tombé amoureux. Il le savait probablement, parce que ça se voyait. On se voyait de plus en plus souvent, et on a commencé à sortir ensemble sans que personne ne le sache. Quand j'allais le retrouver je disais à mes parents que j'allais chez un copain, et ils rigolaient sous cape.
Une fois il m'a amené au squat. Un vieil hôtel particulier à l'abandon ; il était à quelqu'un, d'après ce qu'il en savait, mais il était laissé vide. Peut-être parce que ça aurait coûté trop cher de le rénover. Du coup il était de temps en temps occupé par des clodos et desjunkies ; mais il y avait une pièce, au premier, en plutôt bon état, avec une porte qui fermait. A l'époque il n'y avait qu'un matelas et une petite table branlante dans la pièce. Il m'a proposé de l'aménager avec lui.
On a écumé les brocantes, les déchetteries – y a des trucs sympa dans les encombrants, des fois. Et on s'est fait notre petit nid douillet. Il a acheté un cadenas, pour pas qu'on nous le salope.

Le jour où on a fait l'amour (j'aime pas cette expression, mais bon) pour la première fois, sur le vieux canapé marron qui grinçait, j'ai décidé d'en parler à mes parents. J'avais un peu peur, bêtement. Peut-être qu'on a toujours un peu peur quand on veut présenter quelqu'un à ses parents. Ou peut-être, plus probablement d'ailleurs, que j'avais entendu parler de trop de gens qui disaient « Je suis pas homophobe, mais quand même, j'aimerais pas que mon fils soit pédé ». De toute façon, s'ils avaient eu une réaction comme ça, je les aurais juste envoyés se faire foutre tellement c'est abruti. Mais ça n'a pas été le cas, ils étaient droits dans leurs bottes et cohérents. Moi ça me gênait pas de sortir avec un mec, en partie parce que j'avais été élevé comme ça, et en partie parce que j'étais tout simplement dingue de lui, donc j'en avais juste rien à foutre.
Donc le soir à table, l'air mal à l'aise comme il se doit, je leur ai dit « je voudrais vous présenter quelqu'un ». Ma mère a rigolé, a fait « une copine, ça y est ? » A la tête que j'ai tirée ils ont compris, mon père a demandé « Il s'appelle comment ? »
Donc Antoine est venu dîner à la maison quelques jours plus tard. On était à la mi-décembre. J'avais un peu le trac, mais mes parents l'ont adoré. Ils ont discuté pendant des heures. Les jours suivants mes parents m'ont un peu charrié, mais sans plus. Mon frère s'est mis à revenir de moins en moins. Peut-être qu'il avait honte d'avoir un petit frère pédé.

Quelques petites précisions plus ou moins utiles pour la suite. D'une part, il faisait de la moto. Il avait une moto blanche, je me souviens plus de la marque parce que j'y connais rien. Du coup, on délirait sur « son cheval blanc ». Deuxième chose, j'adorais ses cheveux, à un point inimaginable. Il avait les cheveux hyper doux, et je les trouvais magnifiques. Je pouvais passer des heures à caresser ses cheveux. Jamais trop su pourquoi. Du coup, il en a coupé une mèche pour me la donner ; je l'avais toujours sur moi, dans ma poche où j'avais juste à glisser la main pour la toucher. Un autre truc, y avait pas beaucoup de potes à moi qui étaient au courant, juste deux ou trois à qui je faisais vraiment confiance, dont Ben.
Troisième chose, et ça c'est vachement plus important, il me parlait un peu de son boulot. On pourrait dire que c'est trahir le secret professionnel mais il ne disait rien de compromettant, et il savait bien, de toute façon, que je n'irais rien dire à personne, je n'y avais aucun intérêt. J'étais juste un môme de quinze piges amoureux, j'allais pas rapporter à qui que ce soit ses découvertes. Au moment de sa mort, il bossait sur un coin de la ville, un quartier mal famé comme on dit, qui était un no man's land total au niveau de la police ; il s'était un peu penché sur la question et s'était aperçu qu'une espèce de petite mafia locale tenait le coin, et graissait régulièrement la patte des flics pour qu'ils les laissent tranquilles. Lui s'en foutait des dealers et des voleurs d'auto-radio, il était pas flic, ce qui l'intéressait c'était plutôt du côté de la police. Mais après il était quand même obligé de traîner dans le quartier, et il avait l'impression que des mecs l'avaient plus ou moins remarqués et le prenaient pour un flic. Il voulait leur parler. Ils lui en ont pas laissé le temps.

On était au début du mois d'avril, un peu avant son anniversaire donc. C'était le week-end et on était partis faire une virée à moto, comme on faisait de temps en temps quand il faisait beau : on partait un peu, on se trouvait un coin sympa et on passait un moment là tous les deux. Rien de transcendant, mais ça faisait toujours une petite escapade.
Donc on était sur une nationale, dans la campagne, bordée par une espèce de rambarde, quand il a brusquement perdu le contrôle de sa bécane qui est partie dans le décor. Je me suis retrouvé projeté contre la rampe, j'ai perdu connaissance et quand je me suis réveillé, j'étais dans une ambulance, couvert de sang, et Antoine était mort. Je sais pas exactement comment. J'ai pas cherché à savoir. Je savais que l'image me hanterait sinon.

Bon, là ça va être un peu plus difficile de rester objectif. En gros, je m'étais pris le bord du truc, qui m'avait ouvert de la gorge au poignet gauche. J'avais plus ou moins rebondi, et je m'étais râpé contre le goudron brûlant (on avait beau être en avril, il faisait un beau cagnard). En plus, comme le casque que je portais était un peu trop grand pour moi, sous le choc ma tête avait balloté dedans. Je m'en sortais avec un traumatisme crânien, mon bras directeur pour l'instant quasi inutilisable et des cicatrices probablement indélébiles. Quelque part j'avais eu une putain de chance, je m'étais pas brisé le cou, je m'étais pas ouvert la trachée ni vidé de mon sang, et aucun nerf n'avait été sectionné, ce qui m'aurait laissé handicapé à vie. Mais quelque part je crois que j'aurais préféré crever sur cette putain de route. En plus j'ai jamais su si je l'avais perdue dans l'accident ou si elle était restée dans les fringues que les infirmiers ont balancé, mais j'avais perdu sa mèche de cheveux.
Je leur ai demandé si je pouvais garder sa veste, la veste blanche qu'il portait tout le temps. Comme il le faisait toujours à moto, il l'avait enlevée et ranger pour mettre son blouson en cuir à la place. Le truc dont personne s'est rendu compte – moi-même, je ne l'ai remarqué que longtemps après – c'est que la doublure de la poche était trouée. Et la clé USB où il gardait toutes ses notes avait atterri dans la doublure. (J'ai aussi récupéré la chaîne où il gardait accrochée la clé du squat.)

J'ai passé des mois à l'hosto. J'ai pas pu finir mon année, bien sûr, et je devais redoubler – enfin ça, ça n'a pas d'importance. Il m'a fallu une putain de rééducation pour mon bras qui avait bien morflé, et je coopérais pas vraiment. Mes souvenirs de ce moment-là sont assez flous : j'avais tout le temps la migraine, j'étais tout le temps crevé parce que j'arrivais pas à dormir et que je faisais des cauchemars, et j'étais shooté à la morphine à cause de la douleur. J'arrêtais pas d'arracher mes points de suture, en ne m'en rendant qu'à moitié compte, parce que je trouvais ça horrible d'avoir ces putains de fils dans le bras. Et je voulais pas que ça se referme, parce que j'avais peur d'oublier. C'est complètement con en fait. Je sais très bien que je l'oublierai jamais.
C'est à ce moment-là que j'ai commencé à écouter de la musique tout le temps. Parce que j'avais les pensées qui dérivaient dans tous les sens, et comme ça je focalisais sur un truc. Je connais par cœur les paroles de quasiment tout ce que j'écoute. Quand les infirmiers me disaient d'arrêter pour pas me fatiguer, je me fixais sur un truc et je le détaillais, je me le décrivais dans ma tête. Et quand vraiment ça marchait pas, je titillais ma cicatrice pour me concentrer sur ma douleur. Je dis pas que c'est raisonné ou intelligent ou que sais-je. Juste que je préfère avoir mal et me taper une cicatrice moche toute ma vie que repenser à certains trucs ; je suis vachement plus résistant à la douleur physique que mentale.
J'arriverai pas à décrire l'état dans lequel j'étais à l'époque, même si c'était pas forcément le moment où c'était le pire. C'est vraiment difficile. Dès que j'avais plus un truc sur quoi me concentrer, je pensais à Antoine, à ce putain d'accident, ou bien à des trucs qui sont pas forcément transcriptibles en mots. Des trucs qui font mal à la tête de l'intérieur, qui me donnent envie de crever, de creuser des trous dans le mur avec les ongles. C'est ça le pire en fait. Je pense qu'un sacré paquet de gens aurait déjà essayer de se buter mais j'y arrive pas. Je dois avoir la vie trop chevillée au corps pour ça. Je sais pas trop.

Un truc qui m'a aidé à tenir c'est l'histoire de la clé USB. Les flics ont pas mis longtemps à s'apercevoir que la bécane avait été sabotée. Mais pas d'empreintes digitales autre que les nôtres sur la moto. Et pas de notes, donc pas d'indices. Une fois que j'ai été un peu remis (que j'étais plus tout le temps dans le coaltar, quoi) ils m'ont interrogé. Ils ont pas eu de mal à se rendre compte que j'avais été complètement détruit, physiquement et mentalement, et que ç'aurait été suicidaire de ma part de trafiquer cette putain de moto. Je me souvenais de ce qu'Antoine m'avait dit donc je tirais des conclusions, et j'étais plus ou moins persuadé qu'avec ces notes j'arriverais à remonter jusqu'à ces salopards, et à le venger.
Donc j'ai dit aux flics qu'il me parlait pas de son boulot, et que du coup j'avais pas la moindre idée de qui avait pu faire ça, et pourquoi. Et que non, j'avais pas la moindre idée d'où il planquait ses notes. (Sous mon oreiller.) Du coup, ils ont rapidement clôturé l'affaire, faute de pistes. Et j'ai commencé à réfléchir à ce que je ferais à ces enfoirés.

Quand je suis enfin sorti de l'hosto, la première chose que j'ai faite, c'est de lire les notes. Et ouais, j'avais eu raison, il savait qui étaient ces mecs et où ils se planquaient. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à faire des trucs sans trop savoir pourquoi, sans raison particulière. Rien de grave. J'ai juste été m'acheter un truc pour me décolorer les cheveux, le moins cher, je suis rentré chez moi et je l'ai fait. Et je me suis retrouvé blond. Enfin, le truc devait être de mauvaise qualité parce qu'à la longue ça s'est mis à vaguement tirer sur le vert. Mais je m'en foutais. Ça avait fait de moi quelqu'un d'autre. Je sais toujours pas pourquoi j'ai fait ça mais je m'en fous. Ça va bien à mon nouveau moi. Et puis je me suis fait faire mon industrial aussi. Toujours à l'oreille droite.

Et puis j'ai réfléchi, encore et encore. J'ai mis un survêt à la con, mon keffieh autour du cou (j'avais déjà décidé qu'on ne verrait plus ma cicatrice si je ne le voulais pas), mon casque sur les oreilles et dans ma poche, le canif que m'avait donné mon père quand j'étais petit (bien aiguisé, mais pas trop), un rouleau de scotch, une boîte d'allumettes et deux trois autres trucs qui me sont tombés sous la main. J'ai dit à mes parents que j'allais faire un tour ; j'ai pris le bus, et je me suis retrouvé dans le quartier. Le « repaire » des types c'était une cave, où personne ne foutait les pieds, pratique niveau insonorisation. J'ai joué le shooté, pas difficile, je prenais toujours de la morphine. Et je me suis retrouvé seul avec un des mecs, j'ai verrouillé la porte, je l'ai coincé. Pas besoin de détailler : je l'ai torturé à mort. Je les ai bâillonnés avec le scotch pour pas qu'il gueule trop et je me suis défoulé. Je crois que c'est le seul mot qui convienne. J'avais réfléchi à rien mais je crois que j'ai été plutôt inventif. C'était une vraie boucherie, même si je m'étais démerdé pour ne pas me prendre de sang dessus (ou pour que ça se voie pas). J'étais dans une espèce d'état second bizarre. J'arrive pas à me rappeler précisément de ce qui s'est passé, mon cerveau a dû préférer occulter tout ça.

Et alors que je rangeais mon matos, un deuxième type a débarqué. Il avait la clé, j'avais pas pensé à bloquer la porte, et de toute façon ça aurait rien changé. Il m'a vu là à côté de son pote en train de finir d'agoniser. Sur le coup j'ai cru qu'il allait me buter sur place. En fait non : il m'a immobilisé, et il a appelé les flics. Ils les tenaient de toute façon, ils allaient pas poser de questions.
J'étais là, immobilisé sur ma chaise, à attendre l'arrivée des keufs, et j'étais presque calme. En tout cas j'avais pas peur. J'ai presque regretté que la peine de mort ait été abolie, comme ça tout serait fini. J'avais vengé Antoine, je m'étais vengé, et je serais mort pour ça, et je m'en foutais parce que j'avais même plus l'impression d'être vivant. Mais non. J'ai vu un psy, j'ai été jugé pas responsable de mes actions, et au final, au lieu de finir en hôpital psy, j'ai fini ici.


    ■ ■ ■ YOUR TEMPER
Même si les autres « pensionnaires » ne le savent pas, il a été transformé depuis l'accident. D'abord parce que sa vie a basculé du jour au lendemain, ensuite parce qu'il présente un certain nombre de symptômes d'un trouble de stress post-traumatique.
Pour commencer, c'est quelqu'un de gentil. Il n'est pas et n'a jamais été un tueur froid. Avec les rares amis qu'il se sent capable de faire, toutefois, il a un gros défaut : il est très jaloux et possessif.
Il n'aime pas la solitude, et ça se voit. Dans les moments où il s'en sent capable il n'hésitera pas à se rapprocher des autres. Mais il y a trop de choses dont il ne veut pas parler et trop de choses qui le travaillent alors il lui arrive plus souvent de passer des heures seul, parfois dans le noir, à ne rien faire d'autre qu'écouter de la musique quand il peut. Autant la plupart du temps il sera assez sympathique avec autrui, autant parfois il ne répondra même pas quand on lui parle (il ne préfère pas).
Il est devenu résigné, lassé, pessimiste. Il n'a aucune illusion sur sa survie ici et ça se voit, il n'a même pas l'air d'avoir envie de survivre. Sans pour autant arriver à se décider à passer à l'acte. C'est juste une absence d'instinct de survie, plutôt qu'une vraie volonté active de mourir.
Il est calme, enfin essaie de le rester. Il lui arrivera d'être agressif sans raison, mais jamais violent. Il fait de son mieux pour se contrôler, au minimum au niveau des autres, même si ça n'a pas l'air de lui poser de problème de se faire du mal à lui-même.
Au final, il a tendance à éviter les gens jusqu'à ce que ça lui devienne insupportable. Et il évite d'être avec trop de gens en même temps. Il n'est pas solitaire, il est seul. Il n'est pas de sang-froid, il fait tout pour garder son calme.
Et surtout, il ne parle pas de son passé. Enfin globalement il ne parle pas trop de lui-même. Il ne parle plus trop. Il préfère écouter, c'est plus facile et ça évite de trop réfléchir.
Tout ce qui est sur lui, ce qui est dans sa tête, il le garde pour lui, dans un carnet qu'il a toujours dans sa poche. De toute façon il risque rien, il est illisible. Il est sûrement le seul à arriver à se déchiffrer, et il n'essaie même pas.


    ■ ■ ■ YOUR APPEARANCE
Il paraît à peu près son âge. Il n'est pas très grand pour un garçon, 1m74. Il est mince voire plutôt maigre, un peu musclé (il lui a bien fallu se rééduquer).
Il est assez évident dès lors qu'on est un peu observateur qu'il a énormément de mal à se servir de son bras gauche. Il ne porte jamais rien de ce côté, a même beaucoup de mal à tenir quelque chose. Il en arrive même à écrire de la main droite alors qu'il est gaucher, ce qui le rend assez illisible.
Il est sûrement plutôt beau gosse, même si ça n'a aucune importance pour lui, avec un visage régulier et des yeux verts. Ses cheveux (longs à peu près aux épaules, et généralement attachés en queue de cheval lâche) sont décolorés jusqu'au platine, enfin un platine qui a un peu viré au verdâtre vu la mauvaise qualité du truc. Comme il ne l'entretient pas spécialement ça ne fait aucun doute qu'il est châtain à la base. A l'oreille droite il a un petit anneau en argent, et un industrial (note : piercing qui consiste en une barre en travers de l'oreille).
Sur l'épaule droite il a un tatouage : un serpent, simple, noir, qui s'enroule sur l'omoplate, la clavicule et une partie du cou. A gauche... il a sa cicatrice : récente, qui court de sous sa mâchoire jusqu'à l'intérieur du poignet gauche, et mal cicatrisée vu le temps qu'il passe à la rouvrir sans cesse. Surtout au niveau du poignet.
C'est pas joli à voir, et ça tombe bien parce que personne ne le voit. Jamais. Il porte tout le temps des vestes à manches longues, genre sweat-shirt à fermeture éclair, blancs (il en a quatre ou cinq comme ça), parfois un peu tachés de sang au niveau de la manche gauche. Et il a constamment enroulé autour du cou son keffieh, noir et blanc, de sorte à dissimuler sa cicatrice. Il fait tout pour que personne ne la voie jamais, il va se doucher quand il n'y a plus personne, etc. (ce qui lui pousse parfois à déborder du couvre-feu).
Il ne s'habille quasiment qu'en noir et blanc : keffieh, veste blanche, débardeur ou t-shirt noir, baggy blanc ou à l'occasion en jean, Vans noires. Il a aussi en boule dans son sac, sous le lit, une veste de costume blanche, mais ce n'est pas quelque chose qu'il porte.


    ■ ■ ■ WHY ARE YOU IN PRISON OF ANGUISH?
Après que je me sois fait arrêter, bien sûr, ils ont vu dans quel état j'étais. J'étais complètement hagard, incapable d'expliquer ce que j'avais fait, quasi incapable de m'en souvenir. Beaucoup de mes souvenirs sont flous en ce moment.
Donc évidemment ils m'ont envoyé voir un psy. Je crois que j'ai fait flipper le mec. Je sais pas exactement pourquoi. En tout cas, j'avais aucun regret et je n'avais aucun problème à expliquer pourquoi j'avais fait ça.
Mais ça n'a pas empêché le psy et au final le tribunal de conclure que j'étais irresponsable de mes actes. Je sais pas si ça valait mieux ou pas. Au final, j'étais destiné à passer ma vie en hôpital psychiatrique plutôt qu'en taule, ça revient un peu au même.
Ce psy, toujours le même, a négocié avec les jurés de pouvoir décider où il fallait m'envoyer. Je sais pas comment il connaissait cet endroit. J'en avais jamais entendu parler. Je comprends même pas comment un truc pareil peut exister. Mais il avait l'air persuadé que j'avais perdu le contrôle, que j'étais devenu un tueur psychotique, qu'à n'importe quel instant je pouvais avoir un black-out et recommencer. J'avais beau lui expliquer que j'avais aucune raison de tuer qui que ce soit d'autre, impossible de l'en convaincre, j'étais trop dangereux.
Mes parents savent pas trop où ils m'ont envoyé. Je le savais pas vraiment non plus en partant. Après tout, c'est peut-être pas plus mal ici. Au moins j'aurai pas à souffrir trop longtemps.




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    Ce que vous pensez de POA : C'est pas un forum où j'aurais été spontanément, mais bon, « on » m'a dit que c'était fun.
    Par quel intermédiaire avez-vous trouvé le forum ? Je me suis fait harceler par Cassandre et Clent.
    Fréquence de connexion : Globalement tous les jours.

    Précision en passant pour le RP : je suis sur un écran 10 pouces alors si des fois je fais un peu moins que 15 lignes, ça veut dire que chez moi ça les faisait et j'ai pas fait exprès, soyez indulgents. Mais je vais essayer de faire au max de toute façon.


Dernière édition par Joanny Gouldes le Ven 2 Mar - 17:31, édité 1 fois
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Keira Benett
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MessageSujet: Re: Joanny Gouldes   Ven 2 Mar - 12:54

Bienvenue a Anguish
Je tiens a préciser que tu devra écrire à la troisième personne dans tes topics, à par ça, ta fiche me parait complète donc je te VALIDE. Amuse toi bien et essaye de ne pas te faire tuer trop vite Smile
mais tu dois me préciser ton groupe
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Ander V. Avarez
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MessageSujet: Re: Joanny Gouldes   Ven 2 Mar - 13:48

Wahouuuu !! welcome sur Anguish ! Tu verras on s'y plait forcément Very Happy
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Sasha Campfire
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MessageSujet: Re: Joanny Gouldes   Ven 2 Mar - 13:56

Bienvenue !!
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Cassandre Ioans
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MessageSujet: Re: Joanny Gouldes   Ven 2 Mar - 17:06

Joannyyyyyy \o/ bienvenue !
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Joanny Gouldes
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MessageSujet: Re: Joanny Gouldes   Ven 2 Mar - 17:29

J'ai précisé qu'il avait été "classé" parmi les turbulents. Il y en avait aucun qui collait totalement, ça m'a paru être le mieux. Ah, je viens de m'apercevoir que c'est pas très visible parce que c'est parti en-dessous de l'image, je vais éditer ça de suite.
Et je sais que je suis censée écrire à la troisième personne, si c'est gênant je peux réécrire l'historique, j'avais juste eu envie de m'amuser à faire l'historique en mode narration.
Sinon merci ^^
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Jevalile Martin
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Pourquoi es-tu à Prison of anguish ?: Enquête personelle
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MessageSujet: Re: Joanny Gouldes   Ven 2 Mar - 17:35

Hey ! Happy to see you =D

J'espère que les Admins vont vite te "classer" pour que tu puisses venir faire le foufou parmis nous !
J'ai hâte que nos persos se lie moi !! \o/
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Gregory Maracci
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Pourquoi es-tu à Prison of anguish ?:
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MessageSujet: Re: Joanny Gouldes   Ven 2 Mar - 17:54

Bienvenue
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MessageSujet: Re: Joanny Gouldes   Ven 2 Mar - 17:54

Bienvenue Very Happy
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Pourquoi es-tu à Prison of anguish ?: Pour t'embrasser bien sûr, ma biche.
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MessageSujet: Re: Joanny Gouldes   Ven 2 Mar - 21:23

Bon sang mais ils se reproduisent !
Un ado, un vrai, avec les cheveux gras. Ô joie. Je ne suis habituellement pas fan des biographies à la première personne mais la tienne est d'une ravissante fluidité. Avant que ta fiche ne disparaisse dans le palmarès de nos chers validés, je te souhaite un bon jeu et de douces rencontres.
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Shean Kurtis
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Pourquoi es-tu à Prison of anguish ?: Viols, meurtres, drogue, cigarettes, perversité... la liste est longue !!
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MessageSujet: Re: Joanny Gouldes   Ven 2 Mar - 21:37

Jolie fiche en effet ^^
Bienvenue parmis nous !

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So sexy, hum ?

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Pourquoi es-tu à Prison of anguish ?: Pour le plaisir! Faux... mais c'est le cas à présent!
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MessageSujet: Re: Joanny Gouldes   Sam 3 Mar - 1:18

Bienvenue!!
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