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 Blind Terror | E. McMortensen

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Mary Utterson
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Prison of anguish
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MessageSujet: Blind Terror | E. McMortensen   Dim 12 Fév - 22:14

Le lino semblait plus glissant. Mary avait mémorisé le nombre de marches qui constituaient la quinzaine d’escaliers du bâtiment. La métrique des couloirs, les suites infinies de chiffres symbolisant les différentes plateformes de l’internat aspiraient le reste de sa pensée. Douze treize quatorze, couloir, sa rage première avait laissé la place à la plus grande des concentrations. L’espace lui redevenait familier.

Ses tentatives d’évasion avaient dépassé la dizaine en quatre mois seulement. On l’avait convoqué une fois, d’abord pour lui annoncer une triste nouvelle à propos de sa mère destinée à lui plomber le moral. Elle avait tourné de l’œil dans un office glacé et alterné hurlements et sanglots pendant des heures jusqu’à ce que l’infirmière lui infuse l’apaisement. Il lui sembla avoir dormi pendant des mois. A son réveil, les contours de la pièce étaient distordus. L’infirmière lui parlait avec la voix du loup et répétait toujours le mot « gamme » avec un écho d'outre-tombe. Quand son visage avait commencé à prendre la forme d’un bec de pélican, Mary avait à nouveau sombré. Un autre réveil où un homme incroyablement beau et orné d’une auréole lui expliqua que son cas était désespéré et qu’il allait falloir la punir, cette petite salope. Deux surveillants l’avaient conduits dans une salle minuscule et l’avait attaché sur un siège qui lui ceinturait les avant-bras. L’un prit une photo dont le flash l’aveugla. L’autre lui fit basculer la tête et lui versa dans les yeux un liquide incolore. Sa cornée bouillit, bulla et se craquela, l’acide remonta son estuaire précipité dans le trou béant de la pupille, se roula dans la gelée cristalline, émietta la rétine et envahit le nerf. La douleur n’aurait su être plus supportable si on lui avait arraché le globe avec une fourchette. Le jus avait rempli tout le creux et un cri avait arraché comme une page de brouillon les poumons de Mary. Les quinze jours suivants, elle gardait sur les yeux un bandeau noir et l’infirmière lui arrachait les croutes oculaires tous les deux jours au scalpel. Ces fois-là, elle était inconsciente.

Quatre cinq six sept. Porte, poignée, troisième lit à gauche. On lui avait enlevé le bandeau ce matin. L’infirmière ne lui avait pas répondu quand elle avait demandé si elle était défigurée. Elle imaginait avoir une balafre énorme sous le front et peut-être même qu’elle louchait ou un truc dans le genre. Quand elle avait voulu pleurer un peu, sa poitrine s’était soulevée comme pour sangloter mais ses cils étaient restés secs. Le gars lui avait aussi donné un bâton qu’elle n’utilisait qu’en extérieur. Elle avait croisé le loup quelques fois, dans les tournants, mais pendant plusieurs jours une dame du service lui avait collé aux talons en permanence pour l’aider à retenir le nombre des marches. Une femme bourrue à qui il manquait quatre doigts à la main gauche et qui sentait très fort la cendre froide. Le loup, lui, elle l’identifiait à son pas traînant –ce qui admettait une marge d’erreur assez large- quand ce n’était pas sa voix. Elle redescendit les marches et tenta, comme pour un vieux GPS, de se remettre en mémoire la série de chiffres qui conduisait à la salle de divertissement où son groupe était rangé.

Son jean avait mal vécu les derniers frottements dans un cachot froid il y a quelques semaines. On lui avait refilé une robe paraît-il grise et elle était allé se chercher une écharpe. Illogiquement, sa malvoyance nouvelle lui offrait le droit de circuler plus librement, les surveillants lâchaient du leste avec elle. Elle se cogna l’épaule au cadre de la porte et devina qu’il devait y avoir environ cinq adolescents dans la pièce. Cinq adolescents ne nécessitaient qu’une- voire aucune- surveillance. Tout à l’heure c’était une femme qui lui avait laissé remonter le bâtiment.

-« Utterson » souffla-t-elle comme il se veut avant de chercher à tâtons le dossier du sofa.

Ses yeux fixaient le vide, droit devant. De bruns, ils étaient passés à une espèce de gris extrêmement clairs. Comme elle voulait connaître l’étendu du massacre, elle tenta d’écouter ce que disaient les autres. Rien. Elle se leva et rejoint son poste habituel, près de la fenêtre, pour sentir la lumière.
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Ezequiel F. McMortensen
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MessageSujet: Re: Blind Terror | E. McMortensen   Mar 14 Fév - 17:15

Ne t'approche pas d'elle. Et ne t'avises pas à faire le con. Elle n'est pas en état. Ezequiel s'était posé la question toute la semaine, incapable de comprendre, interdit de tout contact avec Mary. Il savait qu'on préparait quelque chose derrière son dos. Sûrement un supplice assez monstrueux pour la dissuader de réitérer ses fugues à répétions. Et puis, deux jours après, un surveillant, visiblement étranger à l'affaire, lui avait expliqué qu'une gamine qui s'amusait à défier systématiquement le règlement, allait se faire griller les rétines. Une certaine ... Mary ou quelque chose comme ça. La nouvelle avait eut l'effet d'un électrochoc. Il avait avait fallut quelques temps pour faire comprendre à Ezequiel l'importance de cette punition. Elle servait d'exemple à toutes les autres. Finalement, très docilement, il avait oublié le sort de l'adolescente pour se consacrer à son rôle de surveillant. L'aisance avec laquelle il avait effacé Mary de son esprit était significatif de l'attachement qu'il ressentait pour cette petite chose. Une tendresse comparable à celle qu'un maître pourrait avoir pour son chat ou son oiseau de compagnie.

En revoyant son visage dans les couloirs, les yeux bandés d'une ceinture de toile, il avait eut l'impression qu'on venait de retrouver un ancien jouet d'enfance. La première fois qu'il s'était approché, une dame un peu forte lui avait fait les gros yeux. Le message était passé; il devait éviter les ennuis. Ezequiel avait alors espéré que les choses étaient temporaires. Il s'interrogeait surtout sur l'utilité d'une infirmière aux côtés de Mary, se considérant comme la personne la plus proche de la jeune fille -en tuteur, éventuellement- et donc la plus apte à l'aider dans cette sinistre période d'adaptation. Si c'en était une. Il s'imaginait que la situation ne devait stagner et qu'il doive abandonner son adorable chaton pour se consoler dans les bras d'une autre pensionnaire. Une angoisse qu'il ne se sentait pas prêt à gérer, bien qu'il n'avait pas eut à lui parler depuis quelques temps.

Ils étaient deux dans la salle de vidéo-surveillance. L'un tenait compagnie à l'autre sans trop savoir qui. Ezequiel s'était installé sur sa chaise, nonchalamment. Un shérif. Le pieds sur la table, l’œil sur l'écran et les bras croisés sur son vieux fusil. Fusil qui n'avait plus aucune utilité sinon celle de faire peur aux autres gosses. Plus impressionnant qu'une vulgaire télécommande. Lorsqu’il comprit que le grincement de sa chaise prenait un ton menaçant, il s'équilibra sur les deux pieds arrières. Un long silence. Parfois, un surveillant arrivait, envoyait valdinguer quelque chose, récupérait des affaires et ressortait aussi sec. Il n'y avait rien à se dire. Absolument rien. Et ça tourmentait Ezequiel qui s'obligeait à racler la gorge de temps en temps pour s'assurer que ses tympans aillent bien. L'autre était recroquevillé devant ses vidéos, café à la main. Il s'en servait plus pour réchauffer ses doigts que sa gorge. De l'immobilité, il passa soudain à un mouvement lent et paresseux dans l'intention de pointer un écran du doigt. Il termina sa course apathique sur l'image d'une enfant en vieille robe. De celles qu'on ne met plus aujourd'hui que pour de mauvais films historiques. Plus un morceau de tissu qu'un vêtement. "C'est pas Mary, là ?" La chaise d'Ezequiel tomba sur ses quatre pieds et le surveillant approcha son visage pour mieux observer, curieux et intrigué. Son collègue lui fit remarquer qu'elle n'était plus accompagnée. Il sourit. Elle n'avait plus son bandeau, aussi. il se leva et avant de sortir, leva la main, bref signe de salutation, à peine conscient.

Il était entré tranquillement dans la salle de divertissement. Le vieux babyfoot était à moitié par terre. Un pensionnaire s'était amusé à utiliser l'un de ses pieds comme arme. Depuis, il n'avait pas été remplacé. Quand Mary avait attiré l'attention du surveillant, sa nouvelle condition avait sollicité plusieurs échos. Toutes n'étaient pas très flatteuses. La plupart parlait des privilèges dont elle jouissait en échange de quelques gouttes de sa sueur. On la pensait intouchable. Jusqu'à maintenant, en tout cas. En voyant sa haute stature s'introduire dans la grande salle, les autres adolescents tournèrent le regard, méprisant même l'air que respirait Ezequiel. L'une du groupe de jeunes filles au fond fut soudain secouée d'un sanglot muet. Il pouvait apercevoir les vaisseaux éclatés de ses yeux avant qu'une de ses amies ne la prenne à part, lui susurrant de tendres mots consolateurs. Le surveillant était satisfait de l'effet qu'il faisait. A pas feutré, il s'approcha de Mary, se baissa à sa hauteur et l'observa, sans dire un mot. Ça l'intriguait. Ces yeux, quasiment blancs. Elle ne voyait rien. Rien du tout. Pour s'en assurer, il passa une main rapide devant ses yeux. Aucune réaction. Il avait presque peur de la toucher. Est-ce qu'elle savait qu'il était là ? Elle le sentait ? Elle l'entendait ? Qu'est-ce qu'elle ressentait, en fait ? Du noir ? Elle voyait du noir ? Ou bien autre chose ?

Il continua de l'étudier. De l'observer. Il approcha son visage. Doucement. Là. Là, elle devait sentir son souffle. Au moins son souffle. Comme il avait sûrement été découvert, il effleura délicatement sa joue de ses doigts. Il n'avait même pas besoin de sourire, de toute manière elle ne le voyait pas. Pauvre petite ... Il murmura quelque chose d'incompréhensible. Lui-même ne s'était pas vraiment compris. Lui dire de ne pas s'inquiéter. Surtout, de rester tranquille. Il était presque certain qu'elle ne l'avait pas entendu. Alors, le plus simplement du monde, il déposa ses lèvres sur les siennes.

Bonjour, Mary. Ça faisait longtemps ... Je voulais venir te voir, tu sais. Je voulais vraiment. Empêcher ça aussi. J'ai essayé mais ... le reste de la phrase de coinça dans sa gorge. Il approcha son visage et baisa innocemment son front, le visage de la jeune fille entre ses mains efflanquées. Tout va bien. Maintenant, je suis là. Je veillerai, c'est promis.
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Mary Utterson
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MessageSujet: Re: Blind Terror | E. McMortensen   Sam 21 Avr - 21:39

Sans frisson aucun, Mary se décolla du mur et se détourna du halot lumineux. Elle porta les mains sur celles qui lui encadraient le visage, les oreilles pleines des promesses d’une surveillance accrue.

« -Je vous avais promis de ne pas recommencer. »

Sa voix ne se cassa pas en césure. Les chuchotements ne ruisselaient, pas plus que les « silences ! » que le surveillant de garde grognait à rythme régulier. Le silence devint écrasant, la pression atmosphérique pesait avec plus de force sur ses épaules et son crâne. La présence du Loup en imposait encore plus dans les espaces confinés. C’était tellement con comme surnom. Instinctivement elle baissa la tête vers le sol. Les grandes mains osseuses du surveillant emprisonnèrent progressivement ses épaules, ses bras, son dos et l’amenèrent à respirer l’odeur de son vieux pull. Le tableau était d’un pathétique ahurissant. Elle se raidit, sa main droite se mit à trembler contre sa cuisse. Un vieux sanglot morbide tambourinait sous sa peau pour lui sortir par le nez et les yeux, il gémissait derrière ses dents. Elle formula à mi-voix l’envie de sortir, dusse cela signifier lui offrir un peu d’intimité, fondre devant tout le monde lui paraissait terriblement déconseillé.

Oh, ce qu’ils en font, des handicapés, des estropiés, des ineptes, des attardés, des laids, des inertes. Si on lui éclatait pas la tête contre une ardoise c’était parce que le loup voulait bien encore faire l’amour avec son chaton. Il avait cet art obscène de se donner en spectacle au milieu d’un corridor pour s’assurer que tous ceux qui les croiseraient les verraient. La salle de divertissement était toujours plongée dans l’ineptie. Elle empoigna son bâton et retrouva doucement le chemin de la sortie en manquant de trébucher contre le sofa.

Dans le corridor, Mary attendit, se laissa guider, prendre par la main si ça l’amusait. Le sanglot épicé manqua de lui gicler dans les sinus puis se tarit, se renfonça entre ses poumons, dit bye bye je reviens dans une minute.
L’immense commanditaire ignorait sans doute lui-même où il allait. Il ralentissait, il accélérait, il tournait, il virait, elle se perdit dans le décor. A voix claire, elle lui demanda où est ce qu’il l’emmènait mais on ne lui répondit pas. Finalement après une déferlante de marches d’escalier, la brise du dehors lui souffla au visage. Ils traversèrent la cour extérieure. Elle tourna plusieurs fois la tête en direction du château. Un bruit de portière clic clac. Il la fit monter à côté de lui et démarra. Mary replia les genoux pour y poser son front et se ferma le plus possible entre ses bras. Les branches des arbres empêchaient le soleil de filtrer à travers la vitre. La route lui parut interminable, pourtant ça ne dura peut-être que quelques dizaines de minutes. Parfois il parlait, elle hochait la tête sans même l’écouter. Il ne disait rien sur la destination. Elle imagina qu’il allait peut-être la balancer du haut d’une falaise ou la noyer sur la plage comme un petit chat dans un puit.

« On va où ? »

Elle essaya de lui agripper la manche quand la voiture s’arrêta. Elle avait l’impression d’avoir un sac de poivre écrasé grand ouvert sous le nez. La portière se rouvrit, elle posa un pied dehors. Un ramassis de feuilles mortes crissa sous ses pieds. Elle ne sentait pas le soleil, une odeur de pin persistait. De la main, elle chercha la présence de son chauffeur mais le bout de ses doigts battait dans le vide. Elle l’entendit et avança encore un peu. Au bout de quelques mètres, elle rencontra le pied d’un mur. Il était couvert de lierres, elle balada sa main sur la paroi feuillue jusqu’à retrouver la paroi énorme et métallique d’une porte. Mary bondit en arrière et se retourna brutalement pour retourner vers la voiture. Sa bouche tremblait de « non » en rafale, chuchotés puis criés quand ils heurtèrent la résistance.
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