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 Shutter Island | Dylan A. Marshall

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Henry Shelley
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Prison of anguish
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MessageSujet: Shutter Island | Dylan A. Marshall   Mar 27 Déc - 0:43

Il y avait du vent partout sur l'île mais ce matin sur la plage, ça atteignait des sommets. C'était un vent glacial qui traversait le moindre pore et se glissait vicieusement sous la peau pour répandre son souffle froid jusqu'au fond des tripes. Henry était assit sur le capot de sa voiture, il voyait débarquer les nouveaux éléments d'Anguish. Le bateau à moteur devait aborder les côtes vers seize heures mais il était en retard. Le ciel était assez dégagé, la mer compliquait l'amarrage. Henry était obligé de rentrer dans la voiture pour fumer ou de se cacher du vent en la contournant. Un jour il embarquerait à son tour dans un de ses flotteurs blancs et il se tirerait de là. Dans le fond il avait les mêmes ambitions que les gosses qu'il gardait. L’Amérique entière le croyait mort et les grands espaces lui manquait. La forêt était vaste mais c'était comme une maîtresse mille fois étendue, il pensait la connaître par cœur. Un jour oui, il tuerait un capitaine pour dégager de là. Ou alors, plus modestement, il se ferait implanter la puce pour qu'on accepte de le laisser prendre des vacances quelques semaines. Néanmoins, cela ne devait pas se faire trop vite, il pouvait supporter sa condition de seigneur de l'île encore quelques années.

Trois silhouettes s'extirpèrent du petit bâtiment et la chevelure de celle du milieu capta la lumière de façon fantastique. Le commandant du petit navire venait bien sûr avec sous le bras le dossier de la fille et puis un autre gars en pull bleu la traînait par le bras, on l'avait menottée. Ils arrivèrent à lui et aussitôt le geôlier marin voulu l'enfourner dans la voiture. Henry l'arrêta d'un geste. Il voulait que la petite fixe encore un peu l'horizon pendant qu'il vérifiait la paperasse. Avec ce vent ce n'était pas faisable et pour être honnête il se fichait de savoir si elle avait volé l'orange du marchand ou tué sa mère à coup de gourdin. Il se fichait de le lire en fait. Il regarda juste le numéro au coin à gauche, l'origine géographique, compara la photo avec le visage et consentit seulement alors à ce qu'on la glisse sur le siège passager. Il discuta avec le capitaine quelques minutes. Le pull bleu était reparti chercher les affaires personnelles de Miss Dylan.
Dylan c'était pas un prénom de mec ?
Il ramena une valise et, ô joie !, ce qu'Henry avait demandé la dernière fois : une dizaine de journaux récents. Ça restait entre eux, Anguish n'en saurait rien. Il n'y avait pas de mal à s'informer un peu du dehors. Pendant que le capitaine lui parlait du voyage, il commençait à regarder la petite. Elle avait un joli petit visage, elle était fraîche.

Les aurevoirs furent brefs. Henry chargea la valise dans le coffre et balança les journaux sur la banquette arrière. Il monta place conducteur, alluma une cigarette et la tendit à sa petite voisine.

« -Bonjour Dylan, grogna-t-il en faisant une manœuvre dans le sable, bienvenue à Anguish je suis -putain de pneus!- je suis le garde-chasse, tu m'appelleras Henry. Regardes bien l'horizon, regardes le bien parce que je vais virer et...-la voiture se détourna- tu le verras plus. »

Il fit quelques mètres dans la forêt et regarda ses poignets enchaînés. On a tendance à imaginer que ce genre de bijou griffe un peu. Et bien oui, ça griffe, et pas qu'à moitié. Henry en avait porté pendant des semaines entières des fois et il pouvait en témoigner.

« -Si tu restes gentille, je t'enlève les menottes. T'en dis quoi ? »
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Dylan A. Marshall
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MessageSujet: Re: Shutter Island | Dylan A. Marshall   Mar 27 Déc - 1:33

Le bateau ? Plus jamais. Dylan avait dégobillé deux, voir trois fois durant le trajet. Les types qui maintenaient tout le monde tranquille avait acceptés de la laisser boire un verre d'eau. Vu comment il leur parlait, ce n'était pas la politesse qui étouffait les marins. Mais soit, il avait été sympathique. Il avait refusé, en revanche, de lui enlever ses menottes. La moitié du verre d'eau dégoulinait à la commissure de ses lèvres. La jeune fille avait essayé de parler aux autres marins. Ils étaient peu. Le reste de l'équipage étaient des fruits, des légumes, de la viandes, des médicaments et des vêtements. Elle avait l'étrange et désagréable impression d'être une marchandise qu'on exportait en pays étrangers. Ça tanguait et son estomac suivait. Elle devait être verte. Comme une pomme. Oh non, ne parlez pas de nourriture, elle allait gerber. Mais étrangement, elle se félicita intérieurement de n'avoir vomit que deux fois. Ou trois, elle n'arrivait décidément pas à se souvenir. Elle avait ce gout acide et écœurant, comme lorsqu'on mélangeait du fromage avec du coca, dans la bouche mais moins que tout à l'heure. Elle avait demandé à ce qu'elle aille se brosser les dents mais on lui avait demandé -ou hurlé- de se taire. Comparé aux autres, c'était vrai qu'elle parlait beaucoup. Du coup, elle avait décidé de rester sage. Elle en avait eu marre de se débattre dans le car.

Une agitation avait envahi le navire. Que ce passe-t-il ? On coulait ? Elle regarda autour d'elle et vit des matelots courir dans tous les sens. Elle arrêta celui qui lui avait fait boire et il lui répondit rapidement qu'ils étaient arrivés. Enfin ! Hourra ! Elle avait hâte de voir le palace. Déjà, elle voulait avoir un lit en hauteur. Sinon, elle ne pourrait pas dormir. Et pour son portable, il lui fallait une prise. Absolument ! Et puis, elle espérait qu'il y avait une ville à côté. Dylan pensait qu'elle allait en camp de vacance. Elle ferait pleins de photos qu'elle mettrait sur facebook. Elle en voulait encore à sa mère et surtout à son père mais même si le trajet fut étrange, l'idée qu'elle allait s'amuser et rentrer pépère après quelques temps, malgré les menottes, ne la quittait pas. Ça allait être marrant. Un long klaxon qui déchira les tympans. On commençait à débarquer les marchandises et Dylan se demandait quand allait-on la faire descendre. Ses tripes étaient encore emmêlés et elle ne savait si elle avait envie de vomir ou d'aller aux chiottes. Surement les deux. Il y avait des chiottes sur ce bateaux.

Le soleil l'avait brûlé les yeux et le vent, la peau. elle avalait ses cheveux qui se logeaient dans sa bouche et une odeur de transpiration se dégageait d'elle. Pitié, une douche ... Ils restèrent là quelques minutes. Ça parut des heures pour l'adolescente. Elle regardait la plage. Au loin, il y avait une forêt. Elle doutait qu'il y ait une ville a proximité. Merde ... Comment allait-elle renouveler sa teinture ? Ça, c'était la merde ... Il y avait une voiture plus loin. Et un type un peu louche. Le genre, gros crasseux qui, dans les films, vous donne la nausée. Lui paraissait plutôt sympa, de loin. Le capitaine descendit. Elle avait eut envie de discuter avec lui sur le bateau mais il avait été très impoli. Comme d'autres d'ailleurs. Elle s'était senti seule. On l'obligea à avancer en la tirant par le bras. Elle lutta dans le sens inverse une fraction de seconde avant de se laisser faire. Il suffisait de demander ! Inutile d'en faire autant ... Merde, on avançait vers le type louche. On allait la faire rentrer dans sa voiture. C'était qui ce gars ? Le directeur ? Elle le pensait très sérieusement. Certes, il ne payait pas de mine mais qui d'autre pourrait l'accueillir ? Il y eut une hésitation avant de la faire entrer dans le 4x4. Son cœur se mit à battre. Qu'est-ce qu'il se passait ? Il y avait un soucis ? Elle dévisagea les trois hommes qui l'accompagnaient. Elle se sentait particulièrement importante avec son escorte de types plus ou moins balèzes. Elle monta dans la voiture avec quelques difficultés. Sans ses mains, c'est sûr, c'était moins pratique.

L'intérieur sentait le renfermé. Il y avait un lecteur radio. Dylan se battit avec ses menotte pour l'allumer mais seul un grésillement strident en sortit. Elle l’éteignit. Elle regarda les hommes se parler. Elle voyait que l'autre la regardait. Ils devaient parler d'elle. "Oui, faite gaffe, elle est dangereuse" ou alors "Elle ne reste pas longtemps. Juste quelques jours, tout au plus." Elle se couperait un bras pour savoir ce quoi ils pouvaient bien discuter. Merde alors ... Pourquoi le vent sifflait comme ça ? Le véhicule ballota lorsque l'autre claqua la portière. Elle n'osait pas le regarder dans les yeux. Et pourtant, elle voulait le défier. Elle se demandait qui s'était. Mais bordel, ce type n'était sûrement pas directeur ! Il lui invita à prendre une bouffé de sa cigarette. Elle tenta de l'attraper. Ses mains s'entrechoquèrent dans un fracs métallique et elle abandonna. Elle se pencha en avant et tira une bouffé du mégot que tenait encore le type. De toute façon, au point où elle en était ... Elle se jeta sur son dossier et recracha une épaisse vapeur de nicotine. Elle allait l'aimer celui-là. Elle savait pas à qui elle avait à faire mais il avait vraiment l'air sympa ...

Dylan lui obéit quand il lui demanda de regarder le paysage. Et comme il avait raison, qu'elle ne voyait plus la plage, elle se retourna vers lui. Henry. Henry ... C'était vraiment un prénom à chier ! Le genre de prénom qu'on donne aux gosses de bourges. C'était un gosse de bourge ? Il n'en avait pas l'air. Peut-être qu'avant de se retrouver ici, il était riche ? Elle réfléchit deux seconde à sa proposition. Vraiment sympa. Dylan sentait que si elle parlait, elle bredouillerait des trucs complètement cons. Et elle avait carrément envie de dégueuler. Elle ouvrait la bouche et hop ! De la gerbe partout. Non, définitivement non. Sa bouche de tordait de réflexion et ses yeux regardaient le vide. Elle finit par accepter d'un simple "ok" avant de tendre les poignets vers son plausible sauveur. Oui, il conduisait mais merde ! Elle commençait à avoir mal. Ça frottait sur sa peau. Il pouvait le comprendre. Il avait l'air carrément cool. Elle ne dit qu'une chose :

J'ai envie de vomir ... On peut pas s'arrêter ?
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MessageSujet: Re: Shutter Island | Dylan A. Marshall   Mar 27 Déc - 2:20

Henry aimait bien la regarder se pencher pour aspirer docilement un peu de fumée. Bravo ma puce, sage décision, rien de mieux qu'une grande inspiration de nicotine pour calmer la gerbe. Les jeunes, vraiment. Il avait sous les yeux un spécimen assez rare d'adolescent moderne. Depuis quelques temps Anguish s'était spécialisé dans le néo dandy vengeur qui trimbalait une idéologie arriérée de criminel assoiffé de sang. Ce qu'il aurait donné, lui, pour juste savoir si facebook existait toujours, pour s'entendre raquer par un gosse normal ou presque...
Il freina, fit le tour de la voiture pour lui ouvrir la portière et la traîna jusqu'à un arbre. Gentleman, il l'aida à se pencher, écarta ses cheveux du visage parce qu'elle avait encore les mains liées et détourna le regard pendant qu'elle déglutissait trois jours de voyage en haute mer. La couleur était assez jolie, un mélange de jaune et d'orangée, le soleil levant au bord des lèvres. Les choses dégueulasses lui inspirait toujours de la poésie. Le poisseux attire le gracieux. Il faisait gaffe aussi qu'elle ne se vide pas l'estomac sur ses chaussures. C'était assez fréquent comme situation. Quand c'était pas le mal de mer, c'était l'angoisse et quand c'était l'angoisse, c'était lui. Il recala sa clope sur sa lèvre avec sa langue, épousseta la cendre qui était tombée sur l'épaule de la gamine et la laissa terminer son chant toute seule pendant qu'il revenait à la voiture.

Ces cheveux, c'était vraiment une couleur vaseuse. Pour le moment c'était joli, y avait pas. On voyait que ça. Il songea en ricanant que si là bas un surveillant avait à choisir une fille au hasard pour n'importe quelle expérience, elle serait repérée de suite. Il ouvrit le coffre, y abandonna sa veste et chercha une bouteille d'eau. S'il fallait vraiment en boire un demi litre pur chaque jour, Henry était un mort vivant. Il poussa la valise en surveillant la jolie rouquine du coin de l’œil. Ça devait bien rendre cette couleur dans la mousse. Oh, une bouteille. Malgré l'étiquette Evian, la teinte marron lui racontait autre chose. Il en prit une coulée : du gin, quelle surprise. L'alcool désinfecte à ce qu'on dit. Il referma, revint et lui tendit le nectar.

« -Avales pas, j'ai pas mieux pour te rincer. »

Une haleine en vaut une autre. Comme il réalisa qu'elle n'avait pas encore l'usage de ses mains et qu'il se sentait peu disposé à lui faire téter le biberon, il sorti les clefs de sa poche et après moultes jurons fit sauter les bracelets. Il recala son flingue à la ceinture et cracha une épaisse fumée blanche.
Une fois seulement il avait bondit sur la fille presque sur la plage mais celle là s'était débattue et il avait fallu vraiment la calmer. Dylan -ce prénom- devait avoir des restes de légumes défraîchis derrière les dents. Des fois le passage se passait bien, il discutait gentiment avec le gamin, déconnait voire l'invitait à prendre un verre à la cabane. La générosité de Chiron à la moitié du Styx. Il aimait bien savoir les reconnaître plus tard dans les cachots. Il aimait bien les laisser songer qu'il était leur ami. Oh ! Il pouvait l'être. Sous condition, évidemment. Comme il n'avait que ça à foutre, il grilla une autre cigarette.
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Dylan A. Marshall
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MessageSujet: Re: Shutter Island | Dylan A. Marshall   Mar 27 Déc - 2:57

C'était la première fois que Dylan vomissait les mains attachées. Quoi que ... Si on mettait cette soirée un peu trop arrosée et délirante de côté. Ça la lançait dans l'estomac et ça partait aussi naturellement qu'une cascade. Ça glissait dans sa gorge et amenait avec une odeur infecte. Il était vraiment gentil de lui tenir les cheveux. Tant qu'ils restaient propres, elle n'aurait pas besoin de les laver. Vu l'endroit, elle doutait bien que le confort soit quelque chose que peu de monde ait entendus. Ce bled était vraiment paumé. Bon Dieu, faite qu'elle puisse aller sur facebook et contacter ses amis. Elle leur avait promit qu'elle tenterait de déjouer les plans de ses bourreaux et de les tenir au courant. Mais elle avait comme un doute lorsqu'il s'était arrêté. Ce paysage ressemblait vraiment à un décor de film d'horreur. Ils étaient là, dans la voiture. Il s'éloignait et elle se fairait bouffer par un monstre. Concentre-toi sur ta gerbe, ma fille. Tu vas en mettre partout. Et fais gaffe aux Converses ... C'était pas demain la veille qu'elle aura l'occasion d'en racheter d'autres.

Henry s'était éloigné. Il était sympa mais elle avait senti qu'il l'observait et ça l'avait gêné. Un peu. Elle avait l'impression d'être un boulet. Il n'avait pas que ça à faire non plus. Sûrement que sa journée devait être chargé. Ça sert à quoi un garde-chasse ? Il dorlotait les cerfs de la région ? C'était bizarre. Dylan eut un moment de réflexion. Merde, elle pouvait se tirer. Là, maintenant. Il était à quelques mètres d'elle. Non ... Les mains attachées, ça allait le faire moyen. Et en plus, elle ne savait même pas où aller. Fallait absolument qu'elle lui demande de lui faire faire le tour de l'île. Garde-le en tête. Il revint quelques minutes plus tard, une bouteille que quelques chose dans la main. C'était pas très ragoutant. Lorsqu'elle grogna une dernière fois un filet d'acide gastrique, elle se releva et se massa les mains avec soulagement. Son estomac allait mieux. Ses mains aussi. Tout n'allait pas bien mais elle se sentit plus légère malgré le gout amère dans la bouche. Elle prit la bouteille et hésita avant d'aspirer une gorgée du liquide. La brulure lui fit recracher l'alcool dans un nuage éthylique. Merde ! Mais faut prévenir avant ! Elle s'étouffa dans sa propre salive et respira profondément avant d'en reprendre une gorgé. Elle recracha. En reprit encore. Avala. Elle eut une violente quinte de toux. Bordel, elle en aurait bien besoin ... Elle en reprit encore, se brûlant un peu plus la gorge et tendit l'Evian -elle connaissait pas la marque mais vu les montagnes sur le papier, ça aurait dut être de l'eau à la base- à Henry en soufflant un long merci enthousiaste.

Et maintenant ? Ils se regardèrent dans le blanc des yeux quelques secondes. Dylan ne savait pas quoi faire. C'était sa chance, non ? Elle l'avait amadoué, pensait-elle et vu comment il l'avait accueilli, il ne devait pas être vraiment dangereux. Alcoolique notoire, mais pas dangereux. Elle fit mine de retourner à la voiture et se retourna derechef dans l'autre sens. Là où il y avait beaucoup d'arbres ! Où la voiture ne passerait pas ! Elle avait une chance. Rejoindre le bateau, y monter et ne plus jamais revenir ! Elle ne savait pas si Henry courait vite mais comme dit le vieux dicton, qui ne tente rien n'a rien. De toute façon, à part quelques baffes et une bonne dose de calmants, on ne lui ferait pas grand chose ... Dylan avait vraiment l'impression d'avoir vécut le plus difficile au centre de rééducation.
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MessageSujet: Re: Shutter Island | Dylan A. Marshall   Mar 27 Déc - 3:59

Normal, c'était normal, rester cool. Elle avait dans les seize ans, elle avait une apparence soignée et un langage affirmé, elle était en pleine révolution. A cet âge là on saisi sa chance, on s'élance dans l'avenir, on embrasse les possibilités multiples, on diffuse sa beauté et on se roule dans le shit verdoyant. L'air pur, elle en avait besoin. Pas de problème, il connaissait bien la situation et...

Oh  ! Quelle petite pute !

Il fit trois pas derrière elle, dégaina et tira une fois. Raté en beauté. Il chargea une seconde fois et entama de lui courir après. Ses poumons étaient pleins de fumée mais il était habitué à courir derrière les jeunes fuyards qui avaient pourtant les jambes plus légères que lui. L'avantage c'était qu'avec cette chevelure il pouvait la suivre de très loin sans la perdre de vue. Henry poussa quand même un cri de rage pour évacuer une bouffée qui lui grattait la trachée. L'insolence incarnée. A chaque fois qu'il se montrait un peu coulant, ça arrivait. Elle galopait avec un entrain fou sa petite Dylan, ses pieds ne devaient même pas toucher le sol. Il y avait bien un moyen de la bloquer en voiture mais ça nécessitait un détour de plusieurs mètres qui ne garantissait rien si elle décrivait des zigzags n'importe comment. Il dévora la moitié de son parcours en cinq secondes. L'habitude. Garde chasse c'était physique. Garde-chasse à Anguish c'était surhumain. Le gibier était plus malin. Les chasseurs aussi. Cela dit, il ne pourrait pas maintenir le rythme sur une longue distance, déjà il sentait des vaisseaux éclater sous ses côtes.

Pourtant il y avait eu ce moment de contemplation magnifique où elle commençait à songer qu'elle pouvait se défiler et lui achevait de penser qu'il pourrait la renverser un de ces quatre. Pas qu'il aimât particulièrement les mèches lisses et les peaux de lait mais elle avait un corps de garçonne aux courbes inexistantes et, donc, fascinantes. Elle avait tout cassé, c'était déprimant. Avant de réaliser la fuite, il avait remarqué ses dents du bonheur. Ça c'était mignon. Décidément, la forêt regorgeait de nymphes au sourire Madonna.

Henry jura, jeta enfin la bouteille de gin qu'il tenait toujours fermement et stoppa brutalement sa progression. Caler, charger, appuyer, tirer, bang ! Encore un coup, t'iras pas loin mon amour, bang ! Il ignorait s'il l'avait blessée mais il vit très distinctement son corps s'affaisser. Ou plus exactement, il vit sa chevelure rouge tomber. Cette couleur, c'était une très bonne, une excellente idée. On ferait des économies de télécommande si on les teignait tous comme ça. Option brille dans le noir.

Pourquoi ne l'avait-il pas piquée déjà, cette télécommande ? C'était tellement plus pratique et varié au niveau des sensations. En quelques enjambées, il rejoint la fille et sans se soucier de si elle était blessée ou quoi, la chopa par le coltard et la plaqua contre le tronc le plus proche.

« -Ecoutes Dylan, ma puce, hein, on va s'entendre sur un truc toi et moi. Si tu refais ça, je t'éclates la cervelle, je te l'arrache du crâne et je cire mes bottes avec pour être sûr que tu as -oh putain- pour être sûr que tu as quelque chose dans le crâne. »

Il illustrait ses paroles en secouant son revolver sous son nez et souriait, satisfait de l'avoir rattrapée tout en crachant ses poumons.
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MessageSujet: Re: Shutter Island | Dylan A. Marshall   Mar 27 Déc - 4:49

Elle se m'y à courir. Non, à voler ! Elle était libre ! Ça y est ! Bon, maintenant, c'est pas où la plage ? Elle ne se souvenait même plus d'où ils étaient venues. Droite ? Gauche ? Derrière ? Non, derrière, il y avait Henry. Elle avait un peu honte de lui faire ça. Elle qui était si exigeante sur la loyauté de ses amis ... Mais elle se disait qu'elle ne reverrait pas de si tôt. Au revoir la forêt ! Au revoir, Henry ! Au revoir Anguish et au revoir les ... Merde ! Elle s'accroupit, ferma les yeux et serra ses oreilles. Il avait un flingue ! Merde, merde, merde ! Elle s'insulta d'avoir été si imprudente. Mais il fallait pas hésiter. Il avait sûrement fait exprès de la raté. Genre, un coup, en l'air, tu vois. Aller, on se relève, c'est pas grave. Elle avait perdu un peu de temps. Il allait la rattraper. Elle regarda derrière elle. Il était là. Elle tenta d’accélérer la cadence mais elle était au maximum. Il y avait pas un bouton "Nitro" quelque part ? Il ne pouvait pas l'avoir. Elle allait réussir. C'était une certitude.

Il retira un coup. Dylan n'avait pas l'habitude que ce genre d'engin soit braqué contre mais elle tenait plutôt bien sur ses jambes. Oui, il l'avait encore raté. Il y eu un moment où elle s'était dit qu'il valait mieux s'arrêter. Là, maintenant. Se rendre. Il allait lui passer un savon et la ramener à la voiture. C'était déjà mieux qu'une balle logé dans la poitrine. Mais non. Une question d'honneur. De fierté. Elle n'allait pas tout lâcher comme ça. Elle n'avait jamais rien lâché. Son cœur s'était calé aux coups du revolver. Elle avait sentit le son déchirer tout son corps, faire trembler ses boyaux et à un moment, elle avait eu peur qu'elle n'eut été touché. Un nouveau coup. Celui-là, il fut violent. Le tissu qui se déchire dans un chant strident, accompagné par celui de la peau qui se perfore. Ça ne faisait pas du bien. Dylan hurla. Ça brulait. Le douleur était tellement intense qu'elle avait mal partout. Aux bras, au buste, aux jambes, à la tête. Partout. Le choc l'avait empêché de continué. Elle s'était effondré pitoyablement sur un lit de feuille. Elle tenta de trainer son corps un peu plus. Mais la douleur lui faisait mal. Elle regarda son corps. Son jean se colorait d'une teinte rouge. Mon Dieu ... Elle saignait. Mon Dieu, mon Dieu ... Elle avait peur. Elle était tétanisé. C'était la première fois qu'elle ressentait cette sensation. Elle espérait que ça passerait vite.

Lorsqu'elle vit le garde-chasse arriver, elle détourna les yeux. Elle n'avait pas peur de lui. Elle avait peur de ses remontrance. La terreur, c'est après. C'est lorsqu'on menace. Et celles de Henry étaient terrifiantes. Elle évitait son regard. Elle avait le sentiment qu'il fallait qu'elle sauve son honneur. Elle se voyait l'insulter ou lui cracher à la figure. Comme dans les films. Comme faisaient les vrais héros. Ou comme certains criminels. Au lieu de ça, elle s'entendit lui jurer qu'elle ne recommencerait plus. Oui, oui, oui ! Juré ! Mais par pitié, qu'il arrête de jouer avec cette arme sous ses yeux ! Les choc de la douleur passé, elle sentit sa jambe cracher, se tordre, brûler, être transpercé par des milliers de couteaux. Qu'elle avait mal ... Avec la peur que représentait cette arme qui venait de lui perforer la cuisse, les premières larmes. Ses yeux embués floutait sa vue. Elle tenta de les retenir. C'était pas digne d'elle. Qu'est ce que ses amis diraient ? Oh non, retiens-toi, ma fille.

Son corps tomba. Il l'avait lâché. C'était quoi cette île ?! Où est-ce qu'on l'avait envoyé ? Depuis quand des mecs avaient autorisation de tirer sur des adolescents ? Non, ça devait être que le début. Juste le début. Ça irait mieux après. Elle tentait de se rassurer. Parce que sinon, elle perdrait pied. Elle n'avait même pas vue la structure du château. Une fois là-bas, ça irait sûrement mieux. Protégé. Protégé de ce taré. Henry. Il était vraiment sympa ... Mais là, elle avait peur. Elle commençait à se faire à l'idée qu'elle l'avait peut-être cherché. Aller, il n'avait rien demandé lui ... Retourner à la voiture. Faire comme si rien ne s'était passé. C'était le mieux. Elle voulut se relever sur les jambes, malgré la douleur mais un long hurlement l'en empêcha. Elle n'allait visiblement pas pouvoir aller bien loin. Elle hésita.

S'il te plait ... Je voulais juste, juste essayer. Tu dois comprendre. Le bateau ... S'il te plait. Tu peux m'aider. Qu'est-ce que t'as à perdre ? J'ai mal ... Je veux rentrer. Henry ...

Qui ne tente rien n'a rien. Il lui avait tiré dessus. C'était un fait. Il était alcoolique, c'en était un autre. Mais ça n'avait pas l'air d'un mauvais gars. Il pouvait l'aider. A remonter à bord. A se cacher. Juste ça. Elle tentait de l’adoucir, de s'attirer sa pitié. Il devait l'aider. Dylan n'abandonnait pas.
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MessageSujet: Re: Shutter Island | Dylan A. Marshall   Mar 27 Déc - 16:07

La température extérieure n'avait plus guère d'importance, Henry était totalement réchauffé. Elle lui parlait et lui pensait qu'il aurait dut manger un truc avant de partir. La course le ventre vide, c'était suicidaire, il n'avait plus rien à vomir. Oh, il n'en était pas encore là mais quand même, les sprints c'étaient pas sa tasse de thé. Dylan était assise par terre et l'expert pouvait constater que le dialogue avait fait son petit effet. Le dialogue et le plomb, ça aide toujours. Il se racla la gorge, respira profondément et tenta d'évaluer la distance qui les séparait du véhicule. Pas grand chose, trois cents mètres à tout casser, heureusement qu'il était réactif. Il rangea le flingue et plaqua une mèche de cheveux noire avec sa salive. C'était pas ici qu'il risquait de se faire piquer sa bagnole. Même si ça arrivait, c'était elle qui serait plus emmerdée que lui. Un peu de sang poissait sur son jean. Ça détachait mal, ça. Il fit craquer ses épaules un coup pour dérouiller le système et se pencha sur elle.

« -Fallait y penser avant, 'va être dur de reprendre le large en traînant la patte. »

Il toussa entre ses mains et examina brièvement la coupure en écartant les pans déchirés du jean. L'os n'était miraculeusement par fracturée, la chair avait tout prit. La balle s'y était logée sans traverser la jambe, elle dormait encore dans un cocon chaud de sang bouillonnant. Que ça faisait mal, il pouvait bien l'entendre. L'enlever, ça serait pire. Avec un peu de chance il avait ce qu'il fallait dans la voiture. L'administration ne voyait pas de problème à ce qu'il rapporte les gamins un peu écorchés (c'était pas de sa faute) mais l'infirmière était surbookée. Ça devait être marrant de gratter un peu dans la plaie pour récupérer le crachat métallique qu'il avait lui même plongé à l'intérieur.

« -On va essayer de l'enlever plus loin et si tu arrive à remarcher un jour, on verra pour ta fugue, mmh. »

Elle remarcherait, évidemment. Mais c'était drôle à dire. Henry la fit pivoter et enroula son bras sous sa poitrine pour la remettre debout. Il tenta de la soutenir de la façon la plus équilibrée possible mais elle ne pouvait décidément pas poser le pied par terre. Dire que pas plus tôt que deux minutes, elle volait presque. La voiture lui sembla alors incroyablement loin. Il chercha la meilleure façon de la bloquer sans lui toucher la cuisse et opta finalement pour une portée classique, un bras sous ses genoux, l'autre dans son dos, la tête rousse calée contre sa clavicule. Au bout de cent mètres, il en eut marre et la changea de position en lui déplaçant les jambes de chaque côté de son bassin. Si elle remuait un peu trop, il pouvait exercer une pression du pouce juste sur la blessure saignante. La voiture était toujours garée en travers du sentier, les portières ouvertes et la flaque de vomi n'avait pas rampé ailleurs non plus. Avec sa main droite, il ouvrit le coffre et l'assit sur le rebord. Sur la route il avait parlé un peu, expliquant vaguement que c'était juste son boulot de ramener les gosses là bas et qu'il fallait surtout pas lui en vouloir.

« -Si ça se trouve tu t'y plairas. Et puis si vraiment ça va pas...tu viens me trouver et on en parle. Enlèves ton jean. »

Il fouilla le coffre un moment, chercha une mallette de secours, n'importe quoi qu'il n'aurait pas mit lui même mais qui théoriquement devait se trouver là. Il trouva un tournevis qui lui appartenait. Si ça se trouve ça pouvait marcher. Il regarda la fille avec le tournevis dans la main et éclata de rire. Finalement il trouva mieux, les pansements qu'on lui avait refilé la dernière fois et -ô miracle-, une pince propre.
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Dylan A. Marshall
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MessageSujet: Re: Shutter Island | Dylan A. Marshall   Mar 27 Déc - 16:59

Mince. Ça n'avait pas marché. Et il avait raison, l'enfoiré. Avec du plomb dans la cuisse, ça allait être difficile de remonter à bords. Elle baissa la tête, faisant mine de faire la gueule et claqua sa langue contre son palais dans un son de méprit. Oh, elle ne le méprisait pas. Bien au contraire. Mais il n'empêche qu'elle marronnait un peu. Juste un peu. Elle aurait dût réfléchir. Elle s'en voulait à elle-même. Elle aurait peut-être dût lui demander avant de tenter de se faire la malle. C'était un coup à se pendre ça. Elle aurait préféré qu'il refuse tout simplement qu'il lui fasse comprendre qu'elle avait fait une erreur grossière. M'enfin ... Le contact de la main de Henry à sa blessure lui arracha une grimace de douleur et un sifflement silencieux. Bon Dieu que ça faisait mal ! Elle crispa les mains et arracha une motte de terre. Mais il devait savoir ce qu'il faisait. Il examina le trou avec sérieux et professionnalisme. Il devait avoir l'habitude. Vu avec quelle hésitation il avait tiré sur elle, c'est sûr, il n'en était pas à sa première course poursuite. Elle ignorait si ça devait être plutôt intéressant ou au contraire, devait commencer à avoir peur.

Henry parlait d'extraire la balle. Non non ! Elle préférait largement la laisser là où elle était cette balle. Elle n'osait pas le contredire. Il faisait de son mieux. Mais son regard parlait pour elle. Elle avait déjà mal à l'idée de savoir qu'il allait mettre ses doigts couverts de terre dans sa plaie. Elle soupira et se laissa trainer par le garde-chasse. Parfois il touchait la lésion et elle se remettait à siffler. Dylan eut l'impression, un millième de fraction de seconde qu'elle était une princesse. Et Henry son prince. Bon, en prince il ne payait pas de mine alors elle s'imagina être Fiona et lui Shrek. Sur le trajet, il changea sa position. Elle ne lui lâcha pas le cou. Elle le trouvait plutôt marrant à la porter comme ça. C'était un brave type. Enfin, c'était aussi elle qui avait la cuisse en bouilli sanguinolente mais elle aurait put avoir pire. Elle était seule avec ce mec. Il aurait put en profiter. L'achever à coups de pieds ou simplement la buter. Non, fallait pas penser comme ça. On reste tranquille. Sentant son poids la faire glisser, elle resserra ses bras autour de sa nuque et lui murmura un autre merci. C'était qu'elle était même capable de l'embrasser sur la joue ... Dylan, tu rêve. Concentre-toi, ta cuisse te brûle encore.

Il la posa et ouvrit le coffre. Elle haussa les épaules quand il lui dit qu'elle pourrait même s'y plaire à Anguish. Ce n'était pas une question de s'y plaire ou non. Elle n'avait rien à faire ici. C'est tout. Il était sympa mais qu'il n'essaie pas de comprendre. On ne pouvait pas comprendre quand on avait les neurones embuaient de gin. Mais pour sûr qu'elle lui rendrait visite. Dylan pensait que si tous les gens qui travaillaient à Anguish étaient comme ça, elle allai sûrement trouver l'endroit potable -ce qui n'empêcherait pas ses tentatives d'évasions- mais elle se doutait bien qu'on allait pas la dorloter comme un poupon. Ouais, on envoyait les pires cas, ici, si elle avait bien comprit. Elle était l'un des pires cas. L'idée lui fit sourire. Le pire cas n'allait pas faire long feu sur cette île, c'est elle qui vous le dit.

Henry lui demanda d'enlever son pantalon. Houlà ... Non, je ne crois pas non. Elle pensait qu'elle avait mal entendu. Bon, il fallait bien nettoyer la plaie, mais tout de même ... Non mais même. En fait, elle voulait la laisser là cette balle. Elle était très bien où elle était. L'angoisse qu'il ne touche sa cuisse, de sentir la brûlure la faire hurler commençait à l'agiter. Elle secouait la tête de droit à gauche, nerveusement dans ses "non" de supplications. Je préfère pas, disait-elle. Elle devint blanche comme un ligne lorsqu'il sortit un énorme tournevis bon à vous choper le tétanos. Elle le regarda longuement et fit mine de rire -toujours avec la même angoisse- lorsqu'il s'esclaffa. Ha ... Ha ... Heu ... Ha ? Il trouvait ça marrant ? Elle trouvait ça carrément flippant. Lorsqu'il reposa l'outil pour récupérer une pince, elle voulut reculer un peu plus. Il était vraiment sympa. Vraiment, j'te jure. Mais qu'il ne la touche pas avec ça. Non qu'elle était douillette mais je crois qu'elle préférait largement les mains délicate d'une véritable infirmière.

Non ... Vraiment, je préfère laisser comme c'est. Je demanderai à l'infirmière de soigner ça. 'Y a pas de soucis. Ne t'en fais pas.

Entre se retrouver en petite culotte dans les bois ou sentir sa peau arraché, elle ne savait plus vraiment de quoi avoir peur. Rougir ou pâlir ...
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MessageSujet: Re: Shutter Island | Dylan A. Marshall   Mar 27 Déc - 21:13

Si ça l'avait vraiment démangé de fourrer ses doigts crasseux là dedans, il aurait pu la plaquer sans problème et lui arracher lui même le jean. Henry haussa les épaules. Dylan était tellement communicative -et pourtant ils ne se connaissaient que depuis environ quinze minutes- qu'il ne pouvait s'empêcher de ressentir à son égard un élan malsain de sympathie. Plus exactement, il n'avait pas envie de lui ouvrir les yeux lui même et préférait lui laisser la chance de découvrir d'elle même son calvaire. Il coinça la pince entre ses dents et tira la jambe en sang vers lui pour encore jeter un œil à la lumière. C'était surréaliste. Depuis quand le tireur s'enquissait-il de la santé de son gibier ? Il eut un petit sourire profondément mesquin et décrivit un cercle autour de la plaie avec la pince qui tenait à bout de doigt.

« -La balle est rentrée oblique, dans quinze ou vingts minutes, la chair va sécher là et tu pourras même plus plier le genoux. Notes qu'à l'infirmerie tu vas attendre trois jours avant de voir quelqu'un. »

Il continua en se posant comme analyste patient, lui expliqua que la plaie allait se refermer et qu'à l'infirmerie il allait falloir la rouvrir. En la sectionnant comme ça, en fouillant bien pour aller chercher la balle que l'on ne pouvait pas laisser là parce qu'elle allait frotter l'os. Un petit court d'anatomie bien ragoutant qu'il avait souvent eut à donner, autant que le nombre de gamin qu'il avait blessé de la même façon. Tous refusaient les soins d'Henry ce qui était compréhensibles mais déraisonné. A Anguish, il faut avoir les jambes mobiles, c'était connu. De toute façon elle avait déjà vomit. Comme ça saignait très abondamment, il lui déchira un grand morceau de bandage pour qu'elle plaque contre la plaie. Il la soutint avec le bras jusqu'au siège avant et claqua la portière. Retour à la case départ.
La voiture redémarra dans un vrombissement félin. Bientôt on commencerait à entrevoir les abords de la forteresse. Le voyage était l'affaire d'une demi heure, tout au plus. Tout en dirigeant les pneus savamment sur un sentier de plus en plus accidenté mais qu'il connaissait comme son plancher, il jetait de temps à autres des petits regards gênés sur la plaie de Dylan. C'était pas pour lui faire peur qu'il avait dit tout ça. Ou juste un peu. La rotule allait grincer et les surveillants d'Anguish n'avait pas tous leur brevet de secourisme.

Henry réfléchissait sincèrement à comment il pouvait la dépanner. Il se sentait d'aider cette jeune fille, il avait envie de jouer avec. Il avait très envie qu'après quinze jours d'internement, elle revienne lui pleurer dans les bras. Ça faisait longtemps qu'on ne lui avait pas pleuré dessus. Ces cheveux, dieu tout puissant, cette couleur...
Tout d'un coup il freina. La cabane était à dix mètres, il sortit de la voiture sans dire pourquoi et rentra chez lui. Il ressortit dans la minute avec entre les doigts une petite boîte en carton blanc. Il revint s'asseoir dans la voiture.

« -Je te préviens, ici c'est spartiate. J'ai un truc qui va peut-être te soulager un peu. »

Il fit sauter quatre ou cinq cachets blancs de morphine dure en ajoutant qu'il réglait tout ses problèmes comme ça.
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MessageSujet: Re: Shutter Island | Dylan A. Marshall   Mar 27 Déc - 23:28

Sur la voiture, elle faillit perdre l'équilibre. Elle hésita avant de se tenir à l'épaule de Henry qui continuait à observer la plaie béante. Ça pissait le sang, c'était moche ... Dylan n'arrivait pas à croire que c'était sa cuise à elle. En fait, elle commençait un peu à perdre la notion de réalité. Elle avait l'impression de rêver. Elle se serait presque crut dans un film ou une série de mauvais gout. C'était pas croyable de se mettre dans des situations pareilles, hein ? Elle pencha la tête en avant en écoutant attentivement les commentaires particulièrement crispants du garde-chasse. S'il voulait lui faire peur, c'était réussi. Elle hésitait. Elle pourrait lui demander tout de suite ... Mais la douleur ... Non, elle ne savait pas trop quoi lui demander. Il continua. Mon Dieu ... Elle allait souffrir. A l'entendre, l'infirmerie était rarement ouverte. Deux choses : Soit il y avait tellement de blessés que la queue était longue, soit il y en avait tellement peu qu'il n'y avait presque aucune infirmière. Pour se rassurer, Dylan préféra songer à la seconde option.

Lorsqu'il entoura la blessure d'un grossier bandage, Dylan eut un violent mouvement de recule avant de compresser sa main, toujours sur l'épaule de Henry. Bordel, ça faisait mal ... Faite que ça passe, se répétait-elle dans sa tête ... Faite que ça passe vite ... Une larme perla le long de sa joue suivit un bruyant reniflement humide. Elle soupira, le nez encore bouché, pour évacuer l'angoisse et la douleur. C'était plus psychologique que physique mais on tient mieux comme ça. Elle renifla encore et laissa un merci flotter dans l'air. Elle s'appuya volontiers contre lui pour retourner à la voiture. Oui, un brave type ... Ils avaient perdus dix bonnes minutes mais Dylan en avait apprit pas mal, sur l'endroit comme sur l’animal qui s'occupait de son accueil. Un, elle n'avait pas débarqué sur un camp de vacance. Deux, l'infirmerie était rarement accessible et trois, que Henry n'hésitait à se servir de son arme, malgré toute sa bienveillance. Le moteur vibra sous ses pieds. Cette journée, pour sûr, sera instructive ...

Sur la route, de temps en temps, Dylan redressait son bandage, regardait autour. Elle essayait de mémoriser la moindre planque plausible, la moindre route inconnue. C'était toujours bon de connaitre le terrain. Il restait un peu de neige par-ci par là. Ça lui rappelait le bled. Son patelin à elle. Finalement, elle ne sera peut-être pas trop dépaysé. Elle voulait casser le silence. Parce que ce silence là, tout particulièrement, l'enquiquinait. Elle avait la fâcheuse impression d'aller à un enterrement. C'était, genre, solennelle. Elle allait descendre de la voiture et des types en costard allait l'accueillir comme dans une réception de gros bourges. C'était ennuyant. Tous les arbres se ressemblaient ici. Elle eut l'idée de leur donner un nom à chacun. Mais le temps qu'elle cherche un prénom adéquat pour l'un de ses végétaux, le voilà qu'elle le perdait de vue.

Ça fait combien de temps que t'es perdu dans le fion du Pacifique ? Ça doit pas être l'éclate, ici ... avait-elle lancé avec un naturel déroutant.

Elle n'attendait pas de réponse. Elle s'en foutait comme de sa première chaussette. Juste pour que tout ça paraisse moins officiel. Plus léger. Oui, c'est ça. Ce silence était lourd. Ça l'énervait. Le 4x4 s'arrêta. Elle ne comprenait pas. C'était cette bicoque en ruine Anguish ? Elle avait l'impression qu'on se foutait de sa gueule. Une caméra ! Faite qu'il y ait une caméra. Même la balle. Même la douleur aurait été une blague. elle le prendrait certainement mal mais beaucoup mieux que si elle devait passer une semaine, tout au plus sur cette île. Cette île de taré. Elle en était sûr. Quelque chose planait dans l'air. Quelque chose de malsain. Elle était sûr que cet endroit n'était pas net. Henry sortit. Elle lui demanda ce qu'il y avait mais il n'avait pas dut l'entendre. Il rentra dans la cabane et Dylan crut un instant qu'elle devait le suivre. N'étant pas sûr, elle ne fit qu'ouvrir la portière. Si elle devait sortir, il ressortirait sûrement pour l'informer.

Tiens, le revoilà. Il avait dans la main un flacon. Un flacon blanc. Puisqu'il n'avait pas l'air de lui demander de sortir, elle referma la portière et l'observa rentrer. Elle n'attendit pas qu'il lui montre sa trouvaille pour observer. Elle regarda. Ce n'était pas le flacon qui était blanc mais les pilules. Le regarda de plus près. Ça ressemblait à un truc qu'on lui donnait pour calmer ses soit-disant crises. Elle ne voulait surtout pas en prendre. Ça allait l'empoisonner. Elle détestait ces médicaments. On l'avait forcé à en prendre. Une grimace d'horreur se dessina sur son visage. Mais en même temps, il disait qu'il en prenait. Il était au courant que l'alcool avec ce genre de médocs, s'était pas recommandé ? S'il en prenait, c'est que ça devait faire son effet non ? Elle récupérera les pilules et en fourra trois dans sa poche. Pour plus tard. Visiblement, elle en aurait bien besoin. Avant d'en gober deux cul sec, elle demanda ce que s'était. Elle n'avait pas attendu sa réponse. Elle n'en avait rien à foutre. Si ça l'aidait, c'était bon. Comme on dit, ce qui ne tue pas rend plus fort. Ça expliquait des tas de choses. Déjà le fait que Henry l'avait rattrapé malgré le fait que ses poumons devaient être en piteux état, au même titre que son foie et qu'il se droguait. Belle combinaison. Dylan l'aimait de plus en plus, celui-là.

... J'suis vraiment obligé d'aller tout de suite au pensionnat ? On peut pas faire un petit tour avant ? Genre, pour visiter, quoi.

Au début elle avait été curieuse. Mais plus le temps passait et plus elle craignait de se retrouver là-bas. Elle préférait gagner du temps. Elle avait peur que les autres ne soient pas aussi indulgents que Henry. Peur d'avoir affaire à des adolescents pire qu'elle. Et surtout peur de faire partie d'Anguish. Elle avait l'impression que si elle ne connaissait pas la structure, elle avait encore un espoir d'être à l’extérieur de tout ça. D'avoir sa chance de partir. Parce qu'elle n'était pas tout à fait entré. L'espoir fait vivre, comme on dit.
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MessageSujet: Re: Shutter Island | Dylan A. Marshall   Jeu 29 Déc - 2:17

Dylan devait peser dans les cinquante-soixante kilos et les deux cachets qu'elle venait de gober comme des smarties allaient la faire sacrément planer. Pas deux en même temps, bon sang ! Pour pouvoir s'en enfiler plusieurs, il fallait être un cheval ou s'appeler Henry. La dose c'est un demi ! Il rangea la boîte et poursuivit la route vers le château en veillant sur les somnolences futures de la gamine. Dans sa tête il comptait les secondes qui la séparait du grand shoot. C'était de la morphine à peine recoupée de sulfate, déjà il sentait son petit corps de jeune fille nerveuse s'amollir. L'effet que ça faisait, il connaissait par cœur. Une fois un gamin lui avait planté une aiguille à tricoter dans la cuisse. Un collègue l'avait ramené chez lui et Henry s'était fait couler quatre cachets dans le gosier. Il avait vu des papillons pendant toute la nuit et fait des rêves où il nageait au dessus du sol comme un oiseau marin ou un poisson volant. C'était son petit plaisir, ça effaçait les bleus et ça rendait sa fonction plus douce parfois. Son estomac était devenu une cuve à cocktail à foireux. C'était une des grosses raisons de son retirement en forêt, cela évitait à d'éventuels collègues de l'entendre insulter les bouches d'incendies au réveil. Bientôt Dylan se sentirait à son tour plus souple. Il freina. Impossible de rendre le colis s'il était dans le coton. Blessée et défoncée, c'était pas une bonne idée.

Au moins elle devait avoir moins mal. Ses genoux fléchirent et il la vit s'enfoncer dans son siège. Il éclata de rire et appuya sur le bouton qui couchait le dossier du fauteuil. Oh, dans pas longtemps elle serait molle comme du vieux chewing gum. D'une voix mielleuse et faible, il fit semblant de se plaindre qu'elle allait le mettre dans la merde. Il l'allongea et sortit de la voiture pour passer un coup de fil. Le standardiste prit en note la situation: le bateau avait du retard, la livraison arriverait quand ça pourrait. Tout le monde s'en fichait éperdument, il y avait d'autres chats à fouetter mais il se sentait plus propre, plus libre. Il ouvrit la portière côté Dylan. Ça cheminait doucement, voilà bien la jeunesse de cette époque. Il se pencha sur elle en songeant qu'il pourrait en profiter tout de suite. Lui enlever son jean, la bousculer un peu, attendre qu'elle se reprenne et l'amener là bas. Son jean était tout poisseux de sang, c'était assez morbide. Henry esquissa un sourire content. Pauvre, pauvre petite puce. Peut-être qu'elle le voyait rose à pois verts. C'était de la morphine, pas du crack mais ...
Il se pencha sur elle.

« -Alors ? Elles font pas du bien les pilules magiques du père Henry ? »

Mais oui que ça faisait du bien. Inutile de mentir, il savait. Par jeu, il prit lui même un cachet dans la boîte à gant et le goba sans eau. C'était assez pour l'aider à patienter. Puis il entreprit de déboutonner son jean, de le faire glisser sur ses jambes et de découvrir la forme véritable de la plaie ainsi que la couleur chatoyante de la petite culotte de Dylan. Délicieusement pervers, le tableau. Il ôta le bandage, souleva la jambe et gratta un peu avec son doigt. C'était moins profond qu'il pensait mais l'infirmière ferait ça mieux que lui. Il reporta son attention sur la personne Dylan et essuya un peu de bave au coin de sa lèvre. Il déposa un petit baiser sur sa joue et balada une main sur sa cuisse des fois qu'elle se serait griffée ailleurs dira-t-on. En s'attardant sur sa figure béate, sur l'adorable commissure de ses lèvres, sur la tentation de ses deux jambes offertes -l'une charcutée, soit- ou l'excitante teinte de ses cheveux : Henry fut prit d'une envie de lui taper la tête contre la vitre. Elle l'emmerdait plutôt, cette grande imbécile, à l'obliger à stagner en plein bois. Étendu sur elle, il lui prit la tête entre les mains et la secoua un peu.

« -Tu commences à me les briser mon cœur, avec tes conneries, tu m'entend ? »

Certainement pas. Que faire, misère, que faire. Attendre. Il n'aimait pas l'idée d'abuser d'une blessée à demi morte alors il ne fit rien. Pas tant qu'elle planait. Ou alors il aurait fallu qu'il plane aussi. Qu'ils puissent se baver tous les deux dessus en ricannant bêtement. Le cachet descendit en lui et l'apaisa un peu. Une autre fois. Il voulait garder tout le contrôle de la situation, c'était son job. Quand elle redescendrait, ça serait bien plus drôle. La chute était assez violente, surtout les premières fois.
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MessageSujet: Re: Shutter Island | Dylan A. Marshall   Sam 31 Déc - 5:42

Ses paupières lui semblait lourde. Tellement lourdes ... Tout comme son corps, d'ailleurs. Chacun de ses muscles. Elle connaissait ses symptômes. Même très bien. Ça ressemblait à des sédatifs. Elle se sentait voleter au dessus de son siège, comme un papillon. Ou plutôt, une bulle. Oui, une bulle toute ronde, remplie d'air. Alourdi par l'air. La chatouille d'un filet de bave à ses lèvres la fit sursauter. Elle se releva d'un coup, avant de sombrer encore une fois, lentement. Elle avait un peu mal au cœur. Des aigreurs et la bouche pâteuse. Elle voulait bailler mais elle avait peur que ses poumons ne décident de s’échapper par les yeux. Elle déglutit et tourna mollement la tête vers Henry. Il venait de la droguer, ce con ! C'était quoi ? Des calmants ? Ah, pour ne plus sentir sa jambe, elle ne la sentait plus ... Mais elle avait l'impression qu'elle avait été shooté à son insu. On reste calme ... De toute façon, avec ce qu'elle venait d'engloutir, peu de chance de faire une crise d'angoisse. Elle voulut lui demander ce qu'il lui avait fait mais seul un grognement paresseux sorti de sa gorge. Elle ne s'en était pas rendu compte tout de suite. Ses oreilles avaient captées qu'elle n'avait rien dit de consistant mais son cerveau ramait un peu. Comme un vieil ordinateur. Elle voulait serrer la gorge mais de nouvelles nausées reprirent. Elle soupira lentement, se laissant bercer par les balancements du véhicule.

Tiens, la voiture penchait. Ou c'était elle qui penchait. Aucune idée. En tentant de secouer sa tête, elle se rendit compte que son siège s'abaissait. Allongé, elle aurait plus de mal à lutter. La bouche à semi ouverte, elle lança des râles plaintifs, censés faire comprendre au garde-chasse qu'elle ne voulait pas. Ne voulait pas quoi ? Aucune idée. En revanche, elle savait ce qu'elle voulait : Dormir. Sombrer dans les bras de Morphée. Éteindre de système et plonger dans de doux rêves de technologie high-tech où la forêt n'avait pas sa place. Mais malgré tout, elle continuait de lutter. Vainement, c'était certain mais tout de même. Elle réussi à entendre le claquement de la porte. Il l'avait laissé seule. Elle pouvait dormir, donc. Elle pouvait se laisser emporter par le sommeil. Délicieux. Lorsqu'elle décontracta une ultime fois ses muscles, elle sentit un comme un coup à son esprit. On essayait de l'assommer. Elle se débattu contre le vide avant de se laisser aller. Ou pas. Un semblant de sursaut convulsa son corps endolori par une composition chimique inconnue lorsqu'elle entendit la voix de Henry. Elle lui sembla à la fois caverneuse et hilarante. Une grimace qui se voulait être un sourire béat traversa ses lèvres dans un pathétique hochement de tête. Elle ne savait pas ce qu'il avait dit mais ça paraissait être une question. On acquiesce quand un adulte pose une question. Toujours. L'idée que ces petites pilules allaient lui permettre de tenir bon ici lui traversa son esprit abruti.

Tiens, on aurait des vers. Des petits vers qui glissaient le long de ses jambes. Il tenta de soulever la nuque mais se contenta de secouer la tête. Nouveau grognement. Elle respirait fort. On aurait dit qu'elle ronflait. Quelque chose lui traversa la cuisse. Ça traversait sans faire mal. C'était désagréables. Inconfortable. Ça donnait des frissons. Comme un piercing avec lequel on s'amuse à enlever et à remettre. La sensation, elle la connaissait. Elle avait l'impression qu'on l'avait anesthésiée. C'était un peu vrai au fond. Elle flottait. Toujours. Mais elle n'était plus la bulle à présent. Elle était dans une bulle. Bien qu'il était là, juste là, elle entendait Henry comme s'ils étaient séparés par une immense cloison. Elle l'entendait à peine. Et le sifflement qui lui vrillait les oreilles n'arrangeait rien. Sa voix paraissait si loin ... De petits lasers vinrent lui attaquer les jambes. Ça brulait un peu. On aurait dit des petits soldats qui lui piquaient la peau avec des cure-dent. Le froid, sûrement. Elle n'aurait pas sut dire. Et puis, comme un voile. Doux et sirupeux à la fois. C'était étrange. Elle avait l'impression que tous les nerfs de son corps allaient fondre en feu d'artifice irisé. C'était marrant aussi. Elle sourit. Ou quelque chose qui aurait put y ressembler.

Toujours ce sommeil ... C'était horrible de se sentir partir comme ça. C'était noir, parfois blanc et parfois jaune. Une fois, ça avait été bleu. Comme des filtres couleurs. Des filtres photos. Tout ça, c'était coloré. Et lorsqu'elle ne pouvait plus rouvrir ses yeux, elle se laissa aller. Parce qu'elle n'avait plus la force. C'était trop dur, bon sang ... Encore un peu ... Encore ... Un peu ... Un ... Peu ... Le trou noir.

...

Elle amena sa main à sa tempe. Bon Dieu ! La migraine ! C'était horrible. Elle avait dormi. En passant sa langue à ses lèvres, elle se rendit compte que sa bouche était sèche, sa salive pâteuse. Elle força sur ses paupières. Et sur ses abdos. On pousse ! Elle se retrouva désorienté sur un canapé éventré. Elle avait toujours sa main sur la tête. Et ses yeux ... Ses yeux lui faisait mal. Mal de l’intérieur. On lui enfonçait des couteaux gelés dans son cerveau. Elle lança un long râle douloureux. Dylan regarda, ou tenta, de regarder autour d'elle. Elle aurait aimé ne pas être arrivé à Anguish. Faite que ce n'était qu'un cauchemar. Un long cauchemar horrible. Alors ... Où était-elle ? Elle avait mal aux muscles. Comme tiraillés de fatigue. Sa gorge était serrée. Elle tenta de se lever mais un douleur déchirante la surprit. Un hurlement. Elle fit tomber des sortes de casseroles en s'essayant de tenir en équilibre. Le son du métal qui s'entrechoque se mêla à celui de ses premiers sanglots. Non, ça avait été réel. Et sa jambe ... Merde ! Sa jambe, ça faisait un mal de chien ! Elle toucha son jean, couvert de sang séché. On lui avait refait le bandage. ... ... Henry, si elle se souvenait. Bien sur qu'elle se souvenait ! C'était ce con qui l'avait drogué.

Elle se releva en s'appuya sur une étagère qui tenait à peine debout. Wouh ! Elle perdit l'équilibre ! Sa tête se mit à tourner, rapidement. Sa gorge émit un grognement gastrique. Oh bordel ... Encore ce mal de cœur ... Tout tanguait autour d'elle. Si elle ne s'était pas aperçut qu'elle était dans une espèce de maison ou de cabane, elle aurait presque put espéré qu'il l'aurait ramené au bateau. Ne croyons pas trop au miracle. Comme elle se sentait seule et que bien qu'elle tenait debout, elle ne pouvait pas se déplacer -entre douleur et vertiges- elle hurla le nom de celui qui l'avait ramené ici. Où il était ? Il l'avait laissé là, comme une merde ... ? Elle amena sa main à sa poche, récupéra les cachets et le regarda longuement, pensive. Dans un excès de rage, elle les jeta par terre, avec toute la violence dont elle était capable. Très peu pour ainsi dire, dans son état. A ce même moment, la porte s'ouvrit. la surprise la fit basculer en arrière et retomber sur la fauteuil. Si on pouvait appeler ça un fauteuil.
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MessageSujet: Re: Shutter Island | Dylan A. Marshall   Jeu 12 Jan - 0:23

Henry l'avait regardé dormir pendant un bon quart d'heure. Affalée comme une princesse dans le plus pitoyable des donjons et le plus laid des contes de fées, ses cheveux roux avaient exercés sur lui un genre d'hypnose. C'était une couleur vive comme il n'en avait plus vu depuis des années, Anguish était grise et terne. Oh, on ne s'y ennuyait pas c'était même la meilleure chose qu'il lui soit arrivée. Les enfants comme Dylan y étaient juste si rares, si beaux. Au bout d'un moment il avait craqué et l'avait rejoint. Son odeur était encore celle de l'extérieur, de l'autre monde. Henry se remémora quelques bons souvenirs très lointains en aspirant cette bouffée d'air pur, ce parfum de fringues neuves et de peau propre. Une adolescente, une vraie, qui déambulait en ville et traînait sur internet. Pendant quelques secondes, il avait voulu consacrer cet ultime et sûrement dernier moment d'intimité mais il se savait incapable de trouver la jouissance dans un corps mou. Alors il avait baladé ses mains sur elle, avait calé sa tête rousse sur ses genoux et écouté ses délires, l'avait déshabillée un peu. Elle grognait et découvrait les douceurs dont il se cramait les cellules. A un moment, il lui parla et il lui sembla l'entendre lui répondre. Ce qu'elle disait était incohérent mais elle entendait le son de sa voix, de très loin. Au bout d'un quart d'heure il avait réussi, à force de répéter, à lui faire dire un mot. Juste un mot qu'elle avait gémit sans même s'en rendre compte, par automatisme. Un mot qui résonnait de façon érotique et plaintive.

Henry n'avait pas le sens des convenances mais celui du règlement. Les filles passaient un test à leur arrivée, on vérifiait leur virginité. Si elle était attestée, on refaisait le test tous les mois. Quand on s'apercevait que la petite avait croqué le fruit défendu pendant son séjour -comment faire autrement?- on la sanctionnait. Parce que bien sûr aucun surveillant ne venait déclarer ses maîtresses alors on imaginait qu'elles avait couché avec un de leur codétenus ce qui était interdit. On leur arrachait un peu de peau par ci, les enfermait pendant des jours, les laissait entièrement à disposition du personnel, leur gravait le mot « pute » quelque part, la direction était très imaginative. Henry n'avait pas envie d'épargner à Dylan ce genre de réjouissances. Les cachets le rendait par ailleurs très amorphe voire impuissant aussi s'était-il contenté de la faire remuer par quelques attouchements habiles. Par curiosité ou en remerciement. Ezequiel aimait bien s'attarder avec les filles « neuves », comme un nostalgique, là où Henry leur préférait les amas de chair du fond de geôle. Dehors le vent mordait encore mais il y avait un joli petit soleil. Il se passa la tête sous l'eau. Il l'entendit hurler et ricanna.

Quand il la retrouva sur son fauteuil droite comme une déesse égyptienne, Henry ne retint pas son hilarité. Qu'elle était conne. Même secouée de sanglot, il la trouvait drôle.

« -Alors ma princesse, tu es réveillée ? T'as pris un joli shoot, on pouvait plus t'arrêter. »

Il s'enquit de sa migraine sans même la regarder et continua à se foutre d'elle en ramassant les bocaux qu'elle avait renversée. Le bordel, elle lui revaudrait ça. Les cachets étaient précieux, tous le monde n'avait pas d'accès libre à la pharmacie. Comme ses joues de petite fille ruisselaient, il lui dit qu'elle n'avait pas à s'en vouloir, c'était le stress, c'était normal. « Ça va bien se passer », fit-il claquer dans l'atmosphère sordide. Il lui rendit son jean. Le mot qu'elle lui avait soufflé, au trois quart inconsciente, chantait encore au creux de son cerveau. Il en rêverait sur le réveil, demain après midi -car la nuit il était de garde.

« -T'es pâle comme une morte, ils vont encore me sortir que c'est de ma faute. On dira que c'est l'angoisse. Je voudrai bien te garder moi, mais ils te réclament là bas. »

Il s'assied face au fauteuil qu'elle occupait, sur la table basse, et lui expliqua rapidement qu'elle avait dormi pendant trois heures et qu'il l'avait posé là pendant qu'il faisait patienter la prison. Oui petite Dylan, Henry est ton ami même si tu le déteste déjà. En fait elle pouvait bien raconter ce qu'elle voulait à ses geôliers, il aurait toujours raison sur elle. Il lui expliqua qu'elle n'allait pas pouvoir s'éterniser ici, il allait la larguer à l'infirmerie vite. Elle reviendrait si elle le voulait -et le pouvait. Papa sera là, il la gardera au chaud.
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